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Massimo Introvigne poursuit son analyse critique de notre société à travers un point qui fut soulevé lors des débats franco-français sur les sectes, la question de la manipulation mentale, voire du lavage de cerveau, métaphore riche en présupposés et en préjugés, qui n'est pas très éloignée d'un autre serpent de mer, celui du complot.

Cette réflexion sur la question de la manipulation mentale et du lavage de cerveau est fondamentale. Elle oblige toute personne soucieuse d'une pensée véritable plutôt que d'une opinion conditionnée à poser la question, plus large, plus essentielle, de l'autonomie. L'éducation, la culture, les médias, la politique que nous connaissons et partageons de fait aujourd'hui contribuent-ils à faire de la personne un sujet autonome, capable de discrimination, de choix, un sujet libre ? Où commence l'aliénation ? Si la pathologie naît de toute atteinte à notre liberté, nos sociétés apparaissent comme particulièrement aliénantes. Quand ceux-là mêmes qui disent vouloir protéger les plus démunis montrent des raisonnements réducteurs, des comportements sectaires, sont porteurs d'exclusion, quelle crédibilité peuvent-ils revendiquer ?
Cette question de la manipulation, déjà posée de façon brillante, avant le second conflit mondial, par Tchakhotine, déborde largement le problème, si problème il y a, que posent les Nouveaux Mouvements Religieux, elle remet en cause les fondements mécanistes de notre société, de notre éducation, de notre culture.