Cinquante-deux livres définissant les fondements et les relations de la science, la logique, l’astronomie et les mathématiques. Ces cinquante-deux Epîtres constituent un véritable projet de civilisation et la vingt-deuxième intéresse Pierre Lory plus particulièrement car elle tente de définir la logique de l’univers.
L’histoire (allégorique) se déroule sur une île gouvernée par le Roi des Jinns. Les animaux qui peuplaient seuls, et en en paix,  cette île, ont soudainement vu les hommes arriver, détruire leur forêt, les tuer, les manger ou les asservir. Ils allèrent donc trouver leur roi et réclamèrent réparation : l’Epître constitue l’apologue (discours narratif et démonstratif) du procès qui opposent les animaux aux hommes.


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Une fois n’est pas coutume, ce sont les hommes qui se trouvent sur le banc des accusés et sont donc invités à répondre de leur prétendue "supériorité": médecine, philosophie, justice, alimentation, habillement, religion, politique….Toute la société de l’époque est passée au crible acerbe de ce texte.
Analyse passionnante… mais oh combien cynique : ce texte, rédigé il y a plus de mille ans est transposable ligne par ligne au monde actuel où domine toujours et encore la volonté de puissance de l'homme.

Mais au-delà d’une interprétation littérale, horizontale, de ce texte, Pierre Lory nous invite à considérer sa verticalité. Si l’univers est un corps, corps dont l’homme représenterait la tête, les animaux et les végétaux ses mains, les minéraux ses pieds : la résurrection incluant les trois autres règnes ne peut s’opérer qu’à l’intérieur-même de l’homme.

C’est en lui et non à l’extérieur de lui que l’homme parfait peut faire remonter l’énergie divine…