Les arcanes sublimes de Gerhard Dorn
Gerhard Dorn, célèbre alchimiste du XVIème siècle, récemment remis au "goût du jour" par Carl-Gustav Jung, naquit en Belgique en 1530, soit onze années avant le décès de son illustre prédécesseur, Paracelse. Son œuvre, importante, se divise en deux parties, avec d’un côté les traductions de son pair en latin, et d’un autre ses propres ouvrages : commentaires sur la Genèse et dictionnaire paracelsien. L’alchimie, comme nombre de connaissance très ancienne peut dérouter. Si l’homme de la rue associe un peu naïvement cette science à la transformation du plomb en or, cet exposé va vous dévoiler un aspect beaucoup plus simple, beaucoup plus rudimentaire de cet art, qui s’avère, en fait, être accessible à tous…
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Le Corps comme Athanor.
Beaucoup d’aphorismes considèrent "la notion du temps qui passe" comme fatale, irrémédiable : "chaque seconde blesse, la dernière tue" etc... Ici, nous allons cheminer à rebrousse-poil de ces considérations mortifères et à l’instar du Tao, envisager l’immortalité de l’Homme, "son Corps de Gloire". Cet entretien vous invite à considérer que, dorénavant, chaque seconde qui passe ne vous approche pas d’une béance angoissante, mais bien d’une Sagesse immémorielle, d’une sorte de Grâce. Pour y parvenir, il faut découvrir cette articulation (contraire donc complémentaire à l’ossification, cf le sacrum abordé ici) qui unit non seulement sur un plan symbolique, mais aussi physique, le Corps, l’Âme à l’Esprit….
L’Alchimie : une science de l’union de la Terre et du Ciel.
Souhaitez-vous découvrir, avec l’aide de Caroline Thuysbaert et de Stéphane Feye les arcanes sublimes de cette philosophie méditative ? Une médecine de l’âme, certes, mais bel et bien incarnée !
Un échange vivifiant et passionnant, animé par Guillaume Attewell.
Extrait de la vidéo
Les arcanes sublimes de Gérard Dorne, nous allons traiter de ce grand monsieur, un très grand monsieur. Et j'ai le plaisir d'accueillir aujourd'hui avec nous, donc pour parler de ce sujet, Stéphane Faith. Bonjour Stéphane. Bonjour.
Et donc Caroline Teusbart. Bonjour Caroline. Bonjour Guillaume. Et on va essayer un petit peu tous ensemble de voyager au travers de son oeuvre.
Alors évidemment, il y a beaucoup à dire, il y a eu beaucoup d'écrits. On va essayer déjà aujourd'hui de peindre un tableau global qui va nous permettre de pouvoir bien se représenter l'auteur. Mais avant de plonger dans le vif du sujet, alors j'ai envie de vous demander à chacun de vous présenter un petit peu, en commençant par Caroline. Eh bien volontiers.
Donc peut-être pour me présenter d'abord, je vais dire que je n'ai pas la formation a priori pour parler de Gérard Dorne, puisque ma formation est celle de juriste. J'ai étudié le droit. J'ai fait des humanités classiques latin-grec. Et depuis ma plus tendre enfance, je me passionne pour la poésie et la philosophie.
Et c'est en réalité à la création de Scolanova que je me suis replongée dans la tradition. Je précise que Scolanova et la tradition hermétique et les publications sont deux choses séparées, sinon qu'elles ont toutes les deux la volonté de transmettre un patrimoine, dans un cas latin-grec, dans l'autre l'hermétisme. Et donc ma rencontre avec Stéphane Faith et avec tout un groupe de chercheurs a été déterminante pour ma passion pour l'alchimie, l'hermétisme et l'ésotérisme.
Stéphane, qu'est-ce que vous pouvez nous dire un petit peu sur vous pour vous présenter ? Eh bien écoutez, moi professionnellement, à part le fait que l'alchimie s'appelle l'art de musique, ma vie profane, ma carrière profane si je puis dire, j'ai été professeur au conservatoire, chef d'orchestre, compositeur, professeur d'écriture musicale et professeur de piano. C'était disons mon gagne-pain. Mais parallèlement à cela, j'ai été à l'âge de 21 ans, terriblement impressionné par la découverte de Louis Cattiaux, grâce au célèbre, à celui qui devient célèbre maintenant, le philosophe belge Emmanuel de Vorst et son frère Charles, qui m'ont fait connaître cet ouvrage remarquable réfacé par Lanza del Vasto, qui à l'époque était très connu.
Et pendant des années, j'ai été le disciple d'Emmanuel de Vorst, notamment en hébreu. Emmanuel de Vorst est l'auteur d'un livre extraordinaire qui s'appelle Le Fil de Pénélope, dans lequel je n'hésite pas à dire qu'on trouve des commentaires, notamment des Lames du Tarot, que l'on ne trouve absolument nulle part ailleurs. Et donc cette passion pour les traditions d'absolument toutes les nations, toutes les écritures sacrées, tout l'enseignement, on pourrait dire ésotérique, bien que ce nom actuellement revêt tellement de réalité, éloigné de ce que cela signifiait en réalité.
L'ésotérisme a été véritablement une passion. Et donc l'alchimie, Catio lui-même ayant été alchimiste et ayant lui-même surveillé son Atanor avec son épouse Henriette, je me suis évidemment intéressé à l'alchimie, et cela nous a amené aux traductions de Paracel de Guerardone et d'autres traducteurs, d'autres auteurs comme Michael Maillère, etc. Voilà un peu ce qu'a été ma vie. Alors c'est vrai qu'on a un auteur qui est vraiment un grand monsieur du monde de l'ésotérisme et de l'alchimie.
Alors c'est vrai que, pourquoi s'intéresser à l'alchimie déjà d'une part, Stéphane ? L'alchimie est une science très ambiguë. Déjà, le véritable mot devrait s'écrire avec un Y, qui est une lettre qui a un double sens. Une seule lettre, mais un double sens.
Il y a une voie large qui est à gauche, par laquelle la foule se perd, et une voie étroite qui est à droite, par laquelle l'élu se sauve. Donc l'alchimie, que l'on considère à tort comme l'ancêtre de la chimie moderne, est une science absolument difficile à définir et tous ceux qui la voient de l'extérieur s'y perdent. S'y perdent de manière extraordinaire. Il est certain que, sans nullement mépriser tous les ouvrages remarquables de savants modernes, de lettrés, même de scientifiques qui s'intéressent à l'histoire des sciences et de l'alchimie, il faut savoir que celui qui voit ça de l'extérieur arrive aux conclusions inverses de celui qu'il voit de l'intérieur.
Celui qu'il voit de l'intérieur, il voit une unité. L'alchimie peut réellement se confondre avec l'hermétisme, et même la cabale, tandis que l'historien qu'il voit de l'extérieur va la découper en quatre en y voyant la science des orfèvres, la science des teintures, un petit mélange de néoplatonisme et un peu de psychologie, et pour finir on se perd dans un labyrinthe extraordinaire. La définir réellement, c'est en général la science de l'union du ciel et de la terre.
Alors c'est vrai que des alchimies il y en a beaucoup, quand même. Beaucoup de textes à lire, beaucoup de choses à découvrir. Alors pourquoi avoir choisi, entre guillemets, Gérard Dorn pour faire ce travail de transcription ? Peut-être que Caroline peut nous aiguiller un petit peu sur cette question ?
Alors oui, ma réponse sera peut-être un peu étonnante parce que la découverte de Gérard Dorn s'est faite par hasard, mais étant donné que le hasard, comme on sait, n'existe pas pour les croyants, on pourrait plutôt dire que la découverte a été providentielle. C'est-à-dire que je cherchais un traité à traduire, suite d'ailleurs au conseil d'Emmanuel Devors, que j'ai connu trois ans, et je regardais dans le Théâtre Omkémikoum, qui est un ouvrage, un recueil de traités d'alchimie très connus, dont beaucoup de traités en latin n'ont pas encore été traduits, et j'ai été attirée par le titre.
Je ne connaissais absolument pas l'auteur, et le titre, c'était « La lumière physique », c'était un commentaire alchimique de la Genèse. Or, étant donné que j'étudie l'hébreu également, j'ai été fort intéressée de voir qu'un auteur mettait en rapport la Genèse, donc la Kabbale juive, avec des explications alchimiques. Et donc c'est ainsi que je me suis penchée sur Gérard Dorn pour découvrir qu'il était un disciple indirect de Paracels, et puis ça nous a ouvert tout un monde.
Celui de Gérard Dorn, qui est vraiment un philosophe et un auteur passionnant. Alors justement, on va avancer un petit peu, et on va commencer à rentrer vraiment dans le vif du sujet, pour ainsi dire. Et donc là, je vais ouvrir la question de la manière la plus large possible, mais en même temps, ça va nous permettre de commencer à voir un petit peu quel personnage. Donc, Caroline, qui était Gérard Dorn ?
Alors, Gérard Dorn est un Belge, soyons fiers de l'être. Il était malinois. On sait très très peu de sa vie. Il y a un Français spécialiste universitaire de l'alchimie, qui est Didier Kahn, qui a beaucoup investigué sur sa vie.
Pour vous situer un petit peu, Gérard Dorn avait 14 ans quand Paracels est décédé, il ne l'a donc pas connu. Il a connu les œuvres de Paracels par un disciple qui était Adam von Bodenstein. Paracels a fait fureur