Vers une résurgence des églises gnostiques ?

Paul Sanda et Jean Solis livrent ici un témoignage sur leur conversion à la pensée gnostique : le premier suite à sa rupture avec le milieu catholique culpabilisant dans lequel il a évolué, et le second suite à sa rupture avec un milieu familial athéiste et communiste. Pour Jean Solis, d'ailleurs, la philosophie gnostique est avant tout une démarche conduisant à la libération spirituelle.

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Pour Paul Sanda, la résurgence actuelle des églises gnostiques est due avant tout à la découverte fondamentale de la bibliothèque gnostique séthienne de Nag-Hammadi en Egypte, qui a permit l'éclosion d'un corpus doctrinal cohérent, qui avait été occulté par le Temps, et les églises "officielles", alors naissantes.
Jean Solis nous rappelle que pendant longtemps la pensée gnostique a été persécutée, ou fut l’apanage de cercles ésotériques, cercles qui se livrèrent à des querelles intestines et qui furent même l’objet d’une récupération au début du XXème siècle avec la FUDOSI (Fédération Universelle des Ordres et Sociétés Initiatiques)…
Souhaitez-vous comprendre les raisons, les forces, qui poussent des hommes et femmes " de désir ", au XXIème siècle, à embrasser la pensée gnostique ?

Eléments de réponses ici de Paul Sanda et Jean Solis dans cet échange. Rappelons que tous deux sont personnellement liés à différents groupes gnostiques (HELIOS notamment), dont nous vous laissons une libre appréciation et évaluation.

Extrait de la vidéo

En fait, moi, j'ai une éducation assez catholique et dans cette éducation-là, j'ai été assez traumatisé évidemment par des aspects culpabilisant de l'église catholique et j'ai fini par me séparer totalement de mon milieu d'origine, devenir anarchiste, libertaire, très contestataire de tout système, très athée on va dire, voilà. Et je pense que si je n'avais pas rencontré l'église gnostique, j'aurais continué ce chemin parce que j'étais incapable de, en telle opposition avec le milieu d'origine, j'aurais été incapable de trouver ma propre trajectoire en fait.

Je pense qu'il y a des patriarches ou en tout cas des gens qui ont dû être dans cette difficulté dans les siècles passés parce que c'était beaucoup plus difficile autrefois encore de rencontrer l'Agnose ou les modernes ou les églises gnostiques. J'ai beaucoup lu, je crois que mes premières lectures sur ce sujet, ce n'est pas directement l'Agnose mais c'est Éliphas Lévy. Donc j'ai lu à peu près tout Éliphas Lévy et qui était un abbé, abbé constant, et qui a jeté sa soutane aux orties pour un amour passionné, passionnel et qui quelque part était en même temps très malheureux de devoir jeter sa soutane pour une histoire comme ça.

Et ça m'a ému cette histoire-là. Je me suis dit c'est un peu ce qui m'arrive, c'est-à-dire, je sais pas qui j'ai jeté ma soutane parce qu'à l'époque j'étais pas prêtre mais j'ai rejeté en bloc le catholicisme etc. Alors qu'au fond de moi c'est peut-être la morale catholique, c'est sûrement la morale catholique et tous ces aspects assez culpabilisant, le serment, des aspects extrêmement stigmatisant qui m'ont traumatisé.

Mais peut-être pas le fond et peut-être qu'au fond être athéne ou du moins être anticlérical ne me satisfait pas du tout non plus parce que ça permet pas ma voix profonde de s'exprimer. Il faut dire que j'ai toujours été auteur, écrivain, poète et de plus en plus. Donc voilà, d'un seul coup, une chance inouïe, une rencontre. D'abord un maître en alchimie.

J'ai en fait deux axes, c'est-à-dire un maître en alchimie d'un côté et puis Carl Gustav Jung. Donc toute l'oeuvre, j'avais fait des études de psychologie jusqu'à un niveau assez élevé. J'ai rencontré dans mes études, c'est pas l'université qui me l'a fait découvrir, mais mes lectures à côté, Carl Gustav Jung. J'ai découvert un rapport direct que Jung mettait entre l'alchimie et les gnostiques et la psychologie.

Donc en fait, il y a une sorte de convergence entre la psychologie et l'alchimie et sa manière de voir la gnose. En fait, peu à peu, beaucoup de choses se sont mis à converger. Ça a mûri en moi et je n'avais pas rencontré un initié qui allait me transmettre les choses, me montrer qu'une église gnostique existait. Parce que bon, jusqu'à dans les années 80, on va dire depuis la fin du 19e siècle, voire depuis l'antiquité, voire depuis le catharisme en tout cas, les gnostiques étaient très discrets et occultés, ésotériques.

Et puis, comme toujours, ce qu'on disait d'ailleurs avec Jung avant de commencer cette émission, c'est-à-dire en aparté qu'on rentre toujours en crabe. C'est-à-dire on ne sait pas qui va être celui qui va nous apporter l'initiation. Ça peut être notre voisin, c'est un type qu'on croise ici, etc. Et ça arrive au bon moment.

C'est-à-dire que finalement, après tout ça, après donc une séparation d'un milieu, puis une espèce de retour qui était en moi inconsciemment que je cherchais. Et donc la bonne personne, au bon moment, devait arriver. Moi, j'ai été élevé de façon assez classique par une maman très anticléricale, très libertaire, par un papa très inspiré du communisme. Et quand je dis du communisme, c'est du communisme pur, c'est Engels, Gorky, etc.

Donc je n'étais pas du tout dans cette fibre-là. Mais par contre, dans ma famille, il y avait quelqu'un qui pensait tout à fait différemment, en tout cas qui agissait tout à fait différemment et qui n'avait aucune espèce de considération pour ce que les autres pensaient. Et qui avait des sensations personnelles, des sensations intérieures. J'ose croire que j'ai reçu un peu de lui.

Je ne sais pas quel est l'état de la transgénération, si c'est génique, si c'est psychologique ou autre. Mais quand j'étais adolescent, me sont apparues les grandes questions. Alors les grandes questions, c'est qu'est-ce qu'on fait là ? Où est-ce qu'on va ?

Qu'est-ce qu'on mange ce soir ? Bref. Et les grandes questions, il y avait des solutions toutes faites. Les solutions toutes faites, c'était les religions constituées.

C'était une multitude de sectes. Et j'ai participé de certaines de ces sectes. C'est des erreurs de jeunesse, ça s'appelle. Mais à un moment donné, on se pose la question, mais on va mourir ?

La vie est étrange parce que nous sommes censés être des êtres intelligents et libres dans l'ensemble de l'univers, avec une espèce d'aventure non maîtrisée qui nous dit tu dois faire ça, tu es quelque part programmé pour faire ça, mais quelle est ma liberté là-dedans ? Et en fait, j'ai rencontré la gnose en tant que principe ésotérique, j'avais 12 ou 13 ans. Et je me suis marginalisé complètement très tôt de mes camarades d'école, de mes camarades de jeu.

Parce qu'à l'époque où, alors c'est pas prétentieux ce que je veux dire, c'est juste factuel, à l'époque où tout le monde lisait dans ma génération la bibliothèque rose, je lisais Descartes, Spinoza et les intertestaments. Et là où ça a démarré, c'est dire mais il a fallu remettre en question, quand on manque de sens, il faut remettre en question tout ce qu'on est, tout ce qu'on fait. Et pour le faire, on a quoi comme réponse offerte par la société ?

On n'a rien. On a des religions, encore une fois, instituées, constituées, qui ne font que vous culpabiliser. On a des dogmes politiques qui sont aliénants par définition, et là je pourrai y revenir plus tard. Et puis on se démerde, on prend des bouquins, on croise des gens un peu étranges, qui sont libertaires, qui sont même un peu clochards, souvent, qui sont ailleurs, voilà.

Et je me suis posé les questions, j'ai reformulé les questions par rapport à ces rencontres et par rapport à ces lectures. Et la gnose est venue très très très tard, et je me suis aperçu a posteriori que c'était une façon simplement de poser les questions. On est gnostique quand simplement on se pose les questions sans se positionner au départ par rapport à ce qu'on peut penser de vous, à ce qu'on peut penser de moi, moi-je.

On pose les questions librement. Pourquoi je suis là ? Quel sens a ma vie ? Et la réponse n'est pas donnée.

Et la réponse n'est pas donnée, effectivement, et c'est le propre de la gnose. Et la réponse vient souvent dans les crises, dans les états de crise. Il n'y a pas d'argent, je me suis fait plaquer par ma copine, je m'apprête à rentrer dans

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