Actualité des Futûhât

« Si Ibn Arabî n’existait pas il faudrait l’inventer !» nous dit James Morris, sur le ton de l’ironie. En complément des autres interventions du colloque des « Jeudis de l’IMA », James Morris s’attache à nous décrire ici  non pas la doctrine développée par Ibn Arabî, mais bien une méthode de réalisation spirituelle.

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Celle-ci, intemporelle et actuelle rejoint l’imagination créatrice développée par Henri Corbin  et permet d’appréhender sous un angle nouveau toute la mystique européenne du Moyen-âge. Cette « méthode » des Futûhât peut être représentée sous la forme d’un triangle équilatéral. L’un des côtés représente l’aspect traditionnel au sens large (incluant la mystique, les sciences rationnelles et la culture de l’époque). Le second angle est caractérisé par l’intellect - non pas seulement l’intellect de la logique ou de la philosophie - mais bien l’intellect qui pousse à l’engagement spirituel. 

Et le troisième angle est celui de l’expérience personnelle, de l’illumination, de la pratique de la méditation. Ce troisième versant permet de s’approcher du « chiffrement de Dieu ».

Selon J Morris, on ne peut pas « lire » Ibn Arabî, la passivité n’est pas de mise : c’est une invitation à  la méditation, et selon l’approche de chacun, l’un des trois versant sera successivement exploré. Les Futûhât sont une science actuelle qui permet de comprendre l’élaboration de toute tradition religieuse, grille d’une vraie lecture à l’heure de notre ère digitale.

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Extrait de la vidéo

J'aimerais commencer par remercier d'abord les organisateurs et M. Alassé et M. Pellaud, et puis mes collègues qui viennent de parler.

Et surtout, je voudrais remercier tous ceux qui sont venus pour cette longue conférence, parce que vraiment c'est le preuve que la patience est vraiment belle dans tout l'Institut des sciences.

En même temps, je veux mes excuses pour les Français qui vont suivre.

C'est la première fois que je fais une conférence, une visioconférence comme ça.

J'essaierai de résumer très vite et très simplement les quatre points.

C'est l'actualité, les coups de rat, pas seulement de l'Arabie, mais des coups de rat.

Et pour commencer, je voudrais dire que l'essentiel des coups de rat réside dans les méthodes.

Je ne veux pas critiquer d'aucune façon ce qui vient d'être dit sur les doctrines spécifiques de l'Arabie, mais je crois que l'actualité, surtout l'intérêt de l'Arabie et de nos jours, réside dans cette méthode qui s'appelle le Tarkik.

Et je vais mettre avec mes... si c'est possible, ça devrait être un triangle équilatéral avec trois côtés, il faut imaginer un peu, puisque je ne vois pas à ce que le triangle se rapporte.

Mais chaque côté de ce triangle représente un aspect assez différent du langage et de l'approche de l'Arabie.

Disons que, de façon abrégée pour le passé, on s'appelait ces trois côtés de cette méthode Tarkik, le Haq, le Naq et le Qach. Je vais expliquer un peu dans les termes de nos jours.

Le Naq, ce côté-là, c'est l'aspect traditionnel, l'aspect religieux dans le sens le plus large.

Ce qu'une Arabie s'appelle le Sharqaq, ce n'est pas simplement le Coran et le Tarkik et les sciences religieuses, mais c'est aussi la langue arabe, la tradition d'Amystique, la tradition de pratique religieuse, y compris le Dostoevsk, et aussi beaucoup des sciences rationnelles de l'époque.

C'est ce côté-là qui rend tellement difficile l'attache culturelle de l'Arabie, parce que ce contexte culturel était très bien connu pour les gens de l'époque, des lecteurs érudits de son jour, mais d'autres gens que vous connaissez ici sont aussi des caricatures, on sait à quel point c'est difficile simplement de remettre à jour ces bases, ces sous-entendus culturels de l'explication de l'Arabie.

Le deuxième côté de ce triangle, c'est que l'intellect est dans le sens le plus large, ce n'est pas simplement la philosophie et l'intellect logique, mais aussi l'intelligence spirituelle, c'est-à-dire l'engagement de l'intellect humain avec les autres côtés de la tradition religieuse et l'expérience spirituelle.

Et le troisième côté, le troisième approche, l'élément de cette méthode de tactique, c'est le cache, c'est l'évaluant, c'est l'expérience, pas forcément mystique, mais l'expérience personnelle qui est, de point de vue coranique, toute autre expérience et illumination en principe, et on pourrait dire même que tous les Kutuha sont simplement une longue, longue, très longue commentaire sur les fameux versets du Coran, nous leur montrons leurs signes sur les horizons et dans nos âmes, et dans nos âmes, jusqu'à ce qu'ils comprennent que, oui, la sensibilité est vraiment le réel.

Donc, ce processus de tactique ou de méditation de la vérité, méditation est nature, et simplement, on pourrait l'appeler simplement le déchiffrement des signes de Dieu, à la fois intérieur à chaque personne, et à la fois sur les horizons dans tous les domaines de la vie humaine.

Et, je voudrais, deuxième chose que je voulais dire, à partir de cette méthode spécifique de l'Arabie, c'est qu'on ne peut simplement lire l'Arabie, on est obligé de méditer et de relire et de lire, c'est une étude de méditation, et là aussi, c'est vraiment un apprentissage, en disant que le Coran, c'est un apprentissage à la recherche spirituelle dans tout les domaines de la vie.

Et là aussi, l'Arabie a construit son livre de telle façon qu'on peut très bien, très facilement, oublier ou la sauter l'un des trois côtés de cette méthode, mais en le sautant, on est tout de suite ennuyé, ennuyé, on trouve ennui, c'est boring, on vient en anglais.

C'est-à-dire qu'il faut vraiment toujours garder l'esprit ces trois côtés de chaque ligne, de chaque page de l'Arabie, et en le faisant, ça devient vraiment un processus de découverte, de méditation.

Et, au sens de ce triangle, je veux dire, ce qui se trouve là-bas, en effet, c'est le Al.

Donc, pas seulement dans le sens ethno-européen, le cœur, le regard affectif, mais le Al, dans le sens coranique, c'est le lieu de l'apparition des signes divines dans tous ses côtés.

C'est l'intelligence aussi bien que le cœur.

Mais c'est le cas, et de l'autre côté, c'est le lieu des manifestations de Wadaïa, de toute la proximité divine, et toutes ses conséquences et ses effets.

Comment ça marche, comment ce langage très particulier se passe au niveau de la nature, au niveau de l'expérience, c'est quelque chose que j'espère que tout le monde peut suivre en lisant l'introduction de M. Benon.

Mais l'actualité de l'Arabie, et comme c'est la deuxième fois qu'il y a assez de ce que je voulais dire, l'actualité de l'Arabie va être vécue différemment selon le côté de l'approche de la personne.

Maintenant, par exemple, on peut vraiment, puisqu'il y a trois éléments, et les combinaisons et les manifestations de ces différents éléments, de méthodes d'approche de l'Arabie, ça devient très compliqué, mais je me garderais sur trois choses, les trois aspects d'actualité scientifique de l'Arabie qui sont très connus.

D'abord, l'aspect de la compréhension de la religion et entre les religions.

Les kothohabs ont fonctionné pendant 5 ou 6 ou 5, même jusqu'à nos jours, 7 dans les judaïsmes soviétiques, comme un moyen de comprendre la convergence de tous les modalités, de tous les différents méthodes de comprendre et de pratiquer l'Islam.

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