Présentation d'Ibn'Arabî

Dans le cadre des "Jeudis de l'Institut du Monde Arabe", Jean Annestay a ouvert le colloque "Ibn'Arabî et les Révélations de la mecque" le jeudi 12 novembre 2009 et présenté la figure exceptionnelle de ce grand érudit, mystique et penseur.

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24:23
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Surnommé le Shaykh al-Akbar, "le plus Grand des Maîtres", Ibn'Arabî (1165-1240) a marqué la culture musulmane et continue d'être la référence majeure des maîtres du soufisme, du Maghreb à l'Extrême-Orient. Son oeuvre immense tant par sa taille que son contenu mêle aussi bien un enseignement ésotérique le plus profond que les prescriptions religieuses les plus fondamentales en passant par des registres aussi variés que l'histoire, la grammaire, la poésie, l'hagiographie, etc.
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Par sa richesse, sa diversité, sa profondeur, son oeuvre compte ainsi parmi les plus importantes de l'humanité, bien que, de l'aveu d'Ibn'Arabî lui-même, elle soit tout entière issue du Coran, cet "Océan sans rivage".
Jean Annestay témoigne également du contenu universel de son oeuvre qui dépasse la tradition musulmane pour les traverser toutes et toucher chacun de nous. Cet exposé dure 24 minutes.
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Extrait de la vidéo

Bonjour, nous sommes réunis ce soir pour présenter l'édition d'une traduction des Révélations de la Mecque, aux éditions Entrelacs, faite par Abdallah Penaud. Livre qui, malheureusement, n'est pas encore prêt, suite à un problème d'imprimerie. Il a été listé par les éditions Entrelacs qui appartiennent aux éditions Elba Michel, qui est quand même le deuxième éditeur indépendant après Gallimard. Donc les invités de ce soir sont en premier lieu Abdallah Penaud, qui va nous rejoindre très bientôt, qui est le représentant en France de l'Atari Erika Chalilith du Chir Abounnour Khorshid. C'est l'éditeur également des éditions Ali, traducteur de nombreux traités du soufisme et d'une traduction notamment du Coran qui est assez remarquable. C'est lui qui a traduit les Révélations de la Mecque et qui anime également une Tarika, effectivement, du côté de Lyon. Sont invités également, je les représenterai brièvement avant chaque conférence, Denis Gril, qui est un enseignant et une islamologue connue et qui a traduit certains traités d'Himna Arabi. Également Aladin Bakri qui a eu l'amabilité de se déplacer de Damas et qui est un islamologue spécialiste également d'Himna Arabi. Et enfin James Morris qui a la grande patience d'être, d'une certaine façon, présent depuis déjà une heure et qui va nous attendre jusqu'à la fin puisque c'est le dernier à passer. Et qui est auteur d'un livre, The Reflective Earth, sur l'enseignement d'Himna Arabi, notamment dans les Foutu'at An-Nekir. Moi je vais me charger d'une petite présentation qui ont fait réaliser en l'absence de Claude Hadass, qui n'a plus de soins de ranouf, et qui est l'auteur d'un livre remarquable, Himna Arabi ou La Quête du Souffle Rouge. Présenter en un quart d'heure, vingt minutes, Himna Arabi et son œuvre, c'est une tentative impossible. Il faut dire les choses en face. Je comprends qu'effectivement elle est déclarée parfaite. Qui est Himna Arabi ? Qu'est-ce qu'on sait de lui ? Il est appelé le Shir el-Akbar, le plus grand des maîtres. Il est connu, effectivement, à la fois pour son autorité dans le domaine du tasawwuf, du soufisme, de l'ésotérisme, mais également ses ouvrages ont une dimension qui va intéresser certains des simples croyants.

Ses ouvrages regroupent à la fois des données de sciences traditionnelles telles que la science des lettres, telle que la numérologie, l'astrologie, ainsi que toutes les sciences religieuses, des données concernant la grammaire, l'histoire, la géographie. C'est une œuvre sans précédent. On pourrait dire que c'est un peu, comment expliquer, comment présenter ça en quelques mots, c'est un petit peu comme en termes occidentaux, si tant est qu'il y a une correspondance, le croisement entre certains scientifiques, d'autres les saints Thomas d'Aquin, mais en une seule personne. C'est un être tout à fait exceptionnel et son œuvre est, telle que lui-même, tout à fait exceptionnelle.

Que peut-on dire de lui ? Essayons de situer les choses un petit peu dans le temps. Selon ses dires, Ibn Arabi est né la nuit du 17 de ramadan de l'an 560 de l'Egypte, c'est-à-dire 1165, à Murcie, en Andalousie, d'une famille dont plusieurs membres appartenaient au Tassawouche, au Soufflit. C'est-à-dire, pour situer les choses, soit presque vingt ans après que Saint Bernard ait prêché la seconde croisade, que Moscou ait été fondée, et quelques années après qu'ait débuté la construction de la cathédrale de Paris. En occident, donc, au moment où il va écrire, c'est le siècle des croisades, c'est le siècle des cathédrales. Philippe Auguste va bientôt régner en Allemagne, va être créé l'ordre teutonique. Et si on va en Extrême-Orient, il est né vingt ans avant que débute le shomouna au Japon, pour situer les choses. En terre d'Islam, il est né quelques années avant que Saladin ne fonde la dynastie kurde des Ayyubides et nabolise le califat fatimide en Egypte, et 22 ans avant que ce même Saladin ne reprenne Jérusalem au croisé. Ceci pour situer les choses historiquement. En Espagne, et en terre d'Andalousie plus précisément, là d'où il est né, le paysage est quand même ravagé par les guerres. Donned a été repris en 1085 par Alphonse VI de Castille, Saragosse en 1118. La reconquête commence sur l'enquêtre musulman. De plus, celui-ci subit des luttes de plus en plus internes de la communauté musulmane. C'est-à-dire qu'une Arabie naît dans une forteresse assiégée menacée par les Almoas. Son père, tout en étant un spirituel, était un homme, d'après les sources qui lui sont parvenues, qui a compté parmi les hauts dignitaires du sultan d'alors. Donc, il appartenait à la haute société andalouse. Une Arabie arriva à Séville à l'âge de 8 ans. Il fit ses études, menant à la vie aisée d'adolescents issus d'une famille noble. Apparemment, rien n'indiquait, ne signalait pour l'instant qu'il allait devenir un des saints les plus exceptionnels du monde musulman. À ce détail près, que très tôt, lors d'une maladie qui fait passer pour mort à son entourage, il eut une vision qui déterminait sa vie spirituelle alors qu'il avait entre 15 et 20 ans. Ce qui est déjà une chose exceptionnelle.

Et on sait qu'il rencontra, avant sa 20e année, Averroës et qu'il fit à ce dernier une très très forte impression. On peut donc supposer qu'il était déjà rentré dans la voie. Ceci dit, il nous sont parvenus des récits de sa conversion. Si vous voulez, je vous en lire un petit extrait qui vous donnera une petite idée. Un jour, alors qu'il festoyait avec des amis, soudain, il réalise ce qu'il dit. C'est pas pour cela qu'il a été créé. Il jette la coupe, sans répéter.

Et lorsqu'il arrive à la porte de sa maison, il rencontre le berger d'un vizir, sale et poussiéreux, comme d'habitude. Il se fait accompagner par lui jusqu'à la sortie de la ville et change les vêtements contre les siens. Et il erra ensuite un long moment et arriva devant un cimetière situé au bord d'un cours d'eau. Il décida de séjourner dans le cimetière. Au milieu du cimetière, il trouva un tombeau en ruine, qui était devenu une caverne. Il y pénétra et se mit à pratiquer l'invocation, c'est-à-dire le zikr, c'est-à-dire la répétition d'une formule et l'interrompt, en général celle du nom d'Allah, n'en sortant qu'aux heures de la prière. Il n'a à lui dit « Je demeurerai dans ce cimetière quatre jours. J'en sorti ensuite avec toutes ces sciences que je possède maintenant. » C'est-à-dire à la fois les sciences ésotériques, les sciences léguées par les prophètes et par toute la hiérarchie initiatique musulmane. C'est assez exceptionnel.

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