Un Souffle qui venait de Dieu : l’histoire du Fils de Marie d’après Ibn ‘Arabî

Ibn ´Arabî n'a pas rédigé une histoire de Jésus. Les événements sur "le Fils de Marie" qui retiennent son attention sont dépourvus de tout contexte historique. En effet, il s’intéresse aux événements qui montrent que Jésus est une des manifestations de Dieu. Chaque prophète, d’après le Shaykh, est une apparition d’un attribut divin ou de l’un de ses aspects infinis. Jésus est pour Ibn ´Arabî la condensation du Souffle du Miséricordieux car l’ange Gabriel insuffla ce Souffle divin en Marie. 

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Ibn ´Arabî n'a pas rédigé une histoire de Jésus. Les événements sur "le Fils de Marie" qui retiennent son attention sont dépourvus de tout contexte historique. En effet, il s’intéresse aux événements qui montrent que Jésus est une des manifestations de Dieu. Chaque prophète, d’après le Shaykh, est une apparition d’un attribut divin ou de l’un de ses aspects infinis. Jésus est pour Ibn ´Arabî la condensation du Souffle du Miséricordieux car l’ange Gabriel insuffla ce Souffle divin en Marie.
Ceci a donné à Jésus un héritage gabriélien et un héritage marial. Par le fait d’être Esprit, Jésus est capable de guérir les malades, vivifier les oiseaux, avoir la science des lettres et la science de l’alchimie. Jésus, comme toute Parole de Dieu, vient de Lui et doit revenir à Lui. Il est donc l’histoire du Souffle de Dieu…

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Un exposé de 35 minutes filmé dans le cadre du 6ème colloque des Journées des Amis d’Henry et Stella Corbin

Extrait de la vidéo

Jésus et l'histoire du souffle À le titre de mon exposé, c'est un souffle qui venait de Dieu, l'histoire du fils et de Marie, et d'après Ibn Arabi. En fait, l'idée de mon exposé, il y a une idée principale, c'est que Jésus est l'histoire du souffle du miséricordieux, l'histoire du souffle de Dieu, et donc une hiérostoire. Même si le titre « Histoire du fils de Marie » de cette conférence, malgré ce titre, il faut prévenir qu'Ibn Arabi ne s'intéresse pas réellement à la vie terrestre et historique des prophètes.

De chaque prophète, il retient les éléments principaux pour en présenter la signification spirituelle et même cosmique. Le genre littéraire qui essaye de reconstruire la vie d'un prophète, à partir des données de l'histoire ou des récits racontés, n'est pas un genre agrarien. Même le livre des Foussus africains, qui est structuré à partir des noms des prophètes, consacrant un chapitre à chacun d'entre eux, verbe adamique, verbe christique, etc., n'a aucune intention de reconstruire l'histoire de chaque prophète.

Il est loin des récits des prophètes de la princesse Ambia, d'Ibn Kathir et d'autres. Les prophètes sont des dépôts de la sagesse divine et leur vie sont un reflet de ce qu'ils ont reçu. Chaque prophète est d'un côté un miroir de Dieu et d'un autre côté il participe à une fonction cosmique. Ibn Arabi s'intéresse aux aspects divins dont les prophètes sont la manifestation la plus parfaite.

Les autres aspects de leur vie ne sont pas pris en considération et même les événements sur Jésus qui retiennent l'attention du Cheikh sont dépourvus du contexte historique. Il nous dit souvent que Jésus vit ici les morts et qu'il a soufflé sur un oiseau d'argile. Mais il ne nous dit pas quand ni pourquoi. Il ne s'intéresse pas aux défunts en particulier qui ont été vivifiés.

Il ne se demande pas pourquoi Jésus a guéri un mort concret et non pas un autre. La personne concrète qui est guérie, ou bien l'oiseau, ou bien le camp, ou le pourquoi, n'intéresse pas à Ibn Arabi. Ibn Arabi ne s'attarde qu'à la signification de l'événement, c'est-à-dire à la manifestation du pouvoir divin créateur chez un prophète particulier. Les Mohadarat al-Abrar, cet ouvrage d'Ibn Arabi, est le seul ouvrage où nous trouvons un recueil avec une prétention historique et où les considérations esotériques semblent être abandonnées.

Nous y trouvons une histoire de la vie de Jésus que le Cheikh a dû recevoir de la tradition. Ce qui surprend, dans le texte que je vais lire tout de suite, c'est que dans cette histoire, sur l'ensemble de la vie de Jésus, apparaissent certaines données qu'on ne trouve pas ailleurs dans l'œuvre d'Ibn Arabi et que les miracles les plus significatifs de sa vie ne sont pas mentionnés. Ce qui fait un peu douter aussi de l'authenticité, en tout cas de certaines parties de cet ouvrage de Mohadarat al-Abrar.

Je lis ce texte. Jésus, le fils de Marie, est né 303 ans après l'internisation d'Alexandre le Grand. On a parlé aussi des 319 ans. Al-Hassan rappelle que Marie a porté dans son ventre Jésus pendant des heures et qu'elle l'a mis au monde le même jour.

On a dit aussi qu'elle l'a porté le temps habituel des autres enfants. Il est né à Bedlehem et Marie a fui avec lui en Egypte et ils sont restés là-bas pendant 12 ans. Ensuite, ils sont rentrés à Shamm. La révélation lui est arrivée alors qu'il avait 30 ans et le temps de sa prophétie a duré 3 ans.

On a dit qu'il a parlé 3 fois au berceau et qu'il n'a plus parlé jusqu'à l'âge habituel de la parole. C'est les enfants. D'après ce qu'il a été dit par Abu Huraira. Nous reprendrons son récit.

Il fut élevé vers le ciel de la maison sacrée la nuit du destin. Wahab a dit, Dieu l'a rappelé à lui à 3 heures du jour et il fut élevé. Sa mère a vécu encore 6 ans. Quand il fut élevé, Jérusalem était dominée par les Romains.

Quand la nouvelle de ce qu'ils avaient fait au Messie arriva au roi des Romains, il s'occupa de l'affaire. Il fit descendre le crucifié qui ressemblait à Jésus et le prit pour le vénérer. Il tua un grand nombre de juifs, les expulsa de la Palestine. Telles furent les origines du christianisme parmi les Romains.

Le nom de ce roi était Constantin. C'est lui qui bâtit la ville de Constantinople. Voilà donc un récit qu'on trouve dans les Mouhadarat Talabrat. Ce qui est surprenant, c'est que les événements principaux de la vie de Jésus, qui ont fondé toute la pensée d'Ibn Arabi sur Jésus, ne sont pas ici présents.

Il y en a d'autres. C'est un peu le seul texte qu'on trouve dans les ouvrages qui sont attribués à Ibn Arabi. Le seul texte qui essaie de répandre une vie de Jésus. Jésus le voyageur ou le pèlerin.

Ibn Arabi signale de chaque prophète un événement principal de leur vie qui détermine leur signification spirituelle et esotérique. Dans le cas de Jésus, cet événement est sans doute l'apparition de l'ange Gabriel à Marie. Il est tellement important que le chapitre des Fussarikam, sur le verbe christique, commence en parlant de l'union de l'eau de Marie avec celle imaginaire de Gabriel. Je cite, Cet événement fait de Jésus un être ayant un double héritage.

Un héritage marial et un héritage gabrielien. Il détermine sa vie de pèlerin, son être en permanent mouvement, ses miracles, ses qualités spirituelles et son caractère de synthèse entre des éléments humains féminins et des éléments angéliques actifs. Ibn Arabi interprète toute sa vie et toute sa signification à partir de cet événement originaire de sa gestation. L'élément essentiel dans la scène de l'apparition de l'ange est le souffle divin que Gabriel porte de la part de son Seigneur.

Ce souffle est le souffle du miséricordieux, le même souffle créateur qui sort de Dieu pour prononcer le nom des choses afin qu'elles existent.

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