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Regards sur les Temples de la Franc-Maçonnerie de Camille Savoire

Camille Savoire (1869-1951) est une personnalité essentielle du Régime Ecossais Rectifié au XXème siècle. Quelque peu oublié, il méritait cette réédition très commentée alors que nous fêtons le 80ème anniversaire du « réveil » du R.E.R. en France qui s’opéra en mars 1935 par la constitution du Grand Directoire des Gaules, après un premier « réveil » avorté en 1911 dans le cadre du Grand Orient de France.

Dans une préface très étayée, Jean-Marc Vivenza retrace la carrière étonnante de Camille Savoire et rappelle la complexité des contextes, historique et maçonnique qui, tantôt empêchèrent tantôt favorisèrent le réveil français du R.E.R..

Ce sont plusieurs décennies de la dynamique de la scène initiatique et ésotérique française mais aussi européenne que synthétise Jean-Marc Vivenza. L’analyse qu’il en fait permet de comprendre pourquoi le Régime Ecossais Rectifié est incompatible avec le régime obédientiel comme le démontrent les difficultés récurrentes rencontrées par le R.E.R. quand il s’inscrit dans une obédience comme un rite parmi les autres. Outre les mouvements maçonniques, le lecteur croisera dans ces pages les mouvements martinistes, rosicruciens, la résurgence de l’Ordre des Chevaliers Maçons Elus Coëns de l’Univers, le développement du magnétisme ou de la parapsychologie et des organisations moins connues et aux activités plus souterraines comme l’Alpha Galates.

Si certains personnages de cette longue et foisonnante période nous sont connus, d’autres comme Georges Monti ou le Père Emile Hoffet restent ignorés alors que leurs influences respectives furent déterminantes. Jean-Marc Vivenza voit dans le livre de Camille Savoire, qui n’avait jamais été réédité depuis 1935, « un ouvrage d’actualité initiatique ».

En effet si certains textes sont marqués par leur époque et par l’évolution de l’auteur vers un spiritualisme de plus en plus marqué, d’autres portent sur les fondements de la démarche maçonnique avec en particulier un essai de définition de « l’esprit maçonnique » qui anticipe le développement d’une véritable doctrine initiatique maçonnique telle qu’elle s’incarne au sein du Régime Ecossais Rectifié.

En quête d’un « Criterium de Vérité dans les divers domaines de la Pensée », Camille Savoire en appelle à une remise en cause permanente de nos certitudes pour atteindre une sagesse nourrie de toutes les traditions et de tous les enseignements des initiés passés. Camille Savoire pose aussi les principes d’une éthique maçonnique qu’il veut sans faille et qui fait grandement défaut à notre époque par exemple quand il rappelle ce qu’est la vraie laïcité telle que la définissait Ernest Lavisse.

A travers ses propos, qu’ils soient de nature sociétale ou initiatique, Camille Savoire défend invariablement la liberté.

« L’Esprit Maçonnique, rappelle Camille Savoire, fait de celui qu’il anime le fervent admirateur et le prosélyte du culte d’un idéal consistant à n’admettre d’autre contrôle de ses pensées, de ses actions et de ses sensations, que celui qu’exercent simultanément dans un juste équilibre raison, intelligence et cœur. »