L'ésotérisme dans les religions monothéistes
Bruno Morana-Attar est un chercheur qui chemine au fil de l’histoire, de ses prophéties et des différents textes religieux : juif, chrétien, musulman.
Chemin faisant, s’il fait preuve d’une grande vigilance pour débusquer et éviter les ornières habituelles de ce genre de recherche (le fondamentalisme, l’interprétation littérale et doctrinale des textes); il conserve néanmoins une confiance enfantine, une candeur mystique quant à la non-détermination du point d’arrivée de ses propres pérégrinations.
En effet, comme tout bon ésotéricien, il suit une Voie souple basée sur l’étude, le décryptage et l’analogie.
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La seule et unique certitude qu’il reconnait néanmoins :
Tout converge vers l’Egypte !
Le concile de Nicée (325) et les efforts politiques de son empereur romain Constantin visant à formaliser un culte chrétien "officiel" et atténuer la cacophonie théologique et cultuelle qui prévalait alors entraina l’extinction du culte de Mithra, ainsi que celui de nombreux courants gnostiques, mais aussi la fin des prestigieuses écoles d’Athènes et d’Alexandrie.


Quand la connaissance égyptienne croise le savoir des grecs
Cette tentative prématurée de normalisation (caractéristique dont notre civilisation est progressivement devenu addicte, et l’époque contemporaine en est peut-être son "apothéose" , ndlr) a alors tari les sources dont s’étaient abreuvés tous les illustres penseurs de cette époque: Platon, Socrate, Aristote etc…. Tous "initiés" à la mystérique science d’Hermès qui tend à considérer que tout ce qui est en haut, est comme ce qui est en bas, et ce pour l’accomplissement du miracle d’une seule chose…..
Si pour Bruno Morana-Attar une lecture exotérique tend à simplifier la compréhension d’un texte au point de la détourner de son sens initial (se référer pour cela aux nombreux exemples argumentés qu’il cite dans cette conférence, Abel/Caïn, Berechit/Aleph, Noah/Noha, IS-RA-EL/IS-MA-EL, Jésus/Horus), le décryptage ésotérique des trois grandes religions du livre (Thora, Nouveau Testament et Coran) propose un continuum passionnant où souffle un même vent puissant de tolérance et d’amour.


Souhaitez-vous découvrir ce qui se cache derrière ce notre auteur nomme avec une passion communicative ce "magma primordial, impermanent mais non immuable" et qui amène progressivement à une conversion de l’ouïe et du regard…. ?
"Heureux sont vos yeux, parce qu'ils voient, et vos oreilles, parce qu'elles entendent.» (paroles de Ieschoua-Jésus-Aïssa dans Matthieu, 13-16)
Une conférence tenue lors du colloque d'Alchimie 2014, dans le parc du château de Dompierre-les-Eglises (87).
Extrait de la vidéo
Je vais vous proposer en fait une balade, un peu légère, ou un cheminement, tout dépend justement de là où on se place dans le cadre de mon propos. Est-ce qu'on est dans l'exotérisme ? Est-ce qu'on est dans l'ésotérisme ? Parce que la balade consistera à vous mener, ou le cheminement consistera à vous mener, de manière, comme un véritable cheminement, pas de manière linéaire, mais en tout cas de manière un petit peu ponctuelle, enchaînée comme ça, sur l'aspect ésotérique des religions dites monothéistes.
Et puis on verra que tout ça nous ramène bien souvent à quelque chose qui s'appelle en fait presque le monothéisme initial et qui nous ramène directement à l'Egypte. Parce que contrairement à ce que l'on croyait, les initiés égyptiens n'étaient pas polythéistes du tout. Alors la différence, et on le verra, c'est que eux n'avaient pas franchi le pas du déisme, mais parlaient du principe premier. Bon, on va commencer, si vous en êtes d'accord, par une anomalie.
Et la première des anomalies, c'est le début du texte de la Genèse. Donc la Genèse, quand elle est traduite, dit au commencement, ainsi de suite, Dieu, voilà. En fait, si on avait traduit ça correctement, on devrait dire, deuxièmement, Dieu créa. Parce qu'en fait, ce texte qui est le texte du commencement, et qui explique le commencement, commence non pas par la première lettre de l'alphabet, mais par la deuxième, le B, Bereshit.
Donc, on devrait bien traduire par deuxièmement, ou donc le premièrement. Et le premièrement, en fait, c'est celui dont il est parlé, en tout cas, surtout pas au tout début, mais qui, en fait, est le produit presque distillé de ce Bereshit. Et le vrai commencement, en fait, c'est le Aleph. Et ce Aleph a quelque chose de particulier, puisqu'il n'est pas prononcé au commencement.
Donc il amène à quelque chose qui est fondamentalement permanent et inappréhendable par l'esprit humain. Donc on commence par deuxièmement, Bereshit. Et ce Bereshit-là, il a une particularité, puisqu'en fait, dans son essence même, il contient un peu l'idée de magma primordial. Donc c'est un magma qui est bien circonstancié, dont la circonférence est très déterminée, mais qui contient potentiellement toutes les formes de transformation qui vont amener à la vie terrestre.
Donc la vie terrestre sous toutes ses formes. Et ça, évidemment, ne peut être possible que sous l'ombre de ce Aleph. Bon, l'esprit humain, de manière permanente, ne peut que s'approcher, presque de manière asymptotique. Effectivement, là on est sur un principe qui est de l'ordre du 4, sur Bereshit, puisque ce Bereshit contient toutes les formes potentielles à venir.
Le Aleph, c'est le principe des principes, puisque c'est la permanence. Et surtout pas l'innuable, puisque là on rentre dans le dogmatisme. Dans ce qui va devenir, et on va le voir, une des voies suivies qui s'appelle le déisme. Donc on parle sur cette première équation qui est en fait une anomalie.
Mais qui est une anomalie bien volontaire, puisqu'on est déjà dans l'ésotérisme. Tous les consommateurs spirituels de ce texte, qu'ils soient juifs, chrétiens ou musulmans, lisent dans leur traduction, qu'elle soit en arabe, en canadien ou en latin ou en français, au commencement. Or c'est Bereshit. Je vous rappelle, la vraie traduction serait deuxièmement, en termes de principe.
Le premier principe c'est l'Aleph, sans lequel rien de ce qui est contenu dans le Bereshit ne va pouvoir se révéler sous quelque forme que ce soit. Voilà pour la première anomalie. Et ensuite je vous proposerai de réfléchir à ces choses que tout le monde connaît. C'est aussi une anomalie si on la prend par la voie exotérique.
Puisque ceci est le symbole du monétaïsme. On y reviendra après en termes d'hermétisme. Mais pour l'instant, on est sur le tétragramme. Donc gramme, c'est l'écriture du 4, tétra.
Donc on est bien dans le périmètre de la création. Mais alors, il est imprononçable. Et donc ce qui est paradoxal, c'est que ce qui est la graphie première du monétaïsme, c'est l'imprononçable, un pluriel, un deuxième pluriel. Puisque l'imprononçable, les seigneurs, les dieux.
Adam, pour le singulier, Adonai, pour les seigneurs. Seigneur au titre de ce qu'on retrouve et dans l'islam et dans le judaïsme, le puissant, le seigneur en termes de puissance. Helrim, le prénom, le singulier d'Helrim est en Eloha, qui a donné par la suite Allah. Donc en fait, Allah est une singularisation, excusez-moi parce que c'est à la fois un terme qui existe, mais qui frise le néologisme dans un meilleur exemple, d'Helrim.
Donc ce sont en fait deux pluriels. Et oui, un tétragramme imprononçable qui définisse les fondements du monétaïsme. Donc on va poursuivre après, un petit peu là pour une fois, de manière un petit peu linéaire, en tout cas telle que nous serons présentées les choses, et je vais parler de, ceci étant posé, de Cain et Abel. Alors Cain et Abel, c'est quand même une drôle d'histoire, parce qu'a priori il y a deux frères qui ont tout pour s'entendre, parce que tout le monde sait qu'ils ont des parents adorables, mais ils n'ont pas tellement de soins parce que ce sont les seuls sur la planète.
Donc ils sont forcément adorables. Même si le papa ne prend son véritable nom qu'à partir du moment où il a des enfants. Pareil pour la maman. Donc Cain et Abel, on se dit, voilà il y a le méchant Cain, qui d'ailleurs sera dans la tradition exotérique, tout le temps la permanence un petit peu du meurtrier, du salve-os qui a tué son frère.
En fait symboliquement, et là on rentre dans une dimension exotérique, Abel est bien le nomade. Et toute l'humanité en fait, par l'œuvre de Cain, parce qu'il s'agit bien d'une œuvre en termes exotériques, c'est le meurtre primordial. Et sans meurtre primordial, il n'y a pas d'humanité. Et ça c'est un concept essentiel, puisque l'humanité va se fonder à partir de ce meurtre.
D'abord il y a une première question, qui est complètement éthique. Dans quel cadre on place cette drôle d'histoire, où pour l'instant on a à peu près 4 primates ? Donc dans quel cadre ? Et le cadre est posé puisque Cain pose la question, suis-je le responsable de mon frère ?