Rabi’a al-adawiyya, mystique et poète

Rabia est considérée actuellement comme la plus grande sainte du monde sunnite. Il y a de nombreuses saintes musulmanes, mais Rabia est certainement la seule à bénéficier d’une ferveur aussi importante. Aujourd’hui encore elle fait l’objet d’une vénération tant des communautés soufies qu’auprès des simples croyants qui continuent à lui adresser des demandes, des prières… Et parfois à les voir s’exhausser! Pourtant de sa vie, nous n’avons aucune trace. Ses paroles, ses poèmes nous ont été transmis par des soufis longtemps après sa mort.

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‘Attâr, son biographe officiel, a vécu quatre siècles après elle. Ibn’Arabî et El Ghazâli l’ont appelée « la couronne des hommes ».

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- Quel message a laissé Rabia, cette femme, mystique et poète qui passa toute sa vie en Irak et mourût la même année où Charlemagne se faisait couronner à Rome ?
- Quel enseignement nous a laissé cette sainte qui exhorta toute sa vie ses congénères à n’adorer Dieu que pour lui seul et non pour l’intérêt de ses grâces ou par crainte de son courroux  ?

Suivez ici Jean Annestay nous nararer la dimension symbolique des écrits de cette femme hors du commun.

Extrait de la vidéo

Rabbi El Haradawi est connu comme la sainte la plus célèbre du monde sunnite. Il y a de nombreuses saintes musulmanes, mais c'est la seule sans doute à avoir eu aujourd'hui encore une audience populaire aussi vaste. Elle est l'objet d'une vénération aussi bien à l'intérieur des cercles sushis qu'auprès des gens du peuple qui continuent à lui adresser leurs demandes, leurs prières et aussi parfois les voir exaucer.

Ses paroles, ses poèmes, toutes les traces qui nous sont parvenues d'elles, nous sont parvenues à travers les œuvres d'hommes, de grands saints appartenant au courant du sushisme. Parfois certaines de ses paroles ont été attribuées à d'autres saintes, parfois à certains hommes. Certains poèmes, comme souvent c'est le cas, ont deux, trois, voire plus attributions. Ce qui ressort par contre, c'est que aussi bien des grands maîtres spirituels comme Attar, son principal biographe, Ibn Arabi, Al-Razali la considèrent comme une très très grande spirituelle des premiers temps de l'islam.

Attar l'appelle « Taj al-Rijal », la couronne des hommes. Elle a été reconnue également comme dépassant en spiritualité bien des grands maîtres spirituels. Attar considère qu'elle n'avait pas d'équivalent parmi les saints de son temps. Il écrit que les hommes ont vu en elle une seconde Marie, une pure soufie.

Rabéa n'était pas une soufie au sens où on l'entend, on l'entendra ensuite, le soufisme n'existait pas véritablement, en tout cas sous la forme qu'on lui connaît aujourd'hui, de son temps. Mais la majorité des propos qui contient d'elle ont été commentés par des maîtres soufis, et par quelques imams, etc., plus exotériques. Mais l'essentiel de son enseignement donne les bases des grands thèmes qu'on retrouvera à l'intérieur du soufisme dans les siècles ultérieurs, notamment en ce qui concerne la doctrine de la mort spirituelle.

Je pense qu'en dehors des filles du prophète, peu de saintes ont eu le degré spirituel et la considération dont elles ont bénéficié. Sa vie est à la fois, si on en juge les éléments qui nous en sont parvenus, un mélange de légendes, de symboles et de données historiques. Les trois s'interpénétrant. Tout dépend du degré de foi et de crédit qu'on accordera à son enseignement.

Tout dépend du degré de foi et de crédit qu'on accordera à son enseignement spirituel. Et en fonction de ce degré de crédit, les éléments de sa vie prendront une portée plus ou moins intérieure et constitueront un enseignement à proprement parler. Il n'y a eu aucune donnée biographique la concernant de son temps. Tout ce qui nous est parvenu d'elle nous est parvenu dans les siècles ultérieurs.

Aucun de ses contemporains n'a laissé de traces la concernant. Farid-B. Nattar a écrit quand même plusieurs siècles, quatre siècles après sa mort. Et c'est son biographe sans doute principal, celui qui nous donne le plus de données, rassemblées à l'intérieur des textes de ses prédécesseurs.

Il les a rassemblées, il en a rajouté quelques autres, etc. Mais on continue effectivement, en lisant les textes du Tasawwuf, à trouver de temps à autre des anecdotes, des récits rapportés, attribués à Rabia el-Radawi. Alors, tout ce que je vais rapporter ici, donc, ne présentera pas une caution historique au sens strict. Ça aura plus une portée symbolique que véritablement historique.

On comprendra aisément qu'il soit difficile, dans ce contexte, de donner une date précise à la naissance de Rabia. On s'accorde à penser qu'elle est née entre 1613 et 1621 de l'ère chrétienne, en Irak, à Bassorin. Et qu'elle semble n'avoir jamais quitté cette ville jusqu'à sa mort. Alors, pour la situer un peu plus historiquement, on pourrait dire, avec Pierre-Laurie, qu'elle est morte l'année où Charlemagne se faisait couronner empereur à Rome.

Et qu'elle a vécu à une période où l'Irak devenait le centre, le cœur pulsant de l'Empire musulman. La vie intellectuelle, économique et spirituelle de cette région était la plus vivante de l'ensemble du monde islamique de l'époque. Bassorin était une ville portuaire. C'était aussi une des principales, sinon la principale cité d'Irak, après Bagdad, qui était la capitale de l'Empire colossal qui s'étendait de l'Espagne jusqu'à la vallée de l'Indus et l'Asie centrale.

Proche du golfe Persique, Bassorin était l'intermédiaire entre le monde arabe bédouin et le monde iranien, qui était l'élément culturellement le plus important de l'Empire abbasside de l'époque. Et c'est à Bassorin et à Bagdad aussi que sont nés les grands mouvements spirituels de l'islam. En fait, si l'on excepte quelques grands spirituels persans, donc d'origine iranienne, l'essentiel des maîtres spirituels était irakien, à cette époque.

Et ce qu'on appelle le soufisme aujourd'hui, comme le dit Pierre Lory d'ailleurs, est né en Irak. Rabéa vivait dans les débuts de l'islam, pas les tout débuts, mais l'exemplarité prophétique était encore très vive. La trace des compagnons du prophète était encore très présente, celle du prophète lui-même aussi, dans les consciences. Même si l'islam avait été passé à une nouvelle phase, le milieu baignait véritablement dans cette transmission.

Les gens étaient imprégnés du Coran, mais aussi des paroles du prophète, de ses actes, de ses propos. Et Rabéa s'inscrit véritablement à l'intérieur de cette transmission. Pour accréditer ses propres paroles, elle les fait en fonction et toujours en référence au Coran et aux paroles du prophète. Maintenant, de quel milieu était-elle originaire ?

Alors là, on a véritablement à peu près toutes les hypothèses quasiment possibles. Certains ont dit qu'elle était ici d'un milieu riche, qu'elle avait mené une vie de luxure,

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