Le Yoga du rêve tibétain : entre expansion de conscience et dynamisation des énergies
Le rêve : une source d’illusions ou d’enseignements ? Nombre de voies initiatiques exhortent leurs disciples à éviter de vivre en « pilotage automatique » : un mode de vie réflexif basé sur des habitudes et schémas répétitifs où la conscience s’atténue et nos sens perceptifs sombrent dans une léthargie assez contraire à ce que l’on nomme « l’éveil ». Ou, plus simplement l'attention, l'observation.
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Certains moines bouddhistes bön (le bön c’est un chamanisme antérieur, et constitutif, du bouddhisme) se sont interrogés il y a 26 siècles de cela : puisque nous passons entre 25 et 30 ans de notre vie à dormir, soit environ 7 ans à rêver : pourquoi ne pas mettre à profit tout ce temps pour entrer en contact avec les maîtres passés afin qu’ils continuent à nous délivrer leurs enseignements. Enrichis, cette fois, de leur expérience d’être à présent sur un autre plan ?


Le Yoga du rêve : l’ancêtre de ce que l’on nomme aujourd’hui le voyage astral. En plus exigeant.
Claude Malo présente dans cet exposé le fruit de sa longue expérience du Yoga du rêve : comment dépasser sa conscience objective, égotique, pour atteindre la conscience subjective d’éveil. Comment transmuter ses rêves samsariques (délirants, dénués de sens) en rêves nirvaniques (significatifs et lucides).
Un chemin vers ce qu’il nomme la Claire Lumière : saisir que l’Esprit qui nous traverse le temps de notre incarnation est Un. Atemporel et universel…
Exposé enregistré à l’IMI Institut Métapsychique International que nous remercions.
Nota Bene : pour celles et ceux qui veulent aller plus loin, voici les ouvrages que Claude Malo recommande : Rêves d’éveil de Charlie Morley (2016, IFS) et le Yoga tibétain du rêve et du sommeil, Tenzin Wangyal Rinpoché (1997, Ed Claire Lumière).
Extrait de la vidéo
Je ne vais pas présenter Claude Malot comme je le fais d'habitude parce qu'il a un parcours d'une telle richesse et d'une telle ampleur que je pense que la seule explication possible est que vous avez eu plusieurs vies pour faire tout ce que vous avez fait. La chose essentielle à savoir pour Claude c'est qu'il a eu contact très tôt dans sa vie, dès l'enfance, dès l'âge de 8-9 ans je crois, contact avec des phénomènes qui vous ont mis sur la voie d'une réflexion et d'une recherche sur ce qu'il pouvait avoir de plus grand, de plus derrière le monde tel qu'on peut le percevoir et c'est ainsi que Claude en est arrivé à étudier le bouddhisme tibétain, il a été fourni par un certain nombre de maîtres dont il me parlera et puis il a exercé quantité d'occupations, de métiers dans sa vie, comme ça de mémoire je me rappelle 6 lirurgistes, directeur d'entreprise, directeur de plusieurs écoles de musique et puis pilote aussi, instructeur de pilotage, bref vous voyez et j'en oublie 90% de l'université et d'autres.
Donc je vous laisse vous présenter plus amplement et puis vous présenter cette conférence. Merci François. Bon François m'avait dit qu'il y aurait 150-200 personnes donc heureusement que tout le monde n'est pas venu parce qu'il y aurait eu une place. Oui alors bonjour donc Claude Malot donc ça vous le savez je pense.
Parler de moi non ça n'a absolument aucune importance je pense contrairement à ce que François a dit finalement, oui j'ai fait plein de choses mais on n'est pas là pour ça aujourd'hui. Il paraît que je dois essayer de vous parler un petit peu du yoga du rêve, tel qu'on le conçoit et tel qu'on le voit dans la tradition bouddhiste tibétaine, dans une des traditions bouddhistes tibétaines parce que même si j'ai eu la chance de rencontrer mon premier maître il y a plus de 45 ans maintenant, je n'ai suivi qu'une seule école.
Il faut savoir, on en reparlera tout à l'heure, que l'intégralité d'enseignement d'une de ces écoles de bouddhisme c'est en général 25 ans d'études, 24 à 25 ans d'études. Donc vous vous doutez bien que déjà une c'est déjà pas mal. Je ne pourrai vous parler que de ce dont je connais. Donc au niveau du format de cet échange que nous allons avoir, alors effectivement je n'aime pas du tout le mot conférence, je ne suis pas un conférencier du tout, je suis quelqu'un qui a passé 45 ans de sa vie en méditation, donc vous vous doutez bien que la parole c'est pas tout à fait mon truc.
Je préfère vous faire mon exposé déjà au départ, et puis on aura un moment d'échange à la fin, c'est à dire que je réserve la fin en fait pour les questions réponses. Donc notez-les bien dans votre tête ou dans un coin ou sur un papier, et puis ensuite on en parlera après, ça aura d'autant plus d'intérêt que les échanges multiples vont permettre d'aller peut-être un peu plus loin dans les réflexions.
Vous avez l'esprit libre ? On peut démarrer ? Combien parmi vous connaissent ou pratiquent le bouddhisme ? C'est juste pour ma culture personnelle.
Alors il y a deux questions dans une, donc qui pratique ? D'accord. De quelle école ? D'accord.
Et qui connaît ? J'ai vu une main se lever tout au fond. Oui d'accord, ok. Je peux vous en parler un petit peu quand même ?
C'est bon, ok. Première des choses, on va commencer, je vais faire un petit préambule sur la façon dont je vois les choses là. La première, une réflexion très bouddhiste que je soumets à votre réflexion. Ce n'est pas Bouddha qui l'a dit, c'est moi, mais je me sers un petit peu de ça.
Donc pensez-y simplement, ça sera pas mal. J'ai envie de vous parler avant qu'on commence à rentrer dans le sujet, avant qu'on commence à aborder un petit peu le sommaire de tout ça. J'aime bien rappeler la façon dont Bouddha voyait les choses quant aux enseignements. D'accord ?
Les enseignements de Bouddha, on va voir tout à l'heure, très rapidement, je ne vais pas vous noyer sous l'histoire du bouddhisme, mais on en reparlera un petit peu. Est-ce que certains d'entre vous connaissent la métaphore des quatre bols de l'enseignement bouddhiste ? Non ? D'accord, on va en parler un petit peu.
Alors oui, on a quelqu'un, là, Bossuet, qui disait, je vous ai laissé lire, que la pire aberration de l'être humain, c'est de voir les choses comme il souhaite qu'elles soient, non pas comme elles se présentent. Là déjà, on va avoir un gros rapport à ce qui pose quand même pas mal de problèmes à l'humanité, qui a toujours posé problème à l'humanité, qui pose encore problème aujourd'hui, notre ennemi, notre pire ennemi, que l'on essaie de combattre lorsqu'on est bouddhiste, et qu'on devrait combattre si on n'est pas bouddhiste, qui est l'ego.
Voilà, donc notre ego, on va en parler longuement, pendant deux heures, parce qu'effectivement, c'est lui qui est notre principal ennemi lorsqu'on devient méditant. La théorie des quatre bols, tiens, je vous en parlais, on prend deux minutes pour en parler, vous allez voir, c'est intéressant, pas forcément que pour cet enseignement-là, mais dans tout ce qu'on prend dans la vie. Pourquoi ? Parce que c'est le fonctionnement un petit peu de l'esprit humain.
En fait, Bouddha disait qu'un enseignement pouvait être pris selon quatre ouvertures d'esprit différentes. La première, au niveau des bols, c'est que votre esprit soit aujourd'hui comme un bol renversé. Ça veut dire quoi ? Ça veut dire que tout ce que je vais essayer de vous donner comme renseignement, pas un enseignement, j'en suis pas là, mais comme renseignement aujourd'hui sur le bouddhisme, va couler comme sur un bol qui est renversé.
Donc finalement, vous allez sortir de là et vous allez dire, mais qu'est-ce qu'il nous a raconté celui-là ? On ne sait plus rien. D'accord ? Donc, bien évidemment, ce n'est pas une attitude à avoir quand on veut avoir un enseignement ou un renseignement.
La deuxième, notre bol est bien retourné, mais le bol est retourné, mais il est percé. Ça aussi, c'est une attitude d'esprit qu'on a bien souvent. C'est-à-dire qu'on va recevoir plein de choses et puis finalement, vous allez sortir de cette salle, vous allez dire, c'était quand même pas mal. Et puis demain matin, vous ne vous souviendrez plus de rien.
Le bol percé, donc ça aussi, ça nous arrive très souvent, surtout maintenant avec le côté compulsif qu'on a de zapping dans toutes les informations qu'on peut prendre à gauche et à droite, quelque chose qui est important. J'en arrive au troisième, qui est la théorie du troisième bol, en fait, qui est ce qui est considéré par les bouddhistes comme la chose la plus ennuyante qu'il peut y avoir aujourd'hui, qui pose le plus de problèmes.
C'est toujours notre bol dans le bon sens. Il n'est plus percé. Ah chouette, bonne nouvelle. Sauf que mon bol, il est sale.
Il est sale de quoi, mon bol ? Simplement de préjugé. C'est-à-dire qu'on vient, on est tous pareil, on vient à une conférence, on vient à un enseignement, on vient, on lit un livre, on reçoit des informations. Finalement, on vient à un préjugé.
Tout ce qu'il me dit là, je le connais, je le sais déjà depuis bien longtemps. Il ne va pas m'apprendre grand-chose aujourd'hui, j'en sais sûrement beaucoup plus que lui. Voilà. Donc ça, ça arrive un petit peu dans tous les domaines.
Oui, certes, c'est fort possible que beaucoup ici en sachent bien plus que moi. Mais le problème, il n'est pas là. Bouddha disait toujours, la maxime, je pense que ceux qui s'intéressent au bouddhisme la connaissent, c'est une des plus importantes. Lui disait, ne croyez surtout pas en ce que je vous dis.
Écoutez-le, réfléchissez-y, méditez-le, et à la fin, vous verrez si, avec vos propres connaissances, vous pouvez en faire un amalgame et augmenter votre propre conscience. Si vous pensez que cela vous a apporté quelque chose, considérez-le comme vrai. Si vous pensez que ça ne vous a rien apporté, considérez que ce n'était pas la vérité, oubliez-le. Voilà.
C'est un petit peu cette attitude-là qu'on doit avoir. Donc effectivement, on en parlera bien après si ça parle à certains. Mais on évite les préjugés, et puis on verra après. Par contre, si certaines personnes peuvent, dans le débat à la fin,