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Sous la forme d’entretiens spontanés, Eric Baret traite de ce qui constitue l’essentiel des approches non-dualistes c’est-à-dire ce qui est là. Il aborde le sujet avec juste ce qu’il faut de décalage pour nous sortir de la zone de sécurité dans laquelle nous nous complaisons et nous inciter à la lucidité bienveillante.

La recherche de sécurité apparaît comme un obstacle majeur à l’accès à notre véritable nature.

« Les événements de la vie sont la voie, laquelle apparaît et disparaît dans le même instant. » dit-il. Il balaie radicalement nombre d’illusions : autonomie, accomplissement, évolution, pouvoir, responsabilité, non-action, espoir, immobilité, utilité, spiritualité, mort… Plutôt que d’accepter, il propose d’écouter.

« Ecouter est la chose la plus active qui soit. La transformation du monde réside dans l’écoute. » Dans l’écoute et l’amour qui en découle.

« Quand vous constatez que vous avez souffert toute votre vie pour un imaginaire, vous n’avez rien à faire pour sentir votre poitrine se détendre et, enfin, respirer. Vous avez toujours pensé que l’on devait plus ou mieux vous aimer et, brusquement, vous comprenez que c’est à vous d’aimer, que votre seule misère était de ne pas aimer assez. Un immense amour vous envahit alors ; il vous libère à jamais de toute séquelle psychologique, de tout besoin d’être aimé. Vous avez trouvé la clé de la vie, qui est d’aimer. »

L’émotion est une extraordinaire matière, « objet de contemplation, d’étude ». Eric Baret propose d’apprécier l’émotion telle qu’elle est sans chercher à la contraindre ou même à l’orienter. Laisser l’émotion libre, sans jugement, sans amplification et sans réduction, c’est renouer avec notre propre nature. « La véritable émotion, dit-il, est au-delà de l’émotion, qui n’est que son rendu dans l’espace-temps. »

Reconnaître les images, ne pas s’identifier, les traverser, y compris le concept pédagogique de non-dualité, permet de ne plus chercher la compréhension, le sens, pour simplement jouir de ce qui est là. « Vouloir comprendre est une forme d’incompréhension. »

Ce qui est là, ce qui se présente, peut être maladie et douleur :

« La maladie, la douleur sont aussi des cadeaux extraordinaires. Ils nous apprennent beaucoup. On observe son fonctionnement. Il ne faut pas le provoquer, mais pas non plus vouloir s’en priver. Votre bonne santé démontre que vous n’avez pas besoin d’être malade. Quand ce sera nécessaire à votre recherche, vos besoins seront satisfaits. »

S’il n’y a plus d’image de soi à défendre, à répliquer, prolonger dans l’illusion temporelle, il n’y a plus de peur, plus de passé et alors, plus de violence, plus d’idéologie, plus de séparation. Si Eric Baret use du langage pour dissoudre les effets de fixation du langage, il ne tombe jamais dans le procédé. Il cherche seulement à restituer le mouvement de la vie. Et c’est aussi pragmatique :

« C’est à moi de me libérer, l’autre n’a pas à le faire. Si je vis cette libération, jusqu’à un certain plan je vais aider l’autre. Mais penser que l’autre doit changer, que le chien ne doit pas me mordre, que le voisin doit comprendre que j’ai raison : là, je suis dans un imaginaire. Je passe ma vie à savoir comment l’autre doit me voir. L’autre me voit selon son point de vue, et il a raison !

Quand on cesse d’arranger le monde, qu’on laisse les voisins tranquilles, on s’occupe de soi-même parce qu’on réalise qu’il n’y a pas de soi-même. Le voisin et le monde disparaissent en tant que problèmes. Voilà les travaux pratiques. » Texte  : La Lettre du Crododile.

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