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La Société Théosophique, un peu oubliée aujourd’hui, a joué un rôle considérable sur la scène spiritualiste et ésotérique mondiale depuis sa fondation en 1875 par Helena Petrovna Blavatsky (1831-1891) et le colonel Henry Steel Olcott (1832-1907).

Jean Iozia, diplômé de l’EHESS, Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales, retrace pour nous l’histoire et l’œuvre de cette organisation et de ses grandes figures.

Il commence par dresser les portraits de HPB, Helena Petrovna Blavatsky, et du colonel Olcott, « l’occultiste » et « l’organisateur » qui permirent le rayonnement de la Société aussi bien en Orient qu’en Occident. Mais d’autres figures s’imposent comme Annie Besant qui fit jouer à la Société Théosophique un rôle important dans la libération de l’Inde de la tutelle coloniale britannique. Avec Charles Leadbeater, elle découvre et en quelque sorte construit Krishnamurti avant que celui-ci ne se dégage de leur emprise pour devenir le penseur libre d’exception que nous connaissons.

Le projet originel de la Société Théosophique attira scientifiques, artistes, auteurs, poètes, militants des droits humains. Avec la Doctrine secrète, HPB offre un corpus à la Société Théosophique qui fait pont entre Orient et Occident autour du mystère des célèbres Stances de Dzyan. René Guénon, l’un des principaux opposants à la Société Théosophique reprochera à HPB le syncrétisme de la Doctrine, et bien sûr la référence aux « Maîtres de Sagesse ». L’auteur ne développe pas cette question et ne fait pas référence aux travaux sur la création du « mythe des Maîtres » pour se concentrer sur l’influence remarquable de la Société Théosophique.

Kandinsky, Mondrian, Kupka, Gauguin, Jean Delville, Yeats, Scriabine… furent quelques-uns des artistes influencés à des degrés divers par le projet universel de la Société Théosophique. Mais il y eut aussi des scientifiques comme Maspero, Edison, Flammarion… en relation avec la Société et H.P. Blavatsky. L’auteur passe un peu rapidement peut-être sur l’influence de la Société sur Gandhi. Comme d’autres futurs leaders indiens, il fréquenta l’organisation et ses membres.

La fin de l’ouvrage est consacrée à l’actualité de la Société Théosophique. L’idéal théosophique perdure et la Société Théosophique demeure active dans une cinquantaine de pays et à l’origine d’une littérature considérable. Son message, nous dit l’auteur, mérite d’être redécouvert et peut-être actualisé dans la forme.

En annexe, Jean Iozia revient sur les relations entre la Société Théosophique et le monde de l’initiation, notamment la Franc-maçonnerie et aborde succinctement le rôle de théosophes dans l’émergence ou l’organisation de certains rites comme le Rite de Swedenborg, le Sat Bhai ou autres.

Il passe très rapidement sur l’existence du cercle interne de la Société Théosophique, l’Esoteric School of Blavatsky.

Cet ouvrage généraliste a le mérite de nous donner une vision globale de ce mouvement et de rappeler son importante influence spirituelle, culturelle et aussi politique sur des décennies de bouleversements et de crises tant en Orient qu’en Occident. Il est aussi une contribution à la connaissance des relations complexes entre les animateurs de la scène ésotérique occidentale. Qui plus est, l’ouvrage est doté d’un superbe et conséquent cahier iconographique présentant quelques raretés.

Entretien avec l’auteur sur le site des Editions Arqa :

https://editions-arqa.com/2021/07/12/entretien-avec-jean-iozia-la-societe-theosophique-ses-rites-ses-fondateurs-son-histoire-2/

Site de l’auteur :

https://www.jeaniozia.com/

Source: La lettre du crocodile

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