Du désert spirituel en Occident au fanatisme religieux, du vide à la recherche de sens

Notre crise majeure n'est ni politique, ni économique, ni écologique, c'est avant tout une crise spirituelle où l'homme moderne est laissé seul face à lui-même. L'absence de verticalité l'a déshabillé de toute forme de sens et de sacré. Désemparé et désorienté, il chemine vers des lendemains des plus tragiques….

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L'extrémisme comble ce vide spirituel sans en être sa conséquence.

Il est urgent de réenchanter le monde et de redonner à l'homme un sens à ses actes, à sa vie. Pour ce faire, il nous faut repenser notre manière de vivre, de concevoir les autres non plus comme simples curiosités oscillant de la crainte à la joie mais en leur qualité d'être humain.
La condition humaine est relative, mais durant cet entretien, Bertrand Vergely et Pierre Coret s’efforceront de comprendre cette relativité et affirmeront que "le Sacré a encore toute sa place". Sommes-nous prêt à entendre la voix de la sagesse?

Extrait de la vidéo

Bonjour à tous et merci de nous retrouver pour cette nouvelle émission sur Salamandre TV avec les moyens techniques de Byglis TV. Aujourd'hui, nous recevons Pierre Corré et Bertrand Vergeli pour parler d'un sujet très actuel, du désert spirituel en Occident au fanatisme religieux, du vide à la recherche de sens. Bonjour Bertrand Vergeli, bonjour Pierre Corré, je vais vous laisser vous présenter aux auditeurs.

Pierre Corré, à vous l'honneur. Alors, je suis pédopsychiatre de formation, j'ai travaillé pendant une dizaine d'années avec des enfants et principalement avec des autistes, puis je me suis installé en libéral où ma fonction a surtout été une fonction de psychiatre, particulièrement versé dans tout ce qui est les approches naturelles, en particulier l'homéopathie et autres approches, en essayant d'éviter au maximum l'allopathie, même s'il est bien sûr des cas particuliers où il faut absolument y avoir recours.

En dehors de cela, j'ai une pratique et une formation de psychanalyste intégratif, à savoir qu'à partir d'une base psychanalytique jungienne, j'ai approfondi différents outils comme la gestaltérapie, la relaxation, l'art-thérapie, etc. Et c'est dans ce cadre-là que j'ai fondé il y a bientôt 30 ans une école qui s'appelle Savoir Psy avec mon épouse Elisabeth et cette école se perpétue maintenant mais nous avons donné les manettes à nos anciens élèves.

Parallèlement, je suis aussi président d'une association qui s'appelle IDPSI, Institut pour le Développement, l'Education et l'Enseignement en Psychologie, qui organise chaque mois, le premier mercredi de chaque mois, une conférence qui a lieu au Forum 104 à Paris, donc rue de Vaugérard. Et c'est vrai que dans le cadre de cette conférence, nous avons accueilli avec beaucoup de plaisir à plusieurs reprises notre ami Bertrand et c'est là que nous avons fait particulièrement connaissance, si je puis dire.

Et c'est vrai que c'est quelque chose qui est d'autant plus intéressant que cette année, nous avons choisi comme thème à traiter, une fois par mois donc, tout ce qui touche à naître, à son humanité. Et il nous a semblé qu'après les événements de l'an dernier, je pense bien sûr au Bataclan, à Charlie Hebdo, nous avons nous confronté à une perte d'humanité, on pourrait dire, et que beaucoup de personnes en grand vide affectif et spirituel sont justement plus capables de ce qu'on appelle l'humanité et c'est ce qui est traité donc chaque mois dans nos conférences.

Sinon, Bertrand, je vous laisse vous présenter. Bien bonjour, je suis philosophe, j'enseigne en Cagnes à Orléans, j'enseigne aussi dans un institut de théologie orthodoxe, l'institut Saint-Serge, je fais des conférences, j'écris des livres et je suis particulièrement intéressé à la diffusion de la philosophie afin de la mettre à la portée du plus grand nombre, en particulier des jeunes et puis dans une époque où la vie n'a pas de sens, je me suis intéressé au sens de la vie, je me suis intéressé à la façon dont le sens de la vie fait question face à la souffrance, au mal et à la mort et je me suis intéressé également à la façon dont le sens de la vie se révèle dans la foi, dans le bonheur et dans l'émerveillement.

J'aurais une question puisque vraiment l'émission n'a pas été préparée à cause des événements ou après les événements, elles étaient un mois à l'avance programmées et je peux dire que synchronicité ou hasard, ce n'est pas la question, mais que vous évoque déjà le titre Bertrand de l'émission « Du désert spirituel en Occident au fanatisme religieux, du vide à la recherche de sens ». Que vous évoque le titre face à cette atrocité qui vient nous arriver ?

Écoutez, je pense que par prudence, il importe de créer une dissymétrie entre les deux et je pense que le vide spirituel est une chose et ce à quoi nous assistons est autre chose. Je ne voudrais pas que dans cette émission on explique que nous sommes responsables du fait du vide qui existe en Occident, de la dérive d'un certain nombre de jeunes. Est-ce que je pense que c'est trop facile et c'est trop simple ?

Et ça reviendrait à dire que ces attentats sont de notre faute. Je pense que la relation est beaucoup plus subtile, beaucoup plus profonde et j'espère que nous aurons des occasions de voir ce que signifie le désert spirituel et ce que signifie ce à quoi nous avons assisté au Bataclan hier, qui est un phénomène très particulier concernant une minorité d'individus qui a une spécificité sur laquelle je pense qu'il sera absolument passionnant de revenir.

Pierre, que vous évoque le titre de l'émission ? Je ne serais pas aussi logique en quelque sorte dans mon approche que peut l'être Bertrand. A savoir, ce vide répond à tout un processus d'évolution de notre société et certes je suis totalement d'accord sur le fait qu'il ne s'agit pas de culpabiliser les uns ou les autres, mais d'assumer une responsabilité dans ce qui se passe, sachant que même s'il s'agit aussi de prendre notre part de responsabilité dans ce qui se passe, il s'agit de voir ça à différents niveaux.

A savoir, il n'est pas question de nier la nécessité d'une répression face à ce que je considérerais comme des actes de grand banditisme, puisque si on réfléchit à l'origine des terroristes, ce sont avant tout des grands bandits, plus qu'autre chose. Mais que si ça a pu se passer, c'est quand même dans un climat, dans une atmosphère mais dans un processus où il s'agit de considérer le corps social comme un organisme en lui-même et que ce corps social a pu générer un certain nombre de choses, y compris bien entendu ces actes en question, et que nous participons et nous avons aussi une responsabilité au sein de ce corps social et sans vouloir culpabiliser qui que ce soit, puisque ça me semble quelque chose de totalement vain, je pense que le vide en question provient aussi bien entendu d'un vide au niveau de l'éducation et donc à ce niveau-là, au niveau de la construction du psychisme et dans la construction du psychisme des jeunes

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