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Sous le sceau templier. Chronologie de 1095 à nos jours de François Maurice Suard

Le livre de François Maurice Suard soutient l’hypothèse d’un héritage templier, au moins spirituel, au sein de la Franc-maçonnerie, particulièrement dans le cadre de la Stricte Observance Templière, à laquelle l’auteur rend hommage, et du Régime Ecossais Rectifié de Jean-Baptiste Willermoz, dont l’histoire est pour une part commune avec celle de la SOT.

Cette chronologie se présente en trois parties. La première partie rend compte de l’histoire de l’Ordre du temple de 1095 à la Grande Maîtrise tragique de Jacques de Molay en 1314, date de la disparition officielle de l’Ordre mais non de la fin des Templiers, fort nombreux à l’époque en une grande partie de l’Europe.

La deuxième partie, de 1314 à 1751, évoque les prolongements réels ou hypothétiques de l’Ordre du Temple et surtout de l’action de certains de ses membres.

La troisième partie de 1751 à nos jours présente l’édification et la survie de la Stricte Observance Templière.

La première partie replace les faits importants de l’histoire de l’Ordre du Temple dans les contextes historiques, économiques et religieux qu’il traversa, marqués par les différentes Croisades en Terre Sainte. Nous découvrons les principales étapes du lent processus qui aboutit à la fondation de l’Ordre du Temple à partir d’une milice. 1128 est la date de création officielle de l’Ordre par Bernard de Clairvaux mais l’Ordre existait auparavant.

L’Ordre ne cessera par la suite de s’étendre pour devenir une puissance financière et économique multinationale, attirant aussi les convoitises.

A partir de 1314, les Templiers seront autorisés à rejoindre d’autres ordres chevaleresques. Il est particulièrement difficile de les suivre alors d’autant que mythes et légendes n’ont cessé de brouiller les pistes. Si la situation de l’Ordre du Christ au Portugal est claire, celle des ramifications éventuelles en Ecosse est plus confuse. C’est à celles-ci que vont prétendre se rattacher cependant certains courants maçonniques peut-être à travers des lignées familiales.

En 1742, Karl von Hund est reçu Franc-maçon. C’est le début de l’histoire de la Stricte Observance Templière : « En 1742, précise l’auteur, il prend contact avec des francs-maçons à Paris, où les loges se veulent une continuation de l’Ordre des Chevaliers du temple. Il est ainsi promu Chevalier du Temple, puis admis par Lord Kilmarnock, Grand Maître des maçons d'Ecosse, dans l’Ordre du Temple proprement dit. Avec Heinrich von Marschall, von Hund constitue alors une fédération de loges : la Stricte Observance. Sous son impulsion, naissent aussi plusieurs loges de ce type à Dresde, Leipzig, Altenberg, Sachsenfeld, Naumburg. Il rattache même la loge mère de Berlin : Aux Trois Globes ! »

Mais la date déterminante pour la SOT est 1751 avec le décès de W. Marshall et la nomination de von Hund à la tête de la VIIème Province. Il va écrire les rituels et mettre en place véritablement l’Ordre dans le contexte de guerre entre les deux familles des Stuart et de Hanovre. C’est une histoire complexe et encore à venir. De nouvelles recherches apporteront de nouveaux éclairages. La dernière partie propose des repères jusqu’à nos jours et rend compte en 1782 de l’affirmation du Régime Ecossais Rectifié par J.B. Willermoz et son renoncement à toute prétention de filiation avec l’Ordre du Temple. Cela marque la séparation entre RER et SOT.

L’ouvrage n’est pas exempt d’erreurs ou d’approximations, par exemple Louis-Claude de Saint-Martin n’est pas à l’origine du Rite Ecossais Rectifié comme écrit en page 196. Toutefois, ce travail, considérable, a le mérite de donner une perspective à l’idée templière plutôt que des arguments pour de prétendues filiations dont, si elles existaient, il resterait à démontrer l’intérêt.