Le bouddhisme comme remède au nihilisme contemporain ?

Le bouddhisme demeure mal compris et peu connu, encore de nos jours, en Occident. Qualifié tour à tour de « culte du néant », « philosophie pessimiste de l’existence » ou pire encore de « douce morale des mangeurs de riz », même les grands commentateurs – contempteurs - de la décadence moderne que furent Nietzsche, Heidegger, Jung ou Guénon sont passés à côté de lui. Pourquoi une telle méprise ?

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Françoise Bonardel, auteur de l’ouvrage « Sortir du nihilisme grâce au bouddhisme ? » (Ed. Kimé, 2019) passe en revue les raisons conjoncturelles (accès aux textes et traductions, histoire de la philosophie) de ce rendez-vous manqué et nous propose de retourner à la racine de la philosophie bouddhique (réforme de l’hindouisme, négation du Soi/Âtman brahmanique et pomme de discorde entre bouddhisme et hindouisme) afin de réexaminer de quelles façons, le bouddhisme et ses exercices pratiques -  la méditation - pourraient constituer un socle, un rempart, à la perte de repère de notre civilisation…

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Le non-soi et la vacuité ne forment nullement l’antichambre du nihilisme. Encore faut-il saisir ces notions avec justesse, et ne jamais tenter de les enfermer…

Interrogée par Sandy Hinzelin, elle-même auteur de « Tous les êtres sont des Bouddhas » (Ed. Sully, 2018), Françoise Bonardel nous invite ici à faire mentir l’adage* selon lequel « les vraies questions ont disparu ».
Avons-nous réellement compris que le nihilisme s’est imposé comme la toile de fond de nos existences ? Comment expliquer dès lors qu’aucun philosophe ne s’exprime sur cette question, pourtant fondamentale ?
L’homme moderne est clivé, désorienté. Ses valeurs se sont inversées et logiquement « tous les idéaux suprasensibles se sont dévalorisés, théologie et métaphysique en premier lieu ». Exacerbation du sensible. Hégémonie du moi. Narcissisme et dérision à tous les étages…
Quelle attitude adopter face à cette dégénéressence « qui, tel Néron, passionne et fascine un grand nombre d’entre nous ? ».  Autre signe des Temps, sans doute.

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« Le bouddhisme nous apprend à désamorcer les choses »

En prenant pour partie appui sur la pensée du philosophe japonais Nishitani Keiji, et s’interrogeant sur la nature des remèdes à apporter à cette situation, Françoise Bonardel en arrive à la conclusion qu’on ne peut combattre le nihilisme : il doit s’épuiser par lui-même et le bouddhisme nous apprend, justement, à désamorcer les choses.
Combattre l’absence de ferveur ou le manque de vitalité de nos vies intérieures ne se résolvent pas par la contrainte ni par une posologie extérieure.

Une posture juste, un discernement de tout instant et un détachement parfait en seraient la clef.

Ainsi, l’autodépassement du nihilisme envisagé par Nietzsche, puis par Heidegger et Jünger pourrait se réaliser. Un « surmontement » (Überwindung) paradoxal du nihilisme auquel la vision bouddhique de la vacuité (sk. sūnyatā) apporterait un éclairage inédit...

* cf. Martin Heidegger

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