Métaphysique du sexe 1/2 de la polarisation de l'être à sa plénitude
En nous emmenant « au-delà » (méta) de la physique, du monde sensible et de son lot de déterminismes, la métaphysique se propose de sonder les questions fondamentales : quels sont les grands principes qui gouvernent le monde, l’êtreté de l’homme, l'origine des causes, etc... Véritable cauchemar pour les nihilistes matérialistes, élitisme pour les mainstream, elle constitue pourtant, pour d’autres penseurs, la voie juste, seule capable de fournir les outils adéquats pour comprendre, en profondeur et sur le long terme, les situations que nous traversons.
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En 1958, soit vingt-quatre ans après « Révolte contre le monde moderne », le penseur italien ultra-traditionnaliste Julius Evola faisait paraitre « Métaphysique du sexe ».


Un premier volet qui aborde l’aspect théorique de cette voie héroïque. Le second sera consacré à la pratique (décembre 2021).
Jean-Marc Vivenza présente ici le contenu de cet ouvrage - que d’aucuns qualifieront de sulfureux - le contexte de sa publication et le resitue dans l’évolution de la pensée d’Evola : atténuation des critiques à l’égard christianisme, distanciation de la politique et retour aux voies d’éveil.


L’union des polarités : une alchimie tantrique d’essence chevaleresque et héroïque.
Si certains considèrent le sexe comme fonctionnel (reproduction), objet de plaisir voire d’extase (néo-tantra), Julius Evola l’aborde dans une dimension autrement plus spirituelle : à travers l’observation des énergies en présence, lunaires pour la femme et solaires pour l’homme, observation puis intégration, Julius Evola voit dans cette complémentarité « une voie de libération des contingences pour accéder à ce suressentiel ».
Un véritable chemin de découverte intérieure, retour à l’état primordial, pour parvenir à la plénitude de l’homme. Et de l’unité….
Extrait de la vidéo
– Bonjour Jean-Marc. – Bonjour Bruno. – Après plusieurs années, depuis le livre auquel nous avions contribué tous les deux sur qu'est-ce que la métaphysique, ça fait plaisir de vous revoir aujourd'hui et d'aborder un nouveau sujet qui est Julius Evola et sa théorie de la métaphysique. J'ai l'honneur de vous présenter aujourd'hui Jean-Marc Brunon.
– Bonjour Bruno. – Bonjour Jean-Marc. – C'est un plaisir de vous revoir aujourd'hui et d'aborder un nouveau sujet qui est Julius Evola et sa métaphysique du sexe. – Il est vrai que la réunion à laquelle vous étiez à l'initiative de ces contributions sur qu'est-ce que la métaphysique, reprenant au fond une terminologie heideggerienne, basis métaphysique, a permis de poser des bases de compréhension et de clarification de ce qu'il en était de la pensée elle-même.
Qu'appelle-t-on pensée ? Basis d'Encken. Car pour pénétrer et introduire les questions fondamentales, les questions essentielles, en réalité, il faut passer par un premier temps d'éclaircissement sur ce qu'il en est de l'outil capable de nous permettre d'aborder ce dont il est question, et dont il est question dans à la fois la réalité factuelle et immédiate, mais également sur ce qu'il en est de l'au-delà de l'être et de l'au-delà de la contingence et du domaine dans lequel nous nous trouvons.
Or, l'exercice que vous nous avez proposé à l'époque, à quelques esprits éclairés et à moi-même, dont je vous remercie, a sans doute été un moment important dans la mise en contraste des différentes voies possibles pour aller vers ce sujet qui nous intéresse et nous passionne, et dont on va parler lors de cet entretien, de même que d'ouvrir des champs d'exploration et de perspective qui soient aptes à nous donner des outils pour la période dans laquelle nous nous trouvons.
Et c'est peut-être d'ailleurs le sujet le plus nécessaire, le plus important dans la situation actuelle qui est assez complexe à bien des égards et qui se complexifie au fond plus nous avançons dans le temps. Donc de ce point de vue, oui, nous retrouver aujourd'hui sur un sujet tel qu'il est abordé, la métaphysique du sexe, est une sorte de continuité quasi naturelle, si je puis dire, à ce que nous avions préalablement déjà échangé dans un entretien lors de l'enregistrement et également par la communication de ces textes de contribution que vous aviez sollicités.
Donc en effet, il n'est pas illogique d'aborder cette question qui tient à la temporalité et à l'existence après les prolégomènes qui ont été réalisés il y a maintenant près d'une dizaine d'années, je crois. Oui, donc ça c'était le contexte de cet entretien, si on peut dire, en partie en tout cas. Il y a un autre élément de contexte qui serait intéressant de regarder, c'est le contexte justement de l'écriture de la métaphysique du sexe par Julius Evola.
Dans quel contexte a-t-il entamé ce travail ? Alors le contexte pour Evola est précédé par plusieurs publications qui ont déjà nettement marqué et positionné l'œuvre Evolienne. Parce qu'en réalité, la métaphysique du sexe, que l'on ne peut pas d'ailleurs détacher, à mon sens, du yoga tantrique, écrit quelques années plus tard, en 1949-1958, sont des textes tardifs chez Evola, paradoxalement. Ils sont précédés par les textes qui ont déjà parfaitement défini, codifié et positionné la pensée de Julius Evola.
À mon avis, deux grands textes qui sont comme des colonnes fondatrices, Révolte contre le monde moderne, 1934, et la Doctrine de l'éveil, 1943. Ils sont écrits dans des contextes agités de périodes à la fois humaines, politiques, géopolitiques, où Evola tente d'apporter une réponse à la problématique que posent les temps modernes, qu'il regarde comme étant une aberration, une inversion sur ce qu'il appelle la normalité, entre guillemets, qui pour lui est la tradition, la tradition pérenne, la tradition authentique, véritable.
Les temps modernes en étant, au fond, la caricature inversée et presque grimaçante, au point que cela suscite chez lui des lignes très féroces, très sévères sur ces temps modernes. Révolte contre le monde moderne, au fond, est presque l'introduction à la métaphysique du sexe, d'une certaine manière. Pourquoi ? Parce que, dans Révolte contre le monde moderne, Julius Evola dénonce très fortement une polarisation inversée de ce qui représente pour lui la civilisation authentique, la civilisation véritable, la civilisation qui aurait dû perdurer,