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L'auteur a synthétisé dans ce livre les travaux de plusieurs chercheurs qui se sont intéressés à différentes voies, connues ou moins connues, pratiquées en occident. Inscrit dans le temps présent, l'auteur a voulu une explication claire et rationnelle de la nature véritable de l'art métallurgique en le dégagent de l'épaisse gangue traditionnelle et des jargons qui encombrent habituellement les textes alchimiques.

Loïc Tréhédel rappelle que l'alchimie est opérative, qu'il ne saurait y avoir d'alchimie sans laboratoire, que la prétention à une alchimie spirituelle séparée de la matière est une vue de l'esprit, qu'il convient de se méfier des "ésotérismes", que toute réalité dépend de l'état de conscience dans lequel nous nous trouvons et que par conséquent, la question de la conscience est centrale à la quête alchimique.
"L'important, nous dit-il, est de savoir ce que l'on cherche ? La recette de laboratoire ne nous sera d'aucune utilité si le chercheur ne se connaît guère. Le choix d'une voie ne se fait pas "par commodité" matérielle ou intellectuelle mais doit correspondre aux archétypes qui sont les plus forts en nous. Le mythe du vieux métallurgiste médiéval ou africain nous fait-il vibrer ? En ce cas, nous pourrions fort bien nous diriger vers la voie sèche, celle de la fusion des métaux. La vision du métal liquide incandescent s'écoulant du creuset achèvera de nous convaincre. Le pouvoir mystérieux des acides corrodant les métaux nous -t-il ? Alors, la voie des alkaests est certainement faite pour nous. Le sel de rosée suscite chez beaucoup de chercheurs une intense fascination ; un sel cristallisé comme le salpêtre et fulminant comme lui, fabriqué dans la haute atmosphère par les radiations ionisantes du soleil, n'est-il pas le support magique du feu du ciel avant d'être déposé sur l'herbe des champs par la rosée printanière ? Ma voie qui utilise ce sel est la voie de dissolution des métaux par l'"Esprit astral". Elle est celle des Prométhée au coeur pur voulant infuser l'Esprit céleste dans la race métallique des dragons aptères afin de les libérer de leur condition minérale qui étouffe en eux le germe de l'universel.
N'est-ce pas ainsi que l'on communique avec les dieux ? Comment comprendre autrement qu'avec le coeur les propos des adeptes du temps passé qui connurent tous à un moment donné la fusion intime avec leur propre mythe ? Comment réaliser la Pierre philosophale si la certitude de son existence ne s'est pas d'abord imposée en nous-même ?"

Éditions du Rocher, 6 place Saint-Sulpice, 75006 Paris.

texte: Le Crocodile, http://lettreducrocodile.over-blog.net/