«La Vieille», incarnation de l’esprit des moissons

Déméter, Cybèle, Cérès, Coré-Perséphone : les déesses gréco-romaines représentant les « Gardiennes des Savoirs » et « Déesses-Mères » régissaient il y a deux mille ans l’alternance des saisons, moissons et récoltes. Trois éléments clés, fondamentaux mêmes, pour toute civilisation dont la ressource principale vient de la Terre. Mais qu’en est-il pour les régions d’Europe qui n’ont pas, ou peu, connu d’influence gréco-romaine ? Ni, jamais, croisé aucun centurion romain ?

Pour visionner ce film ajoutez le au panier ou
abonnez-vous pour un accès à tout le catalogue !
20:36
Je m'abonne
À partir de 12 € / mois
15 €
Achat en VOD / 15 €

Pour Jean Fossard : « La Vieille, c’est la Grande Mère (Magna Mater) des peuples païens ! ». Un sujet peu connu, qu’il étudie depuis plus de 25 ans.

fossard vieille 1fossard vieille 2

Evoquée par Ovide ou Hésiode dans l’antiquité, on la retrouve en France au siècle dernier sous la plume du très inspiré, Frédéric Mistral…

Ainsi, à partir de ses propres recherches de terrains, et s’inspirant des travaux de l’anthropologue écossais James George Frazer (1854-1941) - c’est à lui que l’on doit les premières études sur les liens entre « Rites » et « Mythes », la création d’une première anthropologie religieuse ainsi que d’un premier essai de mythologie comparée - Jean Fossard nous emmène ici dans un voyage tant géographique, ethnobotanique que légendaire sur les traces de ce temps ancien.
Ancien… mais pas révolu ! « Même en Lozère, où je réside, on trouve encore dans certaines fermes abandonnées des gerbes en paille la Vieille ! » nous dit-il, avec une énergie germinatrice. Un feu qui nous renvoie directement au principe premier : l’Archè que l’on retrouve de nos jours dans des termes tels que : archaïsme, archéologie ou archétype.

Ainsi l’Irlande, la Bretagne, le Hallstatt, la Sicile, le Maghreb, le Tadjikistan, et même la Perse seront parcourus : « La Vieille » s’y matérialisant sous différentes formes, mais principalement comme la « dernière botte » d’une récolte d’un champ (blé, orge, maïs, etc).
Un principe « dernier » qui tantôt retournera en terre, afin de laisser passer l’hiver puis revenir en « premier », ou bien sera érigé en fétiche dans les maisons, comme une sorte d’ « ex-voto » païen.

Parfois maléfique ou bénéfique, bénéficiant d’appellations tantôt poétiques (Arc-en-ciel = collier de la Vieille) ou paillardes (« Cul », « Poils », « Pet », rappelant notre bien-aimé Rabelais), Jean Fossard nous emmène ici en images dans ce monde oublié.

Au-delà du folklore et des images d’Epinal, souvent interprétées de manière quelque peu condescendante, conséquence d’un état d’esprit beaucoup plus conditionné qu’il ne le pense, souhaitez-vous découvrir les soubassements civilisationnels, voire préhistoriques, de nos ainés ?

Sans nul doute, ces rites et mythes sont porteurs d’un sens, d’une sagesse unissant Terre et Cosmos, dont notre civilisation aurait plus que jamais besoin…
Un exposé enregistré lors du 41ème congrès de la Société de Mythologie Française « La mythologie des plantes » que nous remercions.

Image du Player : Salvador Dali, réminiscence de l'Angelus de Millet

Haut