Le nouveau récit d'Abraham

La paléogénétique est une science très récente qui étudie des choses très anciennes : les origines génétiques des fossiles. Elle permet ainsi d’identifier l’origine de certaines lignées génétiques remontant à -8.000 AVJC…. "Si elle ouvre des champs de compréhension immenses, nous-dit Patrice Hernu, ses conclusions ne doivent pas mener à un rejet de l’histoire officielle, mais plutôt à identifier et délayer les successives nappes de sédimentation (culturelles, politiques et religieuses) qui ont "construit" l’histoire telle qu’elle nous a été transmise". Ce travail de délayage implique de ne pas craindre de s’attaquer à aucun totem ni tabou : à commencer par les relations entre le peuple hébreu et égyptien. 

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Et c’est bien à ce voyage dans le temps que nous invite Patrice Hernu.

Le nouveau récit d'Abrahamabraham Maxence Layet Revue Orbs

Ainsi, arguments en main, il affirme que le patriarche Abraham ne viendrait pas de la cité d’Ur en Chaldée, mais de celle d’Urfa en Anatolie où les archéologues ont retrouvé l’une des plus vieilles citées du monde datant de 10.500 avant J.C. et où existait un sanctuaire de pierres taillées en forme de Tau et de H, ornées de figures animales préfigurant peut-être un zodiaque primitif.

Patrice Hernu va encore plus loin en affirmant qu’Abraham et Imhotep ne serait qu’une seule et même personne : le premier grand architecte égyptien qui aurait fondé la cité d’Hermopolis (où coule la rivière Youssef-Joseph-le Père du Christ) et contribué à la construction des pyramides. Ce même personnage sera identifié par la suite en tant qu’Hermès Trismégiste par les grecs.

Il avance ensuite des hypothèses encore plus audacieuses en prétendant que le pharaon hérétique Akhénaton (fondateur du monothéisme) serait en fait Moïse en personne et que le modèle du Temple de Salomon était le sanctuaire d’Amon à Thèbes ! Il soutient également que certaines dynasties pharaoniques de la Basse Egypte étaient issues du peuple des Hyksos, c’est-à-dire des Hébreux ! Il nous rappelle aussi que la communauté juive d’Alexandrie était bien plus importante qu’en Judée, puisqu’elle aurait comptée un demi-million de juifs.

Il prétend également que Jésus aurait peut-être été d’origine celte puisqu’il était Galiléen, région habitée par des Galates : c’est-à-dire des Gaulois !

Patrice Hernu n’hésite pas ainsi à réinterpréter l’histoire, tout en nous rappelant que la Bible elle-même est une réécriture allégorique de l’histoire et une construction littéraire bien tardive si on la replace dans la chronologie de ces différentes civilisations et dynasties.

Souhaitez-vous ainsi comprendre l’analogie étymologique entre les termes de "Temps", de "Temple", de "Tau", de la lettre "Tav"… ou du "Tao" ?

De la Pyramide, alias "Pyra Media" qui "porte le feu au cœur de l’édifice" ?

Eléments de réponse de ce chercheur peu conventionnel et passionnant, Patrice Hernu, interrogé ici par Maxence Layet (Revue Orbs).

Extrait de la vidéo

– Patrick Cernu, bonjour. – Bonjour. – Vous êtes un spécialiste, ou en tout cas un chercheur en ce qui concerne… – Un chercheur, on va dire un chercheur, un spécialiste, ça c'est beaucoup d'élire. – Des civilisations antiques, notamment tout ce qui est mésopotamie, sumérien, babylonien, et également le peuple hébreu, la tradition égyptienne aussi.

Et il y a des choses qui seraient sans doute à comprendre différemment aujourd'hui grâce à l'apport d'une discipline scientifique qui est la paléogénétique. Qu'est-ce que la paléogénétique tout d'abord ? – La paléogénétique, c'est la reconstitution dans la mesure du possible de ce qu'on appelle les haplogroupes. Les haplogroupes, ce sont les grands groupes génétiques des populations qui sont sorties d'Afrique notamment, et des tentatives de localisation, et dans le temps, et dans l'espace.

– Donc c'est une technique génétique, de génie génétique ? – C'est une technique de génie génétique, alors elle va s'appuyer sur différents éléments, parfois sur les analyses ADN des fossiles, mais c'est très difficile parce qu'en général… – Ça s'abîme avec le temps. – Ça s'abîme avec le temps, et celui qui résiste le mieux et auquel on peut le plus facilement accéder, c'est ce qu'on appelle l'ADN mitochondrial, celui qui est lié à la mer.

– Et qui est présent dans des cellules, c'est bien ça ? – Qui est présent dans les cellules, mais qui ne résume pas tout le patrimoine génétique. Alors notamment, par exemple, pour les grandes dynasties égyptiennes, on a pu reconstituer les groupes auxquels elles étaient censées appartenir, à travers l'héritage maternel, c'était d'ailleurs des civilisations matrilinéaires, mais on n'a pas pour l'instant, du moins, l'ADN lié au caractère Y, donc il y a encore de grands débats, mais ça c'est une des premières techniques, c'est l'analyse directe de l'ADN, et puis il y a une seconde technique qui consiste à partir de l'analyse ADN des populations actuelles, et en remontant progressivement par le passé, par calcul numérique, en recalculant à l'inverse les permutations en quelque sorte inverses, et donc en remontant dans le passé et en recouvrant, en superposant toutes ces analyses, ainsi que les fossiles retrouvés, on arrive à reconstituer, alors avec une certaine marge d'incertitude, ce qu'étaient les aires de distribution des haplogroupes, par exemple à l'époque de Jésus, l'Europe elle-même diffuse une carte assez intéressante, où on voit où étaient les celtes, les hébreux, les peuples sémites, les germains, les visigots...

Donc cette technique permet à la fois de reconstituer et d'éligner, et également de revoir ou de venir nous instruire quant à l'historique des peuplements et à la façon dont ces peuples ou ces groupes associés à des groupes génétiques se sont distribués en fonction des territoires au fil des temps. Oui, alors ce qu'on observe tout de suite, c'est que ces lignées ne correspondent pas forcément aux lignées culturelles.

Les lignées génétiques ne sont pas forcément les lignées culturelles. D'accord. Alors ça c'est un grand sujet, évidemment. C'est ça, sujet à controverse, immédiatement.

Des sujets à controverse, parce qu'évidemment, comme on dit, par exemple, vous évoquiez tout à l'heure le peuple hébreu, alors la distribution territoriale de l'haplogroupe J1 et J2, mais surtout J2 pour le peuple hébreu, ne correspond pas exactement, je ne dirais même pas du tout, à ce que les textes, y compris les textes sacrés, nous enseignent. D'accord. Donc un des sujets qui est intéressant, c'est pourquoi il y a ces différences, qu'est-ce que ça veut dire, parce que ces différences, elles prennent sens, elles disent aussi quelque chose.

Donc puisque là, d'un point de vue scientifique, les marqueurs génétiques, les marqueurs d'haplogroupes correspondants au peuple hébreu sont le J1 et J2, c'est-à-dire c'est un code lettres plus chiffres qui permet comme ça d'identifier les différences. Oui, il a changé récemment, donc moi je parle encore avec les lettres... L'ancienne classification. L'ancienne classification qui est connue de tout le monde, R1B, I1A, I1A2, enfin je parle pour les spécialistes, J1, J2, etc.

Les peuples sémites sont les J et qui se sont subdivisés en deux groupes. J1, les sémites supposés arabes, je mets bien des... je fais très attention, je mets des guillemets, et le peuple hébreu, J2. Bon, évidemment, aujourd'hui, quand on regarde la composition de ceux qui se déclarent juifs, par exemple en France, les J1 et les J2, ça fait à peu près 25%.

Il y a eu un métissage et un brassage extraordinaire, et on voit bien qu'au fur et à mesure que l'histoire s'est développée depuis les origines, on va dire les origines, ce ne sont pas vraiment les origines, mais c'est les origines à peu près connues, 8000 ans avant Jésus-Christ, il y a eu un métissage et un brassage absolument extraordinaire, et la lignée historique ne correspond plus à la lignée génétique, et cela c'est vrai pour l'ensemble des peuples, pour les visigots, pour les celtes, pour les germains.

– Alors justement, là on va peut-être aller du côté du texte, si on se réfère au texte sacré dans le cas du peuple hébreu, puisqu'on a ce fameux patriarche Abraham, qui est un peu à l'origine de... – Qui joue un rôle essentiel dans les... tout à fait. – Donc, quelle est la version entre guillemets officielle des textes sacrés ?

– La version officielle, c'est qu'Abraham est un des représentants les plus illustres des tribus hébraïques, il vit dans une des villes qui est la capitale de la Caldée, qui est Ur, et sur la fin de sa vie, il va venir en Égypte. Alors bon, je ne vais pas détailler la version officielle, aujourd'hui on sait que rien de ce qui est raconté et expliqué dans la Bible ne correspond à la réalité, c'est-à-dire que les pays qu'il traverse n'ont pas les caractéristiques qui sont décrites, la ville d'Ur ne correspond pas à celle que l'on connaît, et la datation, quelque chose comme 1850 avant Jésus-Christ, est totalement improbable, parce qu'il se trouve que précisément à cette époque, c'était une dynastie hébraïque qui était à la tête de l'Égypte, vraisemblablement peut-être uniquement de la Basse-Égypte, parce qu'on a longtemps cru que les Hyksos avaient gouverné l'Égypte, ils ont gouverné pendant 108 ans, et on ne voit pas très bien pourquoi Abraham serait venu en contradiction

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