La Science chrétienne : la guérison par la prière

Pour certains exégèses, les premiers chrétiens, à commencer par Jésus lui-même, étaient sans exception des thérapeutes, et c’est bien grâce à ce pouvoir de guérison que les premières conversions se réalisèrent. Au fil des époques, des conciles, des schismes, la chrétienté a occulté le caractère "opératif" d’une apposition des mains ou d’une prière…. En oubliant le pouvoir de l’Esprit dont elle était – et est toujours - dépositaire, elle a délégué toute forme de soins aux seuls médecins.

Si en France, on connait certains figures qui ont tenté de rétablir le lien entre l’esprit et le corps : Paracelse (XVème),  Cornelius Agrippa (XVIème) ou plus récemment l’abbé Julio (XXème) - ce même abbé qui écrivait en son temps: "Il y a en France 50.000 prêtres. Il devrait y avoir 50.000 prodiges quotidiens, 50.000 guérisons physiques et psychiques…" - on sait en revanche moins que dans le monde protestant anglophone, il subsiste une véritable "école de médecine chrétienne" : la Science Chrétienne (Christian Science).

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Science chrétienne : la guérison par la prièreScience chrétienne : la guérison par la prière

Fondée en 1879 par l’américaine (protestante calviniste) Mary Baker Eddy , cette église compte aujourd’hui près de 2500 églises réparties sur quatre-vingt pays….

En quoi consiste cette "science" et quelles sont les raisons qui ont amené la Chrétienté – l’église romaine en particulier - à occulter toute sorte de pouvoir thérapeutique...  ou osons le mot: thaumaturgique ?

Réponses d’Alexandre Fischer, interrogé ici par Jean Solis.

Extrait de la vidéo

Lorsqu'il y a eu l'accident, je me suis dit que je n'allais pas me réveiller et que je n'allais pas m'occuper d'eux. Je me suis dit que j'allais m'occuper d'eux et que je n'allais pas m'occuper d'eux. Alexandre Fischer, bonjour. Vous êtes praticien de la science chrétienne, qui est une discipline de guérison par l'esprit, par la prière.

Alors, comment est-ce que, déjà, vous-même, vous pouvez vous présenter par rapport à votre discipline ? Vous êtes représentant de quelque chose ? Oui, vous l'avez dit, je suis praticien de la science chrétienne. Ça veut dire concrètement que j'aide les gens d'un point de vue spirituel et il y a un aspect de guérison qu'on va développer là, dans un instant.

Alors, la science chrétienne, si on fait un petit peu de recherche rapidement, Mary Baker Eddy, second boîtier du 19e siècle, est-ce que vous pouvez nous dire un peu plus sur la fondatrice de ce mouvement spirituel ? Donc, c'est ça, Mary Baker Eddy, 1821-1910, un environnement très protestant, calviniste, et une dame à la santé très fragile, et qui, donc, va progresser spirituellement dans sa recherche religieuse, qui va s'opposer à la doctrine de la prédestination, que certains sont sauvés, mais pas d'autres, mais en parallèle, du fait de sa santé fragile, va avoir toute une démarche thérapeutique, va essayer des thérapies alternatives de l'époque, qui n'était pas chrétienne, qui était l'hydrothérapie, toutes sortes de choses, et qui, petit à petit, va revenir vraiment sur la guérison par la prière.

Mais alors, Mary Baker Eddy, son éducation, vous dites qu'elle est d'un milieu protestant, la prédestination, c'est un milieu calviniste, est-ce qu'elle a été imprégnée d'autres éléments qui ont pu influencer la naissance de cette vocation ? Non, je crois que c'est vraiment ses recherches médicales qui vont l'imprégner, qui vont aller de pair avec ses recherches bibliques, et qui vont l'imprégner. Mais il n'y a pas d'autres influences que je peux voir.

Parce que c'est très surprenant, parce qu'elle est contemporaine vraiment à quelques pouillèmes près d'Elena Petrovna Blavatsky, qui est une grande figure de la spiritualité au XIXe siècle, qui a un petit peu rénové toute la spiritualité. Mais je crois que ce qui est important dans cette discipline, si on peut l'appeler comme ça, que vous appelez, que nous appelons la science chrétienne, c'est qu'il ne s'agit pas en tant que tel d'une religion.

Après, il faut définir les mots. Si c'est une religion... Ou un mouvement religieux, en tout cas. Ce que j'entends par religion, c'est quelque chose qui nous relie.

Donc ça, c'est sûr que c'est une religion dans le sens que ça nous relie au divin, et que c'est une voie pratique de lien au divin. En revanche, il n'y a pas le poids peut-être d'une église, d'une hiérarchie avec ses interdits, c'est « il faut faire, il ne faut pas faire ». On est vraiment dans un... C'est peut-être le socle protestant, dans une voie où on est seul avec le divin, et on avance, on progresse, on progresse à son rythme.

Donc ça veut dire que ce n'est pas une ecclésia, c'est-à-dire une communauté au sens où on l'entendrait classiquement, il s'agit plutôt d'un mouvement, même pas de pensée, mais d'un mouvement de pratique, un mouvement hétéro-pratique. Oui, c'est ça. Et elle, elle va avoir une guérison importante en 1866, où elle était donnée pour morte, et par la prière, elle va remarcher, elle va revivre, je dirais.

Et à ses débuts, elle, elle ne va pas se dire « c'est juste un miracle un peu mystérieux », elle voulait vraiment comprendre ce qui s'était passé. Alors je ne sais pas si c'est sa recherche médicale qui voulait la faire creuser, mais en tout cas, elle ne va pas se satisfaire de l'idée d'un miracle, et elle va commencer à prendre des notes, à essayer de comprendre, et dans un premier temps, elle va retourner vers son église naturelle, donc l'église calviniste, en disant « vous savez, quand l'Évangile dit, quand Jésus dit « celui qui croit en moi fera aussi les œuvres que je fais », quand on regarde un petit peu les chrétiens des premiers siècles, et qu'on s'aperçoit, pendant les trois premiers siècles, la guérison faisait une partie intégrante de la pratique du christianisme dans la lignée des évangiles, des actes des apôtres, et qu'elle repart avec ses idées vers son église, donc il s'agit bien d'idées, et là l'église lui ferme la porte au nez en disant « non, non, la guérison c'est un signe du divin, il y a 2000 ans, aujourd'hui on n'en veut pas », du coup elle va rester avec ses idées et les partager, mais son idée ça n'a jamais été de créer une église, mais j'avance là-dedans parce qu'elle va être forcée à un moment de créer une organisation, donc c'est en 1879 qu'elle va créer une église, mais l'église dans le sens le plus, j'allais dire le plus chouette, le plus pur du terme, à savoir l'église ecclésiale, l'assemblée, donc il n'y a pas de hiérarchie, il y a une communauté de personnes sur la même longueur d'âme, j'allais dire, qui cheminent ensemble, mais il n'y a pas toutes les strates des interdits de la hiérarchie.

Et donc il s'agit, on va dire, pour simplifier, d'un mouvement de pensée, mais qui de fait a été créé par sa mise à l'écart, par sa mise à la marge de la communauté calviniste dont elle était issue. C'est ça, et encore aujourd'hui, je pense que c'est important, son ouvrage majeur s'appelle « Science et santé avec la clé des écritures » et aujourd'hui, il y a des tas de gens qui pratiquent les idées de ce livre, mais qui veulent être bouddhistes ou avoir d'autres voix, dans le sens que c'est vraiment des idées, donc c'est clairement chrétien, mais ce n'est pas rattaché à...

La nécessité, ce n'est pas « je dois aller à l'église pour avoir accès aux idées ». En un sens, je me demande si ce n'est pas un peu le... Ça ne suit pas les pas de Jésus, dans le sens que, de ce que je comprends de l'histoire, c'est que Jésus n'a jamais créé des tonnes d'églises, il avait un message, il a un serment sur la montagne à délivrer, mais il n'était pas en train de bâtir des tas d'églises.

Oui, donc ça veut dire que ce mouvement, tel qu'il est depuis le départ, depuis il y a, on va dire, 120-130 ans jusqu'à aujourd'hui, par exemple, ce n'est pas une liturgie en tant que telle. Mais qu'est-ce que vous entendez par liturgie ? Liturgie, c'est-à-dire un cycle de messe des rituels propres, des cérémonies propres. On n'est pas du tout dans ce cadre-là.

C'est vraiment l'idée qu'on a, il faudra qu'on le développe un peu, mais qu'on a tous un lien à l'infini qui reste à découvrir et qu'on est tous sur un chemin sur lequel on progresse. Et du coup, il y a une église, mais c'est juste très simple, c'est une lecture biblique, lecture de textes ensemble. On y verrait de loin un peu une église protestante parce qu'il y a des chants qu'on verrait dans d'autres livres de quantique protestants, mais par contre, effectivement, il n'y a pas tout cet aspect...

Donc on ne peut pas non plus parler de groupe de prière, par exemple. Ritualisé. Alors, quand vous parliez de ces recherches médicales, il faudrait préciser un petit peu les choses. Elle n'était pas médecin.

Non, elle n'était pas médecin. Donc c'est plutôt des recherches sur ses propres problèmes de santé. C'est-à-dire d'avoir une compréhension intérieure de ses difficultés. C'est assez fascinant, en fait, parce que ça a dépassé ça, c'est-à-dire que bien sûr, je pense qu'elle avait une idée de comment aller mieux elle-même, mais elle a fait des expérimentations qui sortaient de son champ, de son seul égo, j'allais dire, en faisant ce qu'on appelle aujourd'hui des expérimentations d'effet placebo où elle donnait des pilules de je ne sais plus si c'était mythe pain ou sucre à des patients qui allaient mieux après.

Ce qui peut paraître bizarre aujourd'hui, mais de ce que je comprends de la médecine du 19e siècle, c'est que c'était beaucoup plus flou et lâche. Lâche dans le sens de très flexible. Du coup, elle a pu avoir accès à des gens qui étaient malades dans la phase d'avant la guérison par la prière. C'est là qu'elle s'est intéressée.

Il y avait la diète de gras à âme, des tas de systèmes qui n'existent plus aujourd'hui forcément. Et en fait, qui ont fait une chose, de ce que j'en comprends, c'est qu'ils ont permis de faire ressortir un niveau de la réflexion, l'impact de la pensée sur le corps qui est largement accepté aujourd'hui je crois, qu'on n'est pas juste une mécanique mais que nos émotions, nos pensées

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