La Kabbale: un moteur pour l'actuel changement de paradigme ?
Dominique Dubois nous livre ici une réflexion intéressante sur sa vision de la Kabbale qu’elle perçoit comme une clef de compréhension pour le choc actuel de deux fréquences opposées: celle de l’ancien paradigme s'opposant avec le nouveau paradigme.. en cours d’avènement.
Après nous avoir résumé son cheminement spirituel plutôt éclectique, puisqu’il est passé d’abord par les Beaux-Arts, ensuite par sa profession de psychothérapeute, puis par sa pratique du yoga (selon l’école d’Aurobindo), ainsi que son intérêt pour la physique quantique, elle nous explique comment toutes ces disciplines l’ont amenées à étudier la Kabbale Hébraïque dans sa recherche ontologique.
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Elle fait le constat que la révolution quantique du siècle précédent, qui conçoit l’univers en tant que champs énergétiques interdépendants, s’accorde merveilleusement avec la théorie des émanations séphirothiques de la Kabbale qui correspondent à des plans partant du niveau spirituel le plus élevé (Kéther) jusqu’au plan le plus bas de la manifestation (Malkuth).
Dominique Dubois aborde ensuite le thème de l’androgynat dans la Création qui, selon la Kabbale, conçoit les Mondes ou les Univers comme autant de réceptacles féminins (à travers les 10 Séphiroth) reliés entre eux par des canaux masculins émissifs symbolisés par les 22 lettres hébraïques, le tout formant ainsi les 32 Voies de la Sagesse telles que montrées dans le schéma traditionnel de l’Arbre de Vie Kabbalistique.


Cependant elle oppose ce schéma traditionnel hiérarchique de type pyramidal de l’Arbre de Vie avec celui des roues ou des cercles en perpétuel mouvement qu’elle appelle joliment "fleurs de vie" et qu’elle a peint grâce à son talent d’artiste. Dominique Dubois nous explique qu’aujourd’hui la vieille structure hiérarchique pyramidale sociétale impliquant des niveaux supérieurs et inférieurs se heurte à la nouvelle vision circulaire plus fluide correspondant à un changement de paradigme et de perception de l’univers dus à la physique quantique et à sa récente découverte de "l’élasticité de la matière primordiale".
Une approche originale et novatrice de la Kabbale qui ne manquera pas d’intéresser tous nos téléspectateurs, témoins silencieux mais néanmoins soucieux de ce que Aurobindo nommait "la mutation de l’espèce"…
Extrait de la vidéo
Dominique Dubois, bonjour. Merci d'être avec nous aujourd'hui. Alors Dominique Dubois, vous êtes psychothérapeute et peintre, mais vous avez également une pratique intérieure très riche, notamment vous pratiquez le yoga. Pouvez-vous vous présenter, nous présenter votre parcours qui est très riche ?
Bonjour Florence et merci de cette interaction. Je suis née en 49 et demain c'est mon anniversaire. Donc c'est un joli moment pour moi pour terminer cette année qui vient de se produire et c'est un moment de passage. Alors j'ai d'abord été touchée par et par la nature, le sport et la peinture.
C'était d'abord mon mode de contact avec l'incarnation. Et rétrospectivement, je me rends compte que je cherchais déjà depuis le début à passer de l'autre côté d'une erreur. C'est-à-dire qu'il y avait quelque chose, c'est comme si je voyais sans voir, sans comprendre exactement ce que je voyais, mais il y avait une attraction très forte à transfigurer la matière et à découvrir de quoi elle était constituée.
Donc ça je me rends compte que c'est inscrit depuis le début, mais il a fallu beaucoup de temps pour comprendre qu'il s'agissait de cela et de pouvoir l'organiser. Donc il y a eu cette expérience avec la nature, d'observation de la nature, dans le tout petit, dans le règne végétal, le règne animal, surtout le monde des insectes, de voir dans le règne végétal tout ce mouvement d'enroulement et de déploiement, c'est quelque chose qui a ensemencé quelque chose en moi.
Vous parlez, pardon, de la nature, mais vous avez grandi dans un environnement naturel ? J'ai été élevée à Paris, mais on était beaucoup dans la forêt aussi, ou en Bretagne, donc où les forces sont importantes. Donc de regarder les tourbillons de l'eau dans les rochers, partout il y avait ce contact avec la nature et les forces de la nature derrière les règnes minéraux, végétaux et animaux. Ensuite, donc pendant une dizaine d'années, après le bac, j'ai été d'atelier en atelier en fait, je suis passée un petit peu aux beaux-arts et je me suis laissée touchée par la gravure, par la peinture, le dessin, en étant en contact avec les artistes.
Et ce qui s'est passé là, c'est tout le travail de mettre de la matière, enlever de la matière. C'était tout le temps à travers ces différentes techniques, toujours ce mouvement, toujours, je ne vais vous parler que de ça en fait, et il est inscrit depuis le début. Et puis au bout d'une dizaine d'années, il y avait quelque chose quand même qui tournait en rond et puis il y avait un mal-être intérieur profond qui m'a poussée à commencer une analyse.
Et très rapidement, je me suis rendue compte qu'il fallait que je fasse une formation de thérapeute. Donc, j'ai été formée. L'analyse principale que j'ai faite est une analyse avec l'école argentine post-euclidienne, qui abordait la question de la psyché, surtout sur la porte de l'incarnation, c'est-à-dire la conception, les premiers mois de la vie, donc avant qu'il y ait une communication verbale. Donc déjà, c'était une méthode qui s'adressait vraiment à cette sensibilité infraverbale dans la relation, parce que c'est toujours la même logique qu'on va retrouver.
Et puis, j'ai fait des formations également en gestalt-thérapie, aussi pour pouvoir travailler dans les interactions de groupe. Alors, est-ce qu'on pouvait peut-être rappeler ce qu'est la gestalt-thérapie ? La gestalt, c'est tout le mouvement de psychologie humaniste qui vient après l'analyse classique, c'est-à-dire que c'est le moment où tout ce courant psychanalytique va s'ouvrir et est augmenté par des recherches dans ces différents courants qu'ont été la psychologie humaniste, transpersonnelle, enfin toute cette vague.
Et ça correspondait à l'époque où moi, j'ai été formée. Et donc, les techniques psychocorporelles de régression en piscine, de respiration holotropique, des choses comme ça. Et toujours dans une interaction de groupe, ce qui m'a permis de ne pas rester uniquement dans cette démarche du huis clos du cabinet d'analyste où on est deux. Mais là, c'était...
Donc, il y avait tout ce travail sur les interactions de groupe. J'ai commencé à exercer en 84 et au bout de quelques années, je me suis rendue compte de deux choses qui m'ont poussée à un travail de recherche et de refonte de cette pensée analytique. Je me suis rendue compte que quelles que soient les conditions biographiques, les questions fondamentales étaient les mêmes chez toutes les personnes. Donc, j'ai eu l'intuition qu'il y avait quelque chose qui dépassait la causalité.
Et puis, par rapport à la causalité, une fois qu'on remontait les générations, ça me menait à Adam et Ève. Voilà. C'est-à-dire... Aux lointains ancêtres.
Voilà. Et à partir de là, je me suis dit, bon, quel est le mystère de ce passage du monde non manifesté au monde manifesté ? Et c'est à ce moment-là que j'ai fait tout un travail de recherche personnelle, autodidacte, dans différentes directions. C'est-à-dire que je me suis tournée vers l'astrologie.
J'ai été chercher de l'information dans les sciences contemporaines, la physique antique, l'astrophysique. De façon comme ça, juste, je ne suis pas du tout scientifique. Donc, c'était simplement une résonance comme une confirmation d'une perception intérieure. Et ça donnait comme une légitimité.
Et ça satisfaisait un certain hémisphère du cerveau par rapport à une démarche qui était plus sensible, intuitive. Hémisphère droit, donc. Hémisphère droit. Et du coup, il y a quelque chose qui se rejoint.
Vraiment, je crois que c'est important parce qu'on oppose beaucoup hémisphère droit et hémisphère gauche. Mais il y a ce fameux corps caleux qui sont des fibres, en fait, qui permettent le traitement très synthétique de la formation. Que vous situez où, le corps caleux ? Il se trouve exactement sur l'axe médian.
Il est dans le prolongement de la moelle épinière et donc il y a une mise en relation entre le crâne et le sacrum. Donc, ça donne un mode d'écoute qui est absolument au-delà d'une écoute psychologique et mentale et qui devient beaucoup plus sensible et physique et qui met en mouvement des mémoires sur des plans différents, comme ça interpénétrés. Et il a fallu du temps pour organiser tout ça. Donc, je me suis tournée vers toutes ces recherches et tout le temps de ma pratique, qui a duré 30 ans, j'ai arrêté le travail en individuel.
De votre pratique de psychothérapeute ? De psychothérapeute. Je me suis rendue compte que la seule question qui m'intéressait vraiment, c'était la question du noyau psychotique. C'est-à-dire ?
Alors, ce que la psy classique a appelé le noyau psychotique, c'est cette espèce de défraction dans un ordre où il y a une adaptation au monde, comme une brèche dans le système d'adaptation qui fait qu'il pouvait y avoir un désordre psychique, alors assez loin, des bouffées délirantes, des tas de symptômes comme ça, qui mettait la personne en difficulté d'adaptation et que le noyau a été considéré comme individuel et a été nommé psychotique.
Parmi les psychanalystes de cette école post-clinienne, il y a un psychanalyste qui a renommé le noyau, il l'appelait le noyau agglutiné. Et ça a été une clé pour moi, dans mes recherches, parce que, du coup, ça parlait de compactage, en fait, de l'information.