La réalisation métaphysique selon René Guénon

Cet exposé est le deuxième volet des "bases de la métaphysique de René Guénon". Jean-Marc Vivenza nous y dévoile la saisie intuitive de l'infini métaphysique telle que René Guénon l'a pensée comme une mise en abstraction totale, voire ascétique, de toute manifestation phénoménale et une authentique négation de toute détermination. Une des conceptions métaphysiques les plus radicales.

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Deuxième aspect de cet exposé, après le premier qui fut plus précisément consacré aux bases, aux grands éléments fondamentaux sur le plan théorique de la métaphysique, nous abordons la deuxième partie, le deuxième aspect de cette question qui est intrinsèquement lié au premier, la question de la réalisation métaphysique.

Car on ne peut parler ou exposer la métaphysique intégrale ou universelle sans immédiatement se pencher sur ce qu'il en est de son aspect pratique, concret.

Même si le domaine théorique est tout de même en mesure de nous introduire assez profondément dans la saisie intuitive intellectuelle de l'infini métaphysique.

Et cette saisie intuitive intellectuelle de l'infini métaphysique est également, et peut-être souverainement aussi, l'opération métaphysique préliminaire la plus féconde et la plus profitable qui soit pour l'esprit dans la mesure où elle ébauche, elle met en germe au centre même de la fine pointe de l'âme, de l'esprit, la lumière indicible, ineffable, imperceptible de l'infini sur le plan métaphysique.

Cependant, pour aborder ce deuxième volet, ce deuxième aspect portant sur la réalisation métaphysique, il nous faut convenir que la manifestation dans laquelle nous sommes plongés oblige, pour s'engager au sein de la perspective métaphysique, une abstraction, une mise en abstraction de toutes les déterminations phénoménales qui nous entourent et nous contraint, par un exercice certes difficile, mais cependant indispensable, à mettre en œuvre une authentique négation de la détermination.

Pourquoi ? Parce que, comme l'explique Guénon, la manifestation dans son intégralité est véritablement nulle au regard de l'infini.

Elle l'est comme n'existant pas, ou très peu.

Ainsi s'explique l'obligation demandée par Guénon à ceux qui veulent s'engager véritablement et avec sérieux sur les rivages de la connaissance métaphysique, l'obligation consistant à se situer dans l'intemporel, le non-temps.

Et il le dit très clairement.

La première chose à faire pour qui veut parvenir véritablement à la connaissance métaphysique, c'est de se placer hors du temps.

Nous dirions volontiers, rajoute-t-il, dans le non-temps.

Et l'on pourrait sans doute placer à la suite de cette impérative demande, l'indispensable obligation de se situer hors de la soumission au phénomène, d'entrer sans crainte dans le domaine non-phénoménal, provoquant une déprise libératrice à l'égard de ce qui est manifesté, de ce qui est contingent.

Et c'est pourquoi il est sans doute justifié d'affirmer, comme l'avait fait Georges Vallin, que la perspective métaphysique constitue la forme la plus radicale de la théologie négative en raison de ce qui nous paraît être le radicalisme, c'est-à-dire l'extrême rigueur de sa conception de la transcendance.

Si la connaissance métaphysique, comme nous l'avons vu précédemment, est une connaissance suprarationnelle, intuitive, immédiate, elle est donc dans le même temps identique à une connaissance supraphénoménale, une connaissance non sensible, puisqu'il ne nous faut former aucune conception, aucune image particulière de l'infini métaphysique que nous avons vu nous traverser l'esprit.

La connaissance métaphysique n'est donc pas une connaissance d'analogie ou du reflet, connaissance du reflet qui correspond bien au fond à ce qu'est dans sa nature effective la réalité sensible, c'est-à-dire des transpositions toujours établies à des degrés divers.

La connaissance métaphysique telle que Guénon nous la propose est une connaissance de l'origine, une connaissance que l'on pourrait baptiser d'originelle, car tout ce dont il s'agit ici, nous dit René Guénon, n'a aucun rapport avec des phénomènes quelconques.

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