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Mourir pour renaître au travers des grades maçonniques de Claude Darche

En entrant au sein de la Franc-maçonnerie, le récipiendaire commence, plus ou moins consciemment un long dialogue avec la mort dans un monde qui tend de plus en plus à éviter ou à nier cette dimension essentielle de la vie.

« La « grande » mort consistera, selon Claude Darche, à mourir au profane pour entrer dans le sacré, pour sortir du monde des apparences et aller vers le monde réel, celui que notre regard pourra enfin saisir parce qu’il sera délivré de sa gangue, de sa boue, de ce qu’il veut voir et non de ce qui est.

J’ose dire qu’en maçonnerie, au travers de tous les grades qui vont de l’apprenti aux grades les plus élevés, des grades que, pour ma part et quel que soit le rite, j’appelle grades de sagesse, la mort devient synonyme d’élévation spirituelle. Ainsi le maçon, devrait-il être, mieux que d’autres, préparé à la mort et donc à la vie. »

Rappelant l’université et le sens des rites mortuaires, Claude Darche analyse la structure de la mort initiatique telle qu’elle se présente dans le cadre maçonnique et ceci dès le cabinet de réflexion avec ses symboles si particuliers : le coq, les sentences, le quignon de pain sec et l’eau, le crâne, le sablier, le miroir, la bougie, les flacons, l’encens… évocation de la mort du vieil homme.

Une partie de l’ouvrage est construite autour du rapport à la mort dans les grades de Maître secret, Chevalier Rose-Croix, Chevalier Kadosh, qui après la mort d’Hiram développe le thème dans de nouvelles dimensions, dépassement, amour, justice, notamment.

L’acceptation de ce qui se présente, l’orientation vers l’esprit, sont au cœur d’une démarche qui ne nie pas la part d’ombre de l’être humain comme le met en scène le Chevalier Kadosh :

« La référence à la part sombre n’est pas innocente et va bien au-delà de l’opposition symbolique binaire du bien et du mal. Cette référence conduit à considérer une sorte de voie moyenne qui procède de la complémentarité dynamique d’opposés et de contraires : l’ombre et la lumière. C’est dans cette voie moyenne qu’il faut voir l’humanité en devenir spirituel et, en opposition, la part sombre dont le sujet est porteur quand il construit son propre parcours initiatique, existentiel et spirituel. »

Claude Darche démontre comment cette voie moyenne se devine dès le cabinet de réflexion pour se déployer dans les symboles, on pense au pavé mosaïque, dans le mythe d’Hiram puis dans les mythèmes des hauts grades.

« Au 28° grade, remarque-t-elle, le chevalier du soleil se libère de ses dernières illusions, par un retour aux lois de la nature, là où « le mal et ses manifestations font partie de l’harmonie universelle » et ou « toute harmonie se renouvelle sans cesse par le jeu des forces contraires ». (…)

Il faut bien se résoudre à voir le monde et les hommes tels qu’ils sont. » C’est de ce point de vue que le choix lucide et pleinement conscient de l’impeccabilité peut être fait.