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Le Miroir d’Isis demeure la revue de référence dans le domaine de l’hermétisme. Ce numéro 18 est encore une fois d’une grande richesse et d’une grande rigueur intellectuelle et spirituelle.

Sommaire : Les sept Tarots d’Hermès, C. Beaupère – L’agneau mystique, A. Charpentier – La Terre vivante, R. Arola – Quelques remarques à propos d’Hermès-Idrîs, A.A. – La pharmacie divine, D. van de Werve – La Caverne de Makpelah, J.M. d’Ansembourg – La doctrine des Pères de la tradition (5), C. Froidebise – Un étrange voyage, C. de Laveleye – Dialogue Khunrath Cattiaux, C. Rosereau – Petite leçon de méditation, S. Rinpoché, etc.

Nous attirons votre attention sur l’étude très pertinente consacrée à Hermès-Idrîs dont nous reproduisons ici la conclusion, de la plus haute importance :
« … les prophètes, depuis Adam en passant par Seth et Idrîs, sont les transmetteurs effectifs d’un dépôt bien réel reçu par l’humanité depuis l’aube des temps et destiné à demeurer au centre de l’état humain jusqu’à la consommation de ceux-ci. Il résulte de ce que nous avons vu au cours de cette étude, et notamment d’indications données par le Cheikh al-Akbar, que le prophète Idrîs – sur lui la Paix – est celui qui s’identifie plus particulièrement avec ce centre et qu’il joue donc, depuis le ciel du Soleil où il réside, le rôle de Pôle de l’état humain. Il apparaît ainsi avec la plus grande clarté que la tradition islamique, si elle assimile Hermès à Idrîs, considère ce dernier comme représentant bien davantage que le « recteur » de la tradition hermétique au sens strict et conventionnel du terme. Le fait même qu’elle parle d’un Hermès antédiluvien montre bien qu’il ne s’agit plus de l’hermétisme entendu comme « tradition d’origine égyptienne, revêtue par la suite d’une forme hellénisée, sans doute à l’époque alexandrine, et transmise sous cette forme, au moyen âge, à la fois au monde islamique et au monde chrétien, et, ajouterons-nous, au second en grande partie par l’intermédiaire du premier » ; si cet hermétisme stricto sensu, qui d’une certaine manière correspond à l’héritage du troisième Hermès, ne constitue pas, comme l’indique René Guénon, une tradition complète en soi, ce que démontre le simple fait qu’il a pu s’intégrer à des traditions différentes, la révélation rapportée par Hermès-Idrîs apparaît quant à elle comme un pur rameau de la tradition pérenne, conservé depuis des temps antédiluviens dans des centres spirituels qui en ont toujours sauvegardé l’essentiel pour les générations ultérieures. La continuité sous-entendue par l’utilisation du même nom « sacré » d’Hermès pour désigner des fonctions similaires qui se sont exercées à des époques différentes est quant à elle, croyons-nous, l’indication du fait que l’alchimie, science « hermétique » par excellence, tire une légitimité pleine et entière de sa révélation en mode prophétique, et constitue donc bien à l’inverse, pour ceux qui sont en quête, une voie d’accès à la « Lumière sortant par soi-même des ténèbres » ou, selon l’expression du Philalèthe, une « entrée ouverte au palais fermé du Roi ».
Autre contribution remarquée, celle de Clément Rosereau qui étudie en miroir Le Message Retrouvé de Louis Cattiaux et le célèbre Amphithéâtre de l’Eternelle Sapience d’Heinrich Kunrath.
« Nous avons l’impression, nous dit-il, que le même souffle, que la même inspiration, bien au-delà d’un certain hermétisme chrétien, celle de la Science Eternelle, anime les deux textes, qui eux-mêmes font écho aux Saintes Ecritures. »
Après avoir rendu compte de quelques rapprochements possibles, parmi d’autres, il conclut tout en nous invitant à relire Kunrath :
« … tout ceci, comme la clé de la quête, pourrait se résumer par la parole que le Seigneur prononce à Abraham : « lekh lekha », « marche vers toi », « va vers toi », va vers ton centre, tel est le vrai chemin, la voie du salut. »


Le Miroir d’Isis
Clément Rosereau
54 bis rue d’Angleterre
59870 Merchiennes
France