Les religions ont-elles une conscience écologique… ?

La modernité techno-industrielle, si prédatrice et indifférente à l’égard du milieu naturel, se retrouve aujourd’hui au banc des accusés, au même titre que la plupart des religions qui auraient longtemps cautionné ses pratiques dévastatrices en conférant à l’homme un rôle dominateur. Aujourd’hui, face à l’ampleur de la crise, un mouvement se fait jour qui révèle un renouvellement profond de la “théologie de la nature”, notamment dans les religions monothéistes. Un événement qu’un Martin Heidegger avait annoncé en affirmant qu’à l’âge de la technoscience, “seul un Dieu peut nous sauver”. 

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En prêtant voix à différentes traditions, Michel-Maxime Egger et Bernard Chevilliat tenteront de définir quel est le degré de conscience écologique des religions et quel pourrait être leur rôle dans la mise en œuvre d’une nouvelle éthique de la terre….
Une émission réalisée en partenariat avec la revue "Ultreïa !", et animée par Sébastien Morgan.

Extrait de la vidéo

Bonjour à tous et bienvenue sur Salamandre TV en partenariat aujourd'hui avec le magazine ULTREA et Baglis TV dont nous remercions les équipes techniques. Aujourd'hui nos intervenants sont deux, il s'agit de Bernard Chevillat, bonjour Bernard, bonjour, et de Michel-Maxime Aiguerre, bonjour Michel-Maxime, bonjour, alors Bernard Chevillat vous êtes biologiste de formation, amoureux de la nature depuis toujours, vous êtes le fondateur de l'entreprise Melvita et en même temps vous avez un intérêt pour tout ce qui est tradition dans le sens le plus large du terme, tradition religieuse, tradition philosophique et aussi dans ce rapport de cette tradition avec l'écologie bien sûr.

Vous avez fondé tout récemment la revue ULTREA que je vous montre ici à l'écran, voilà, qui est une revue je dois dire vraiment très très belle, donc ici c'est plus de 200 pages, c'est presque un livre en fait finalement, avec une mise en page remarquable, avec des dessins, avec des photos, qui traite de sujets très variés, alors Bernard dites nous, comment vous êtes venu cette idée de fonder cette revue ULTREA ?

Alors d'abord, première chose, je suis passionné de l'écologie et de la nature de très très longue date comme vous l'avez dit, j'ai eu cette formation première de biologiste qui m'a entraîné aussi sur les chemins de l'apiculture puisque j'étais apiculteur professionnel pendant 10 ans avant de créer effectivement dans la foulée une marque dont je ne suis plus aujourd'hui le détenteur puisque je l'ai quitté même si je préside toujours la fondation de cette société, par contre clairement de très longue date également je suis un lecteur et un passionné de tout ce qui est ethnologie, écologie, philosophie, métaphysique, spiritualité en général et je m'intéresse à tout ce qui donne du sens à notre parcours à tous, donc clairement je me suis retourné vers ULTREA à un moment donné pour faire partager et mon goût pour ces recherches et également pour la photo, pour la qualité graphique, donc comme vous l'avez souligné effectivement c'est un MOOC, ce qu'on appelle un MOOC, c'est à dire un magazine livre dans lequel on fait intervenir plusieurs participants, on essaye de leur donner toute la place et de donner de la place à l'image et de faire un magazine parce qu'on est en quelque sorte aussi des platoniciens, pour nous le beau est la semblance du vrai, donc il faut quand même que le document ait un niveau esthétique de qualité pour porter des textes qui sont souvent intéressants, avec des croquis de voyage et des photos, là c'est sur l'alibi ce que vous montrez, nous avons donc à peu près 228 pages à chaque fois et cette revue a pour vocation de s'intéresser à tout ce qui est spiritualité, métaphysique, philosophie et j'ai dit tout à l'heure aussi écologie et ethnologie, c'est à dire qu'il y a des rubriques pour chaque partie, chaque branche de ce qui fait notre intérêt, le sous titre d'Ultraia, je dois quand même expliquer un peu le sens, Ultraia ça vient du latin Outre et Eia, allons plus loin, c'est un mot qui est utilisé depuis le moyen âge sur les chemins de Saint Jacques de Compostelle pour dire plus loin et on rajoute souvent Sous et Eia, c'est à dire plus haut, donc nous cherchons à emmener ceux qui sont intéressés par ce que nous faisons plus loin et plus haut sur les chemins de la sagesse parce que nous sommes très universalistes, ouverts en quelque sorte à tous les savoirs et à toutes les spiritualités, nous n'avons pas vocation à prescrire l'une ou l'autre, ce qui nous intéresse c'est ce qui fait le coeur de toutes ces traditions et qui en fait l'essentiel.

Je vous remercie, alors Michel-Maxime Heger, vous êtes sociologue de formation et vous avez travaillé longtemps pour les ONG, pour le développement durable, dans le cadre du développement durable, vous êtes journaliste, écrivain, vous avez fondé le réseau Trilogie qui est un réseau dont le but est de mettre en dialogue diverses traditions spirituelles, vous donnez beaucoup de conférences et vous dirigez, vous êtes aussi actif dans le monde de l'édition puisque vous dirigez les éditions Celles de la Terre qui est une collection aux éditions du CERF de spiritualité orthodoxe.

Vous êtes aussi auteur de plusieurs livres dont La Terre comme soi-même, jalons pour une éco-spiritualité qui est paru aux éditions Labore et Fides en 2012. Vous avez aussi contribué au dernier numéro d'Ultréa dont le thème est justement les religions ont-elles une conscience écologique. Alors Michel-Maxime Heger, dites-nous un peu comment vous en êtes venu à collaborer avec cette revue et puis d'une manière plus générale, d'où vient ce goût pour le dialogue entre les traditions.

Alors c'est une longue histoire, c'est vrai que je dirais qu'il y a un petit peu, vous l'avez d'ailleurs évoqué dans votre présentation, il y a un petit peu de, j'ai envie de dire de face, deux aspects dans mon parcours et dans ce que j'essaie de dire. D'un côté il y a tout un pan qui est de l'ordre de l'engagement citoyen au sens large qui m'a conduit à des études de sociologie, qui m'a conduit effectivement pendant une dizaine d'années à faire du journalisme puis à un moment donné, un peu fatigué de n'être qu'un commentateur et informateur, de passer de l'autre côté pour être plus en action, ce qui était en fait de m'engager dans les ONG, dans les ONG justement aux relations Nord-Sud, au développement rural, où je travaille d'ailleurs toujours actuellement dans une ONG des ONG en Suisse qui est à Lyon-Sud.

Et puis il y a depuis plus de 30 ans un chemin spirituel que j'ai parcouru, qui est à partir d'une racine chrétienne, bon catholique, après il y a eu à l'adolescence, si vous voulez, la crise qui fait qu'on en voit tout promener, et puis après l'Inde, un long parcours par le bouddhisme zen qui m'a amené à redécouvrir mes racines chrétiennes et puis donc à poursuivre ce chemin spirituel plutôt dans la tradition du christianisme oriental de l'orthodoxie.

Et ce qui me préoccupe, ce qui m'occupe, ce qui m'anime, c'est comment on arrive à articuler au fond ces deux aspects, à la fois la transformation du monde et la transformation de soi, avec la dimension spirituelle d'un côté et la dimension politique plus citoyenne de l'autre. Et c'est vrai qu'à un moment donné, bon j'aime la nature, je suis très préoccupé par les questions écologiques, il y a eu différentes rencontres, notamment c'était en 2004 un grand rendez-vous à Carmeling qui avait réuni un petit peu à la fois des personnes qui venaient du monde de l'écologie et d'autres des grandes traditions spirituelles, je pense que ça a été un moment clé pour moi où à la fois il y avait cette préoccupation pour l'écologie et ce qui arrivait à la planète et en même temps l'écologie devenait un lieu extraordinaire laboratoire pour en fait allier cette transformation de soi et cette transformation du monde.

Et c'est ce à quoi je travaille. Alors à un niveau personnel, pour moi c'est une évidence, mais je me rends compte qu'au niveau social, au niveau politique, même au niveau de toutes ces personnes qui sont dans des quêtes, dans des quêtes de sang, dans des quêtes de développement personnel, des quêtes spirituelles,

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