L'évangile de Saint-Jean
Cet exposé de 10 minutes est la suite du volet : Vers une tradition universelle ?
Le scénario dans laquelle Jean-Louis Brun expose une clef de lecture inédite, iniatique, issue du Yi Jing, permettant de comprendre l’ordonnancement de plus d’une quinzaine de mythes et légendes.
Dans ce volet, l’auteur aborde les sept miracles du Christ relatés dans l’Evangile Selon Jean et retrouve dans l’ordre certains des symboles qu’il a mis à jour dans sa clef de lecture.
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Les huit symboles qui se retrouvent successivement au fil de ce récit sont :
- « une coupe qui se vide » : la fin de la perception dualiste du monde,
- « la lumière en haut, le feu en bas » : la maitrise de ses désirs
- « le vent sur le lac » : la recherche du Maître Intérieur
- « la montagne sous le ciel » implique un changement de peau,
- « la montagne sur la foudre », suggère l’union des principes masculin et féminin, ou encore un retournement qui précède à une naissance
- « le vent sous la terre » : la fin des illusions, la sortie de l’obscurité vers la lumière
- « le feu dans le ciel » : le rayonnement
- « l’eau sur la terre » : l’union parfaite des eaux
A travers un scénario de huit pictogrammes associant deux trigrammes issus du Yi-Jing, Jean-Louis Brun nous donne à méditer une représentation cohérente du monde sensible et de ce qui l’a précédé…


Sommes-nous en présence d’un schéma représentant la Tradition Primordiale ? D’archétypes ?
Est-ce que l’auteur a trouvé la clef qui, comme l'écrivait Cornelius Agrippa (XVème siècle) : « celui qui saura allier les nombres de l’énumération avec les nombres divins, et qui saura les harmoniser, celui-là connaîtra d’admirables secrets » ?...
A vous de vous faire une idée.
Extrait de la vidéo
L'évangile de saint Jean, de quoi allons-nous parler ? Nous allons parler d'un scénario que l'on retrouve à l'identique dans des mythes et des légendes sur tous les continents depuis plus de 4000 ans. Un scénario qui est une succession de huit symboles. Au départ, le I Ching, six ans de recherche.
Le I Ching est une sorte de dictionnaire en désordre. Or, il y a des milliards de milliards de possibilités pour mettre ce dictionnaire en ordre. Il y a en fait autant de possibilités que de grains de sable de 0,3 mm de diamètre que vous pourriez faire entrer dans toute la sphère de l'univers connu. Depuis 24 siècles, un seul ordre, principalement, s'est maintenu dans le I Ching sans que l'on sache pourquoi, sans que l'on sache comment il a été construit.
Par hasard, alors que je travaillais sur les hexagrammes du I Ching, j'ai découvert une propriété mathématique remarquable dans ce livre, qui m'a permis d'en trouver la clé et qui m'a permis de proposer une méthode pour démonter et reconstituer intégralement cet ordre des hexagrammes. Et j'ai publié en 2009 un livre qui présente ce démontage et ce remontage. Or, la clé qui permet d'expliquer l'ordre du I Ching, une succession de huit symboles, n'est pas seulement la clé du I Ching, mais elle fait apparaître un scénario constant dans des mythes et des légendes sur tous les continents depuis plus de 40 siècles.
Dans cette séquence, nous allons voir comment l'évangile de Jean lui-même semble bien structuré selon le même scénario. Ma référence dans les quelques citations que je ferai est la Bible Hostie, mais n'importe quelle Bible, n'importe quel Nouveau Testament conviendrait. La première étape du scénario universel de la tradition, c'est une coupe vidée. Une coupe vidée qui précède l'arrivée d'une eau supérieure, puisqu'elle permet de se vider des eaux inférieures, et qui précède une manifestation divine.
Alors, allons-y. Quel est le premier miracle du Christ dans l'évangile de Jean ? Ce sont les noces de cana. Dans les noces de cana, les coupes ont été vidées, il n'y a plus de vin.
Jésus apparaît alors, et c'est là la manifestation divine, puisque c'est sa première apparition en qualité de thaumaturge. Et qu'est-ce qu'il fait ? Il transforme l'eau en un vin qui est supérieur au précédent. Une remarque sera faite au maître de maison, un invité lui dira, d'habitude on met le meilleur vin au début, toi tu l'as mis après.
Ce qui montre la supériorité de la nouvelle eau, entre guillemets, qui a remplacé l'ancienne. Après que les coupes aient été vidées, la superposition du tableau symbolique et du miracle du Christ est totale. La deuxième étape dans le scénario universel de la tradition, c'est l'éveilleur en eau, puisque l'éveilleur c'est le nom qu'on donne aussi à la foudre dans le hijing, et le feu en bas. Le deuxième miracle du Christ se passe aussi à Cana.
Qu'est-ce qu'il se passe ? Le Christ, Jésus, que vous me permettrez d'appeler l'éveilleur, est sur une hauteur, et ceci est bien précisé par Jean dans le texte, et on lui demande de descendre guérir le fils d'un officier royal en bas. Qu'est-ce qu'on a en bas ? On a le fils d'un officier royal, le roi est toujours lié au feu, c'est quelque chose de solaire un roi.
Donc on a l'éveilleur en haut, en bas on a quelque chose qui pourrait être solaire, et Jésus ne descend pas, il reste en haut, et il fait dire au serviteur, va dire à ton maître que son fils vit, à quoi je pourrais remarquer qu'on a donc le feu de la vie en bas. Donc on retrouve exactement ce tableau symbolique, l'éveilleur en haut, le feu en bas. La troisième étape de ce scénario universel, c'est le vent sur le lac.
C'est une longue attente, ou un long voyage, pour trouver quoi ? Pour trouver la vérité intérieure. Or, le troisième miracle du Christ, dans l'évangile de Jean, se passe à la piscine de Besata. Alors vous me permettrez d'associer la piscine à un lac, et qu'est-ce qui se passe dans cette piscine ?
Eh bien, il y a des tas de gens qui attendent d'être guéris, parce que de temps en temps, un ange descend, l'ange du Seigneur, et le premier qui saute à l'eau pendant qu'elle bouillonne, sort de là guéri. Donc des tas de gens attendent, et cela donne déjà la structure du tableau symbolique, puisqu'on a le lac en bas, qui est la piscine, et un symbole d'air en haut qui est l'ange qui descend dedans, l'air, ou le vent, sur le lac.
Alors, la longue attente, eh bien, il y a là un malade qui attend depuis 38 ans. Il n'a jamais pu être le premier à sauter dans l'eau, donc il n'a jamais été guéri. C'est ce qu'on appelle une longue attente. Et quant à la vérité intérieure, eh bien, Jésus arrive, il parle à ce malade, et il lui pose une question que l'on pourrait trouver totalement incongrue.
Il lui dit, est-ce que tu veux vraiment guérir ? Si on attend 38 ans, c'est qu'on est très motivé. Il est évident qu'il a une autre raison. Il fait appel à la vérité intérieure de ce malade.
Veux-tu vraiment guérir ? Quelle est ta vérité intérieure ? As-tu la volonté de guérir ? Et là, le malade guérit.
Et on a donc retrouvé dans ce miracle les quatre marqueurs de cette étape, qui sont le vent sur le lac, une longue attente, et la sincérité intérieure. Alors, la quatrième et la cinquième étape, que vous voyez en même temps en ce moment, sont un petit peu mêlées dans les miracles suivants. La quatrième étape, c'est une montagne sous le ciel. La cinquième, c'est une montagne sur la foudre.
Ça exprime une bouche, ça exprime l'alimentation matérielle et spirituelle des hommes, et ça exprime l'Éveilleur, qui est la foudre, et qui est aussi le Christ, sous la montagne. Or, le quatrième miracle du Christ, c'est la multiplication des pains et des poissons, c'est-à-dire l'alimentation matérielle des hommes. C'est sur la montagne. Sur la montagne, Jésus pourvoit à cette alimentation des hommes, et puis ensuite, fuyant la foule, le texte dit, je le cite, « Il se retirera de nouveau dans la montagne ».
Donc, l'Éveilleur qui se retire dans la montagne correspond exactement à la cinquième étape, l'Éveilleur sous la montagne. Je reprends l'étape numéro cinq, qui est la montagne sur la foudre, mais que l'on pourrait aussi voir comme une île, puisque vous vous souvenez, la montagne, l'île sont des symboles équivalents, c'est de la matière qui s'élève au-dessus du commun. C'est une île qui contient un Éveilleur.
Or, le miracle suivant, c'est la marche sur l'eau. Qu'est-ce que c'est qu'une île ? C'est quelque chose qui émerge des eaux. Dans la marche sur l'eau, Jésus rejoint ses disciples en marchant sur l'eau, et il les guide dans la tempête.
Donc, l'Éveilleur émerge de l'eau à la manière d'une île. Sixième étape du scénario universel, c'est le vent sous la terre. C'est la progression de l'obscurité vers la lumière. C'est la parole sous la terre, puisque la parole est liée au vent et à l'air.
Et bien, dans le sixième miracle, Jésus utilise sa salive, donc un symbole de sa parole, de sa bouche. Il la mêle à de la terre, et vous avez donc la parole et la terre, et il l'utilise. Il l'applique sur les yeux d'un aveugle, un aveugle de naissance, pour lui redonner la vue. Donc, ça permet à cet aveugle de passer de l'obscurité à la lumière.
Et on retrouve donc exactement les marqueurs de cette étape,