L'art social et le travail biographique selon Rudolph Steiner

Calmement, simplement, dans un débit clair, Michel Joseph nous évoque l’anthroposophie (la science de l’esprit) de Rudolph Steiner.
Il souligne l’importance, pour l’homme, de son développement tant intérieur qu’ extérieur, conscient qu’il est inscrit dans l’univers en interaction non seulement avec les autres humains mais aussi avec les règnes animal, végétal et minéral.

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42:07
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"La vie a un sens que nous nous sommes donné antérieurement à notre incarnation car, au-delà de l’ego, au-delà de la personnalité, il existe une individualité psychique permanente" nous dit Michel Joseph. Ainsi, nous vivons sur différents plans de conscience dont celui du sommeil et du rêve (sur lequel l’orateur s’étend longuement), celui de la pensée consciente, celui des émotions, etc.

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L’ "art social" qui découle de toutes nos individualités comprend trois éléments que le conférencier développe progressivement :
- le travail en groupe (écoute active et méditative) ;
- le travail conscient sur sa biographie (différenciant l’espace psychique de l’espace physique) ;
- l’astrosophie qui permet l’approche des correspondances.

Pendant la dernière partie de son intervention, Michel Joseph va communiquer l’esprit des écoles créées selon la pensée de Steiner. Celui-ci s’appuie sur des cycles numériques, essentiellement de sept ans, mettant en exergue l’évolution de l’être humain entre la naissance et l’âge de 63 ans. Les trois corps (physique, éthérique et psychique) se développent jusqu’à 21 ans, puis l’âme jusqu’à 42 ans, et enfin l’esprit jusqu’à 63 ans, âge où l’apprentissage est achevé.

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L’orateur conclura sur le fait que notre vocation à chacun est de faire apparaître le Soi.

Il semble que Michel Joseph y parvienne, si l’on suit attentivement ses paroles dans cet exposé de 43 minutes…

Extrait de la vidéo

Quel est l'intérêt de l'esprit dans l'humanité ? Bonjour. Dans la suite des entretiens sur l'anthroposophie de Rudolf Steiner, qui est un chemin de connaissance pour relier l'esprit qui est dans l'homme à l'esprit qui est dans l'univers, je voudrais aborder aujourd'hui la question du développement individuel d'une part, donc le développement intérieur individuel, mais aussi le développement extérieur, c'est-à-dire comment cette science de l'esprit, comme Steiner l'a appelée, cette anthroposophie, peut être appliquée dans la vie extérieure, la vie ordinaire.

L'idée centrale de Rudolf Steiner, c'est que nous vivons de part le monde moderne, dans notre profession, au niveau de nos relations, au niveau biographique, est très importante selon la manière dont on le prend, c'est-à-dire, évidemment, chacun de nous, par expérience, le sait, les épreuves ne manquent pas dans la vie, les difficultés et les échecs, etc. Alors, on peut prendre cela d'une manière passive ou active, et en fait, l'anthroposophie est une manière de considérer les choses autrement, par exemple, le fait que les épreuves sont là aussi pour nous apprendre certaines choses.

Dans l'optique de l'anthroposophie, de la science de l'esprit, nous sommes sur Terre, en fait, non pas par un effet du hasard, mais chacun de nous a préparé ce qui devait devenir sa biographie avant de venir sur Terre, c'est-à-dire, il y a donc une pré-existence de la personne, de l'individualité, qui va se cristalliser peu à peu sur le plan terrestre, et notre biographie, finalement, c'est le geste de ce que nous avons décidé avant de venir sur Terre, que nous avons choisi nous-mêmes.

Donc, si vous voulez, notre vie, notre destinée, comme on l'appelle parfois, n'est pas due à une instance différente, une instance divine, par exemple, ou universelle nécessaire, c'est en fait nous-mêmes qui avons voulu cela. Alors, je vais avoir à distinguer, justement, de quel nous-mêmes il s'agit, parce qu'il ne s'agit évidemment pas de l'ego, mais plutôt de l'individualité supérieure que chacun a en nous.

Alors ça, c'est une des grandes questions dans l'art social, comme Rudolf Steiner l'a appelé, la grande question de distinguer l'ego de l'individualité. L'ego, c'est-à-dire la personnalité ordinaire, avec ses qualités et ses défauts, l'ego disparaît à la mort, se dissout, disons, dans la sphère psychique universelle qui est autour de la Terre, on pourrait dire. Ce qui subsiste, c'est toute autre chose que cette personnalité particulière que l'on a dans la vie.

Et donc, dans le travail d'art social, l'importance, c'est justement de relier la véritable individualité à l'ego, à la personnalité telle qu'elle s'incarne dans les choses de la vie, pour découvrir quelle est en fait la véritable mission ou le véritable objectif inconscient que chacun de nous essaye de réaliser en étant sur Terre. Et ça, ce n'est pas une question facile, puisque c'est complètement différent d'une personne à l'autre, et que par ailleurs, pour bien percevoir de quoi il s'agit, il faut faire la différence entre ce qui est du domaine, disons, du passager, de ce qui ne dure pas, des choses qui meurent et se transforment ensuite.

Il faut distinguer donc entre ce côté-là et le côté permanent, la permanence de l'être. Finalement, derrière chaque personnalité, derrière chaque ego, quel est l'être permanent qui est là ? Et pour cela, l'anthropologie considère comme très important de bien distinguer les différents plans de conscience. Par exemple, à l'état d'éveil, nous avons un certain état de conscience qu'on appelle éveillé.

Ça veut dire que notre conscience est surtout concentrée dans notre tête, donc la tête étant le pôle neurosensoriel, le pôle de conscience. Dans ce pôle neurosensoriel, on a un certain type de connaissance qui est la connaissance pensante. C'est pourquoi Rudolf Steiner part toujours de cette conscience pensante. Il ne part pas de sentiments, de pulsions inconscientes, il part toujours du conscient pour aller vers l'inconscient.

Dans l'étude biographique, on va essayer par conséquent de voir qu'est-ce qui se transforme de cette vie consciente. Pendant le sommeil, là on a un autre type de conscience, on pourrait dire la conscience qui caractérise le sommeil. Elle est à trois niveaux différents. D'abord le niveau du rêve qui est intermédiaire entre la veille et le sommeil, parce que l'état de rêve se produit surtout dans ces moments particuliers où soit on s'endort, soit on se réveille.

Pendant la nuit, il y a énormément de moments où on tend à se réveiller et aussi à se rendormir. Donc il y a beaucoup de rêves qui surviennent pendant la nuit, mais généralement on ne conserve consciemment que ceux de l'endormissement et ceux du réveil définitif. Avec un peu d'expérience, on arrive aussi à devenir plus attentif à ce qui se passe pendant la nuit. La pensée se pense perpétuellement en fait, on pourrait dire cela.

Même quand nous croyons ne pas penser, en fait la pensée continue de vibrer en nous, continue de se manifester. C'est une activité constante, un peu comme l'activité du soleil qui rayonne à chaque instant. Donc la lumière qui émane du soleil est un peu semblable, on pourrait dire, à la pensée qui émane de nous à chaque instant. Et même chez le petit enfant, par exemple, avant l'âge de 3 ans, cette pensée est déjà présente, sauf qu'elle n'est pas encore consciente.

Donc vous voyez, on pourrait dire la pensée avant 3 ans, la pensée qui se manifeste d'un enfant, un nourrisson par exemple, elle est de même nature que celle qui se manifeste en nous pendant le sommeil ou pendant l'état de rêve. On peut même aller plus loin et dire que cette pensée est présente aussi dans les autres règnes naturels,

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