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Alain Porte évoque, au cours de ses études de lettres à Aix-en-Provence, sa rencontre essentielle avec Jean Varenne (spécialiste français de l’hindouisme, du sanskrit, et des cosmogonies védiques) qui lui a ouvert la voie royale vers l’apprentissage du sanskrit qu’il juge ainsi : "La langue ne peut être sacrée en elle-même, ce sont les textes qu’elle véhicule qui le sont". Ainsi, estime-t-il que cette langue sert à incarner toutes sortes de textes.
Mais cette rencontre avec l’Inde dépasse la littérature et vient s’incarner lorsqu’il rencontre Mâlavikâ, danseuse de Bharata Natyam. Cette rencontre va lui donner un souffle nouveau et fluidifier l’aridité de cette langue : avec elle et certains poètes, ils vont monter des spectacles mettant en scène des grands textes qu’il a traduits, à travers des voix et de la danse.

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Alain Porte revient aussi dans cette interview sur les origines du sanskrit né quinze siècles avant notre ère, avec le Rig-Veda, utilisée en liturgie. Et balaie plusieurs siècles de richesse linguistique où la métaphysique rivalise avec la poésie, de la notion de Brahman qui développe une réflexion sur l’identité, sur la nature de réalité ultime, aux Purana, ces textes, très profanes, vaste réservoir de spéculation cosmologique et mythologique dont il dit qu’ils sont "un peu de l’Alexandre Dumas posthume" en passant par le Kamasutra, "les aphorismes du désir" né au 3ème siècle après notre ère et qui nous évoque une véritable allégorie de l’union au Divin.

Toute cette culture, toute cette productivité a été noté par une écriture singulière à la fois alphabétique et syllabique. Bien que le sanskrit soit parfois un véritable sacerdoce Alain Porte éprouve une joie intense devant l’extraordinaire subtilité et complexité de cette langue, ce plaisir qu’il éprouve à décrypter la remarquable intelligence présente derrière le sanskrit…. et plaisir qu’il nous invite à partager dans cet entretien de 53 min.