Eleusis, Orphée et Mithra dans l’initiation maçonnique
Charles Imbert est à la fois franc-maçon et grand connaisseur des cultes à mystères (ces cultes sont d’essence gréco-égyptienne et ont disparu avec l’essor du christianisme). Amèrement, il note « qu’iI est cocasse de constater que beaucoup de nos contemporains parlent d’éveil, de pensée positive, de lumière, tout en omettant de souligner que ces mêmes préoccupations étaient déjà au cœur des questions existentielles des hommes il y a plus de deux mille cinq cents ans ! ».
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Cet oubli de l’histoire, caractéristique d’une culture mainstream où le mercantilisme se dispute avec l'imbécilité, affecte notre société dans son ensemble. La Franc-maçonnerie, présentée ici par Charles Imbert, en tant que « dernière initiation trouvable en Occident » serait-elle aussi frappée par cette amnésie ?
Charles Imbert relève quarante-six « emprunts » faits par la Franc-maçonnerie aux cultes à mystères.


En 2015, Charles Imbert a fait paraître chez l’éditeur La Pierre Philosophale un livre portant sur « Les sept degrés de l'Initiation ». Une étude se positionnant, avec érudition et pédagogie, à mi-chemin entre le regard extérieur de l’anthropologue et celui, plus intérieur, de l’homme « en quête de Dieu ». Une quête, mûe par ce feu intérieur, portant son lot d’irrationalités et de contradictions.
« Les rites de passage n’ont pas été inventés au XVIIème siècle ! », nous rappelle-t-il...
Ici, en compagnie de la journaliste Caroline Chabot, il revient sur la nature propre de l’Initiation, en général, et maçonnique en particulier. Si la réalité des nombres développée par Pythagore, l’Orphisme, le culte d’Eleusis ou le mithracisme semblent avoir quitté nos sociétés, la Franc-maçonnerie dont on fête les trois-cents-ans d’existence « officielle » cette année serait-elle la dernière gardienne de cet héritage ?
Cette disparition est-elle le résultat, comme l’affirme ici Charles Imbert, d’une sorte de monopole que le clergé chrétien a instauré pendant deux milles ans, visant à l’exclusivité de l’intercession entre hommes et Dieu ?
Un échange passionnant qui vous révèlera les analogies entre les sept chakras, les sept planètes visibles à l’œil nu, les sept jours de la semaine et…. les sept péchés capitaux !
Extrait de la vidéo
Bonjour Charlinbert, nous vous trouvons aujourd'hui pour parler des 7 degrés de l'initiation, mais nous voudrions en savoir un tout petit peu plus sur vous aujourd'hui, est-ce que vous pouvez vous présenter ? Oui, bien sûr, je suis une personne très intéressée par le destin, le fil rouge de mes publications, de mes ouvrages, puisque j'ai quand même plusieurs livres en actif, c'est le destin qu'on puisse revoir par le tarot ou tout simplement par les enquêtes du monde invisible et sur ce qui nous attend après la mort, puisque je suis au bureau de IANDS, International Association for Nodal Studies, je m'intéresse aux morts imminentes.
Je m'occupe de plein d'autres choses, y compris de géobiologie, etc. Oui, d'ailleurs les auditeurs et téléspectateurs de Baglis ont déjà eu l'occasion de voir nombre d'interviews que vous avez faites et je suis très heureuse aujourd'hui de pouvoir en faire une. Voilà, donc aujourd'hui nous allons parler des 7 degrés de l'initiation et en particulier de la comparaison que nous pouvons en faire avec les cultes amistaires anciens et la franc-maçonnerie.
C'est un petit peu le sujet, ça va être beaucoup le sujet de notre émission aujourd'hui et vous nous détaillez jusqu'à 46 points de similitude entre la franc-maçonnerie actuelle et les cultes mitraïques. Les cultes amistaires, oui. Est-ce que vous pouvez nous en détailler plusieurs et ça nous mettra tout de suite dans le vif du sujet. Oui, mais lorsqu'on dit des points, ce ne sont pas des points mineurs, ce sont carrément les landmarques qui sont communes à toute la maçonnerie, qu'elles soient égyptiennes, écossaises, françaises ou guatemaltèques, c'est les points communs de la maçonnerie.
Par exemple, vous avez les trois signes pénaux maçonniques. Les trois signes pénaux, ce sont les signes d'ordre, c'est-à-dire les signes identitaires de chaque degré. On ne va pas dire identitaire, c'est un gros mot de nos jours. Les signes pénaux maçonniques apparaissent dans une collection de visuels mitraïques qui ont survécu.
Vous avez le titre de maître, le fait que ça se passe le soir, le fait qu'on communie par le pain et le vin, parce que le mitraïsme a aussi donné, bien sûr, le christianisme, enfin le christianisme a beaucoup pris au mitraïsme. Vous avez, de part et d'autre de l'entrée, des colonnes qui, en fait, sont les statutes de patès et cotopatès, c'est-à-dire le solstice d'été et le solstice d'hiver. Vous avez la masculinité, vous avez la tolérance, vous avez la fraternité, vous avez le co-chef du président, les surveillants qui sont traduits du mot épiscopos, qui sont aussi donc dans le mitraïsme.
Et alors, toute l'architecture du temple, c'est aussi le temple mitraïque, c'est-à-dire que vous avez deux colonnes, vous avez un triangle à l'orient, vous avez les deux rangées de sièges, vous avez un autel, vous avez, selon certains, mais je n'ai trouvé ça qu'une fois, un triangle pythagoricien avec les étoiles au centre de la loge, enfin si on peut appeler ça une loge, parce que c'est un temple à cette époque-là.
Le soleil et la lune sont aussi à l'orient. Vous avez un espèce de copier-coller général, et donc sur, j'ai détaillé 46 points, mais étant donné qu'on peut les scinder, on peut aller beaucoup plus loin, y compris même dans l'initiation, parce qu'on est initié par les quatre éléments. C'est tellement copier-coller que, du coup, j'en avais fait un premier livre, un premier ouvrage qui s'appelait « Les sources souterraines de la franc-maçonnerie » chez Vega, donc la maison d'édition de Guénon autrefois.
Et là, ce matin, je lisais, je voyais sur Facebook que quelqu'un disait « mais la seule solution actuellement, c'est de remonter au moins au XIIe siècle pour expliquer ce qui se passe en 1717 ». Alors, un peu de courage, on monte en XIIe siècle, on est d'accord, et puis quand on sera en XIIe siècle, on se demandera pourquoi ça remonte avant, par exemple, la typologie des rites de passage, parce que l'initiation est un rite de passage, la tenue elle-même est un rite de passage, on va expliquer ce que c'est sans doute, et ça, je veux dire, on ne peut pas l'inventer au XVIIe siècle, ou même avant, lorsque tout ce qui est rite de passage, c'est du paganisme pur et dur, c'est quelque chose qui n'existe pas, ou si il y a des initiations qui sont faites, elles sont faites sans aucun recul dans le monde chrétien, c'est-à-dire que ce sont des procédures ou des rites qui ne sont pas analysées, dont on ne décortique pas la fonction, et dont on ne peut pas reproduire le schéma, je dirais, fonctionnel, voilà.
Alors, dites-moi, d'où viennent, enfin, à quelle date, justement, on peut reconnaître ces cultes à mystère qui étaient donc déjà pratiqués ? La grande floraison des cultes à mystère, c'est moins 300, plus 300 dans le monde antique, c'est-à-dire au moment où l'Empire romain recouvre le bassin méditerranéen. Et donc, ce qui va être le facteur majeur, en tout cas pour le mitraïsme, c'est la victoire de Pompée sur les pirates d'Asie mineure, et la capture de tous ces esclaves qui sont mitraïques, qui sont disséminés dans le monde romain, et qui vont fonder partout le mitraïsme qui va...
Alors, bon, là, on ne va pas rentrer dans les détails. Mais si on parle de date, c'est ce moment-là. Vous avez, dans l'évolution du christianisme, des choses qui ne sont pas du tout claires et explicitées sur les premiers siècles, mais on n'y reviendra pas non plus. Mais il est clair que c'était tellement important et puissant que, comme lorsqu'on dissout d'autres mouvements, surtout des mouvements de cette ampleur, il y a eu des, comment dirais-je, des mouvements de résistance des vieux croyants, et il n'est pas possible que les choses aient disparu totalement, même éradiquées par le bûcher et par le fanatisme chrétien.
Donc, en fait, il est tout à fait à croire, et c'est manifeste, que lorsqu'on retrouve les sociétés secrètes médiévales, il y a énormément de sociétés secrètes médiévales qui font référence à une grande fraternité, par exemple, et donc il est très probable que les sociétés secrètes médiévales étaient souchées sur une survivance de cercultes à mystère, qui s'occupaient des enfers, qui s'occupaient d'initiation, et qui étaient reliées, puisque Isis, on trouve des traces égyptiennes, bien sûr, dans la maçonnerie, et on trouve des traces, ne serait-ce que, Ouzé, Ouzé, Ouzé, je suis désolé, Osiris s'appelle Oudjer, en égyptien, on disait Oudjer, c'était son vrai nom.
Donc, de Oudjer à Ouzé, vous avez une, je dirais que la filiation, alors ce n'est pas dans mes 46 points, mais j'aurais pu le mettre, parce que vous avez des points égyptiens qui reviennent en plus, et d'autres caractères de culte à mystère qui ont été intégrés, vous avez de l'orphisme aussi, dans la maçonnerie. Et ça, on ne peut pas mettre de l'orphisme au Moyen-Âge, qui est-ce qui va aller chercher la signification de l'orphisme, la signification du mitraïsme, et là on parle de transmission forte, parce que tout est passé avec armes et bagages, et c'est nous qui aujourd'hui avons mis une espèce de couche d'enduit en disant, oui, vous voyez, c'est travailler la pierre, etc.
On a des outils, alors on a déguisé une fois de plus pour qu'à un certain moment, l'Église ne s'affole pas trop, et puis pour que les croyants eux-mêmes ne s'affolent pas. Il y a une espèce de consensus dans la société secrète où on a continué de cacher les choses. D'accord. Donc pour vous, c'est clair, les origines de la franc-maçonnerie remontent avant… À l'Antiquité.
À l'Antiquité, voilà. Ah oui. Et même à l'Antiquité, donc, ce qui se passait en Asie mineure, donc, qui est la Grèce, Analidie, la Carie, la Frigie, etc., Millet, Éphèse, ce sont des villes d'Asie mineure, la Grèce c'était là-bas. Dans ces territoires-là, on pratiquait une initiation mitraïque qui était réduite à 7 degrés, mais qui auparavant avait été à 12 degrés.
Les initiations mésopotamiennes qui étaient mixtes, et où il y avait des hiérophants de femmes, et où les femmes avaient été armées, par exemple, de massues plutôt que de choses tranchantes pour ne pas faire couler le sang, parce qu'il y avait un interdit du sang pour la femme, etc.