Dieu parle-t-Il par images ? Le langage du rêve en mystique musulmane

Dieu peut-Il vouloir se faire voir ? Se faire entendre ? De nombreux passages de l’Ancien Testament relatent les risques, pour l'homme, de toute communication avec l’Etre Suprême. Le voir, Lui parler se révèlent toujours périlleux, au risque de devenir, à l’instar de Moïse, foudroyé, aveuglé ou fou. Dans ces conditions : le rêve ne constituerait-il pas ce « lieu intermédiaire », propice à ce type de communication ? Si l’Occident médiéval a développé depuis le Moyen-Âge une abondante iconographie sur les visions de ses Saints, Anges, de Jésus même, qu’en est-il de la mystique musulmane où l‘image et les représentations humaines sont, par convention, proscrites*?

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« Dieu avance toujours masqué » nous-rappelle Pierre Lory, en guise d'introduction de cet exposé **. Comment, dès lors, interpréter avec précision et certitude ces rêves souvent confus, que tout à chacun est susceptible de recevoir, un jour, dans son sommeil ? 

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Expérience mystique, expérience onirique : que nous dit le soufisme sur la nature de ces messages ?

Puisque Dieu communique avec ses prophètes par le rêve (Abraham, Joseph, Mahomet), ces messages doivent-ils être considérés comme des « avertissements de décret divin » ? Que penser de certaines visions délirantes, voire démoniaques, où, comme nous-le-dit Pierre Lory  « Il envoie parfois Satan***, afin d'éprouver ses fidèles… ».

Comment les soufis interprètent-ils ces images visionnaires, eux qui s'exercent à entretenir cet état de veille ?

Un exposé passionnant qui nous dépeint avec subtilité et pédagogie ce lieu intermédiaire, propice à cette médiation entre deux mondes : le plan humain et celui où les mots s'arrêtent. Une lecture oniro-critique qui ne va pas sans rappeler le célèbre Mundus Imaginalis (monde imaginal) développé par Henry Corbin et qui explicite, sans doute, le hiatus entre ces avertissements et la question de la prédestination…

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* dans la première partie de cet exposé, Pierre Lory nous indique les passages du Coran (ainsi que les Hadiths) qui « condamnent » d’une manière plus ou moins explicite la peinture et les représentations figuratives. Il replace ces interdictions au regard d’autres arts, la musique et la danse notamment, tout en nous précisant bien que la littérature juridique islamique ne comporte pas d’articles précis interdisant ces images. C'est pour cela qu'il évque un « consensus général » allant à l’encontre de ces images.

** enregistré lors des XIVème Journées Henry Corbin, que nous remercions.

*** visionner sur ce sujet l’échange entre Annick de Souzenelle et Françoise Bonardel : Le Seigneur et le Satan (livre paru chez Albin Michel) 

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