Ce que le Graal a à nous dire aujourd’hui 1/10

La quête du Graal apparaît au XIIᵉ siècle avec Perceval de Chrétien de Troyes, comme un récit celto-chevaleresque dans lequel la dimension chrétienne n’est pas encore présente. C’est Robert de Boron, quelques années plus tard, qui lui conférera une origine sacrée, faisant de la coupe du Graal le réceptacle du sang du Christ. Devenu symbole de guérison, d’abondance et d’accomplissement spirituel. Le Graal va alors illuminer l’imaginaire européen et inspirera un grand nombre d’œuvres : romans arthuriens, peintures.

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Son importance fut telle qu’il fit aussi l’objet de différentes adaptations — ou appropriations — chez nos voisins, et anciens ennemis, anglais et germaniques (le Parzifal de Wolfram von Eschenbach, XIIIᵉ siècle, remis sur le devant de la scène par Wagner au XIXᵉ).

Les Chevaliers de ta Table RondeFrncçoise Bonardel, film 1 du séminaire à Vézelay sur la Graal

Premier volet introductif du séminaire de Françoise Bonardel sur le Graal.

Ce premier exposé inaugure une série de dix films* enregistrés lors du séminaire donné par Françoise Bonardel à Vézelay, en décembre dernier (2024), intitulé : « La quête du Graal : histoire, portée symbolique et actualité d’une vieille légende ».

Françoise Bonardel et les participants de son séminaire sur le GraalChevalier du Graal

« Qu’est-ce qui différencie notre âme d’aujourd’hui de celle de nos ancêtres médiévaux ? »

Précisément, ce premier volet introductif s’attache à comprendre pour quelles raisons ce mythe, dont l’apogée se situe entre le XIIᵉ et le XIVᵉ siècle, nous parle encore aujourd’hui.
Qu’y ont trouvé les dramaturges, cinéastes, musiciens, théosophes, anthroposophes, romantiques, francs-maçons, psychanalystes (Jung), métaphysiciens (Evola, Guénon), comme nourriture pour leur quête spirituelle et initiatique ?

Malgré trois siècles de sécularisation, de quelles façons — et pour quelles raisons — cette quête est-elle parvenue à traverser les époques ? Qu’a-t-elle encore à nous dire aujourd’hui ?

La perdurance, puissance et universalité de ce mythe constituent le premier angle de cet exposé.

Perit ut vivat - l’adage du Phénix (ou du Pélican mystique) qui « renaît de ses cendres » et « meurt pour que les autres vivent » - nous rappelle que le Graal renvoie à l’idée d’un centre.

Françoise Bonardel esquisse justement ici les traits et prémices de ce centre, et d’une possible chevalerie spirituelle contemporaine qui pourrait renaître de ses cendres…

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* Voici la liste des exposés issu du séminaire intitulé "La quête du Graal : histoire, portée symbolique et actualité d’une vieille légende" donné à Vézelay par Françoise Bonardel dans le cadre de l’Association Convergences (6-8 décembre 2024)

1. Qu’est-ce que le Graal a à nous dire aujourd’hui ?
2. La geste arthurienne, écrin de la matière de Bretagne
3. L’esprit de la chevalerie, une rectitude intérieure
4. Le nuage d’inconnaissance des Chevaliers de la Table Ronde
5. Chrétien de Troyes et le Conte du Graal, un pont entre celtisme et christianisme (Les récits fondateurs, partie 1)
6. Graal et Alchimie : la guérison du roi Amfortas (les récits fondateurs partie 2)
7. Quête du Graal et ésotérisme chrétien
8. Le Parsifal de Richard Wagner : un Graal initiatique
9. Le Graal, grand archétype de l’inconscient collectif
10. Le Graal, une plénitude plus qu’une perfection

Merci à la Libraire L'or des Etoiles, Vézelay, pour son accueil et organisation. 

Lien l'ouvrage de Françoise Bonardel, Le Graal (Dervy 2026) 

Extrait de la vidéo

En fait cette idée de faire un séminaire sur le Graal nous est venue, enfin Laurent et moi, spontanément après avoir fait un séminaire sur le Graal. Après le travail que j'ai effectué cet été pour rédiger pour les éditions d'Hervie qui lance une petite collection sur les symboles, un petit livre donc sur le Graal. Et à la suite de ça, des recherches effectuées, etc., des discussions, finalement je me suis dit mais pourquoi pas le proposer en séminaire justement sur le Graal.

Et dans ce petit livre qui encore une fois c'est un travail d'introduction, il y a des illustrations et il y aura en particulier celle-ci que j'ai sélectionnée à sortie d'un commentaire que je vais résumer avec vous maintenant. Alors de quoi s'agit-il ? Les représentations, si on veut avoir une idée visuelle de la quête du Graal telle qu'on se la représentait à l'époque médiévale, c'est assez difficile en fait à trouver.

Parce qu'on va avoir la représentation d'un chevalier errant, que ce soit Parsifal, Perceval, que ce soit Gauvain ou Lancelot. On va avoir souvent des représentations, et je vous en montrerai certaines, d'une quête solitaire. Mais la quête, c'est-à-dire la quête de la quête du Graal, c'est-à-dire la quête de la quête du Graal. Finalement, ne trouvant rien dans l'iconographie ancienne de vraiment parlant dans cet esprit, j'ai choisi une représentation tout à fait moderne, vous la reconnaissez peut-être.

C'est dans Indiana Jones ou la dernière croisade. Et finalement, je trouve qu'elle est assez remarquable. Assez remarquable, pourquoi ? Parce que d'abord graphiquement, je la trouve assez belle.

A première vue, c'est une image qui vous rappelle quelque chose dans la peinture. Personnellement, ça me rappelle la chute des montagnes. Alors, évidemment, ce n'est pas ça. Ce n'est pas ça, pourquoi ?

Parce que dans les romans relatifs à la quête du Graal, il y a beaucoup de références à la quête du Graal. C'est-à-dire qu'il y a beaucoup de références à la quête du Graal, et il y a beaucoup de références à la quête du Graal, et il y a beaucoup de références à la quête du Graal. C'est pas ça, pourquoi ? Parce que dans les romans relatifs à la quête du Graal, vous ne trouvez absolument pas de scène qui puisse faire penser à la révolte des anges contre Dieu.

Le monde de la chevalerie n'est pas un monde de la révolte, sauf contre la méchanceté, la justice, etc. Et encore, c'est une lutte, ce n'est pas une révolte, et certainement pas contre Dieu. Donc, on passe, ce n'est pas comparable à la chute des anges rebelles. Ce qui frappe, donc, c'est cette dégringolade de chevaliers qui ne réussissent pas à franchir le vide.

Alors, pourquoi ? Alors ça, dans les romans, vous allez trouver un épisode, dont on aura l'occasion de parler sûrement, un épisode particulièrement marquant, qui est celui du siège périlleux. Le siège sur lequel on ne peut s'asseoir, si l'on n'est pas soi-même digne du Graal, digne de l'état de chevalier. Et donc, au fond, ceux qui sont engloutis dans l'abîme, ici, comme Moïse, dans le texte de Robert de Boron, ce sont ceux qui, d'une façon ou d'une autre, alors je ne dis pas que c'est un siège périlleux, mais ça fait penser à ça, ce sont ceux qui ont échoué, c'est-à-dire qui finalement n'étaient pas dignes de passer, de passer de l'autre côté.

Là, il s'agit d'un pont, en fait, qui n'existe pas. Et dans les recits du Graal, il y a aussi très souvent, et dans toute la littérature arthurienne, il y a très souvent un pont, un pont qui est tellement étroit qu'on ne sait pas comment on va pouvoir passer à cheval, ou un pont qui se dérobe sous les pieds du cheval et du cavalier, etc. Et en fait, là encore, on ne peut passer de l'autre côté que celui qui, intérieurement, est en adéquation parfaite avec la situation.

Et ça, c'est un trait qu'on va retrouver souvent. Alors, celui qui passe. Celui qui passe, et d'ailleurs, le tableau s'intitule « Le saut de la foi », ce n'est pas forcément la foi en Dieu, encore que la plupart des chevaliers sont chrétiens, mais c'est la foi. La foi dans quoi ?

La foi dans le Graal, probablement, ou la foi dans la possibilité même de passer. C'est déjà ça. Et vous remarquez aussi une chose, c'est que ce chevalier, alors, est-ce un templier ? Ce n'est pas clair, il a la robe blanche des templiers, mais on ne voit pas la croix rouge.

Bon, c'est un chevalier, en tout cas. Vous remarquerez la position de ses mains. Alors, le Graal apparaît comme une coupe, c'est une de ses représentations, ce n'est pas la seule, nimbée d'une lumière. Et ça, ça va être vraiment une des représentations les plus fréquentes.

C'est l'éclat, la lumière qui s'en dégage. Et vous remarquerez, donc, c'est comme une sorte d'aimant, d'aimant qui guide la quête, qui fait que le chevalier est attiré par cette lumière et il met les mains en forme de coupe lui-même. Ça veut dire que, à mon sens, vous remarquerez qu'il ne cherche pas apparemment à saisir le Graal. Et ça, j'insisterais beaucoup là-dessus, il n'y a pas de conquête du Graal, ça c'est un lieu commun.

On ne conquiert pas le Graal, ce n'est pas un objet à conquérir, c'est autre chose. Donc, il met ses mains en forme de coupe pour accompagner en quelque sorte la lumière et se laisser guider par lui, mais on ne voit pas de sa part un empressement qui ferait qu'il a envie de l'accrocher, de l'attraper. Donc, je crois que c'est très important, c'est-à-dire qu'en fait, il saisit un fil invisible qui le guide vers le Graal et qui lui permet aussi de passer, il ne s'aperçoit même pas qu'il est sur le vide, il ne s'aperçoit pas, il ne le voit pas, il le verra quand il va se retourner, très probablement, mais pas maintenant.

Alors, je crois que, si vous voulez, ce qui est dans cette image nous donne une vision de ce que peut-être cette quête est justement des pièges à éviter, des pièges mortels à éviter et aussi du fil conducteur à suivre et qui est en fait celui de la lumière même du Graal. Alors, dans un premier temps, je vais essayer de vous montrer un certain nombre des difficultés, des questions en tout cas que je me suis posées par rapport à cette réflexion générale sur la quête et par rapport à ce qui a été écrit dessus et ce que l'on en sait.

Et dans une deuxième partie, on abordera la question du roi Arthur. Le roi Arthur et ses chevaliers parce qu'on a l'habitude là aussi de dire que le roi Arthur, d'associer la quête du Graal à la personne du roi Arthur. C'est vrai et ce n'est pas vrai. C'est vrai parce qu'effectivement, les chevaliers de la table ronde, ceux qui sont allés guérir le Graal faisaient partie de la cour du roi Arthur,

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