Frabato : jeunesse et genèse de Franz Bardon

Franz Bardon (1908-1958) fut un médecin tchécoslovaque, naturopathe, guérisseur, mage et auteur de nombreux ouvrages. « Frabato » fut son nom de scène comme prestidigitateur, mentaliste dirions-nous de nos jours, activité qu’il occupa dans sa jeunesse à Berlin, avec succès, avant la seconde guerre mondiale. C’est aussi le nom d’un ouvrage posthume et partiellement biographique, « Frabato le Magicien » que fit paraitre son assistante et élève, vingt ans après sa mort, en 1979.

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Ginger VonFire et Shaël Eveningstar nous plongent ici dans le parcours mouvementé de Franz Bardon qui fut sans doute le seul occultiste à mettre à profit ses dons et initiations sur scène, face au public. Des tours de passe-passe qui n’en étaient pas ?

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Une plongée dans une certaine « Franc-Maçonnerie », particulièrement déviante...

Depuis 1840 sévissaient à Munich différents ordres occultes dont la sulfureuse FOGC (Freimaurerischer Orden von Golden Centurium, « Ordre maçonnique de la Centurie d'Or » en français). Un ordre voué à la démonologie et où le meurtre, in situ par poison, ou à distance (via le « Tépaphone » ) était fréquent.
Ginger et Shaël nous relatent ici le parcours rocambolesque, dans l’Occulte, de Franz Bardon, entre les années 1928 et 1958, année de sa disparition prématurée, sans doute suite à un empoisonnement réalisé par les services secrets russo-tchèques.

Ils évoqueront ses relations houleuses avec la FOGC qu’il fréquenta à ses débuts, ses démêlées avec le régime nazi liées au refus que Bardon adressa à Hilter de servir ses intérêts.

Un entretien passionnant et liminaire puisque le second portera sur son livre le plus connu : le Chemin Véritable à l’Initiation Magique (CVIM).

Extrait de la vidéo

Bonjour Chanel. Bonjour Aline Zincia. Bienvenue sur Bagliss TV. Je suis ravie de vous recevoir aujourd'hui pour parler de Franz Bardon et plus particulièrement de sa biographie Frabato, le magicien.

Donc est-ce que vous pourriez nous situer un petit peu le contexte historique de ce livre et plus particulièrement est-ce qu'il s'agit d'une biographie parce que je pense que c'est la question qu'on se pose tous ? Alors le contexte historique, on est dans la première moitié du XXe siècle. Franz Bardon est né en 1909 en Tchécoslovaquie, dans l'ancienne Tchécoslovaquie et il est mort en 1958. Donc l'essentiel de sa vie se passe dans ce contexte de première moitié du XXe siècle.

C'est ce que va bien entendu évoquer cette autobiographie et là je mets tout de suite des guillemets puisque on a quand même un problème avec ça. Déjà il y a eu en tout plusieurs versions, 4 versions de cet ouvrage mais on peut remarquer que le nom de Franz Bardon est accolé comme auteur. Or c'est un ouvrage posthume qui est sorti, qui est paru environ 20 ans après son mort. A partir de là, il ne peut pas en être l'auteur.

Qui en est l'auteur ? Alors ce n'est pas un mystère du tout, elle l'a toujours assumé, c'est sa secrétaire de l'époque qui s'appelle Otti Votavova, qui était sa secrétaire, qui était aussi d'après ce qu'on sait amoureuse de lui. Donc à partir de là, qu'est-ce que ça nous montre comme tableau ? On est dans la première moitié du XXe siècle, on parle d'un personnage qui était connu et qui était actif dans le milieu magique, opératif.

Et 20 ans après sa mort arrive cet ouvrage, cet ouvrage qui est du propre aveu de sa véritable auteur, donc de sa secrétaire, une autobiographie romancée. Donc c'est davantage casé dans la catégorie des romans autobiographiques plutôt, disons-le comme ça. Je crois même que c'était un terme qu'elle avait employé plutôt que dans la catégorie des autobiographies, d'autant que Bardot n'a pas écrit une ligne de ce qui se trouve dans cet ouvrage.

Alors qui était Franz Bardot ? Franz Bardot, donc justement, comme je l'ai dit, il est né en 1909 à Katerin, en Tchécoslovaquie. Il a été à l'âge de 14 ans. Alors là, c'est pareil, on va avoir un problème entre les sources historiques et ce qu'on va trouver dans cette autobiographie.

Dans ce roman autobiographique, sa secrétaire va présenter ça comme le fait qu'à 14 ans il aurait été, une entité supérieure serait descendue dans son corps parce qu'il avait un karma négatif et donc pour le soigner de ce karma négatif, une entité à l'âge de 14 ans aurait pris son corps et lui aurait donné tous ses pouvoirs. Qui du coup serait acquis par le fait qu'il aurait été possédé de manière à priori volontaire, d'après elle, par cette entité.

Bon, de manière plus historique, on peut souligner quand même qu'il a été avant tout confié à un précepteur, Silas, qui a été son maître, son maître justement en magie opérative notamment. Et qui a fait sa formation d'ailleurs, qui s'est occupé lui-même de sa formation, de son éducation théorique et puis de son éducation pratique. D'accord. Et ce fameux Silas, qu'est-ce qu'on sait de lui ?

Difficile à dire pour moi là. Il appartenait à une loge maçonnique mais une loge très particulière dans le sens où elle était notoirement déviante. C'était la FOGC. Mais Silas, a priori, c'est même sûr, c'est même assez certain, a toujours, malgré le fait qu'il ait formé Bardon, y compris au sein de cette loge, a cherché à le protéger aussi.

A chercher, voire même probablement à lui donner les outils et les moyens de s'extraire de ces pratiques qui étaient, encore une fois, très sombres, pour ne pas dire hautement déviantes. Donc, je précise quand même que FOGC, c'est une loge maçonnique dont la traduction en allemand est Freie Mauerischen Orden von Golden Centrium. Ça, on ne l'a pas dit aussi bien. Ou l'Ordre, avec un accent allemand des plus moyens, qui est aussi l'Ordre de la Centurie d'Or, qu'on connaît sous le nom de l'Ordre de la Centurie d'Or.

Oui, à préciser quand même que cette loge-là, FOGC, cette loge-là était particulièrement déviante et avait des pratiques hautement noires. Donc, voilà, c'est pas forcément, c'est pas parce que cette loge était déviante qu'on peut faire forcément des amalgames. Donc, Frabato était un magicien de scène avant tout. C'est d'ailleurs l'enjeu principal de ce livre.

Tout à fait. On sait qu'il utilisait de vraies techniques de magie sous couvert de prestidigitation sur scène. Donc, est-ce que vous pourriez nous en parler un petit peu ? Oui.

Alors déjà, Frabato, c'était son nom de scène. Son nom de scène, donc, qui est une contraction de Franz Bardon, Tropaud, Opava. Il faut bien comprendre qu'à la base, Franz Bardon a fait vraiment des prestations scéniques. Il faisait de la scène sous ce nom-là, sous le nom de Frabato.

Mais c'était, il y avait deux choses. Il y avait le fait qu'il faisait officiellement de la prestidigitation, mais en utilisant de véritables pratiques magiques. Tous ses contemporains, d'ailleurs, qui étaient proches de lui dans le milieu magique, disaient que c'était le seul vraiment sur scène à pratiquer de la magie. Bon, on pourrait avoir le débat de savoir si la prestidigitation, c'est de l'escroquerie ou pas.

Moi, personnellement, je ne le crois pas à partir du moment où on ne fait pas croire aux gens qu'on fait de la magie. Pour moi, il n'y a pas faute, il n'y a pas escroquerie. Ce qui est très particulier chez donc ce personnage de Frabato, c'est que lui faisait l'inverse. C'est qu'il présentait ça comme de la prestidigitation, mais en utilisant de la véritable magie.

Et en même temps, à la fois, c'était présenté comme de la prestidigitation parce que c'était scénique. Donc, il y avait un aspect un peu chaud, un peu chaumane. Mais il y avait de sa part quand même une volonté via la scène, via la prestidigitation, de haper un peu le public et de l'attirer vers les sciences magiques.

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