Joseph de Maistre et l'Illuminisme 1/2

Présentation de l'oeuvre et de la pensée de Joseph de Maistre (1753-1821), homme politique, écrivain et philosophe. Père de la philosophie contre-révolutionnaire française et antilumière, il opposa au rationnalisme du XVIIIème siècle le sens commun, la foi et les lois non-écrites. 

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Membre de la loge maçonnique Saint-Jean des Trois Mortiers, à l'Orient de Chambéry, créée en 1749 sous les hospices de la Grande Loge d'Angleterre, il tenta de concilier franc-maçonnerie et foi catholique. Trois clés pour méditer sur ce personnage encore très controversé.

Extrait de la vidéo

Parler de Joseph de Maistre, c'est parler évidemment du XVIIIe siècle, puisqu'il en est sans doute une des figures les plus marquantes sur le plan de la littérature française, bien qu'il ne soit pas français, puisque la Savoie n'était pas un département français à l'époque. La Révolution française, on a d'ailleurs appelé la Savoie le département du Mont-Blanc. Il fallait un peu se débarrasser de cette connotation un peu trop monarchique de ce territoire, puisque la Savoie était un royaume, et Joseph de Maistre, qui n'est pas natif de la Savoie, puisque sa famille était du comté de Nice, donc des Provençaux d'origine, qui viendront s'installer en Savoie à la faveur des activités du père.

Et Joseph de Maistre va grandir dans Chambéry, dans cette région des Alpes, va grandir baigné par la spiritualité propre à ces pays, à ce pays appartenant à une congrégation des pénitents gris, avec laquelle il défilera dans Chambéry à chaque vendredi saint, habillé d'une robe de bure et précédée par une croix, qui d'ailleurs se voit encore dans la sacristie de la cathédrale de Chambéry. Sa spiritualité à l'intérieur des congrégations en Savoie va d'ailleurs être très marquante pour ce jeune homme brillant qui voit le jour exactement le 1er avril 1753 à Chambéry.

Après donc cette jeunesse, il se destine à la carrière du droit et il est reçu d'ailleurs docteur en droit en 1772 et se consacre immédiatement, après la réception de son doctorat, à la défense des plus pauvres comme il était de tradition de le faire dans le stage qui faisait suite à l'obtention du doctorat. En décembre 1774, deux ans plus tard, il est nommé substitut surnuméraire de l'avocat fiscal du Sénat de Chambéry.

Joseph de Nestre n'a que 21 ans et son activité au Sénat de Savoie l'occupe pendant de longues heures. En tant qu'aîné, secondant son père, il veille aussi avec beaucoup de zèle et un soin vigilant sur l'éducation et le devenir de ses frères et soeurs. Parfaite image de la famille unie autour des parents pour le soin des plus jeunes et Joseph de Nestre, qui a bénéficié de l'aide familiale, consacre de son temps et de son argent à l'éducation de ses jeunes frères et soeurs.

Il travaille plus de 15 heures par jour. Il s'adonne à la lecture avec frénésie et nous dit-il dans ses carnets « Je me reposais en changeant d'occupation et je me délaçais de l'étude de la juridicprudence par celle du grec et de l'algebra ». Il va donc accumuler une énorme documentation littéraire, scientifique, philosophique et théologique et lorsqu'il va quitter Chambéry, on en parlera un peu plus tard, en 1792, on dénombrera 2354 volumes dans sa bibliothèque, ce qui était considérable pour l'époque.

Il trompe son ennui par une surabondante activité. Il est levé à 4 heures du matin pour se plonger dans ses livres tant aimés qu'il ne peut consulter dans la journée puisqu'il plaide et il s'occupe de différents dossiers et il met à profit le temps qui lui est donné pour réunir les éléments et parts d'une connaissance qu'il souhaite la plus large possible. Et il fait venir par les libraires de Chambéry des ouvrages de Paris et d'Angleterre, ce qui éveille quelques suspicions à son égard parce qu'il passe, Joseph de Maistre, pour un esprit gagné aux idées libérales puisqu'il lit des ouvrages anglais.

Et cette image d'esprit libéral lui sera d'ailleurs durablement accolée et ne fera que se renforcer plus encore depuis que, curieux de toute chose, négligeant les condamnations papales et la méfiante réserve du pouvoir royal de sa voix, il se fait recevoir en 1774 au sein d'une loge maçonnique, la maîtresse loge chambérienne Saint-Jean-des-Trois-Mortiers. La maçonnerie à cette époque est une entreprise regardée comme participant des idées d'avant-garde, des idées qui ne plaisent ni à l'église ni à la monarchie.

Et les Trois-Mortiers, cette loge de Chambéry, créée en 1749 par Joseph de Bellegarde, marquis des Marches – Marches sont un territoire de proximité de Chambéry – cette loge donc était rattachée à la grande loge d'Angleterre et représentait un foyer actif de sympathie vis-à-vis de l'esprit nouveau qui se répandait avec rapidité en ces temps troublés où les notions d'égalité, de justice faisaient trembler les puissants et affaiblissaient les trônes sur lesquels ils étaient pour l'heure encore, tout au moins, encore fermement installés.

Certes, Saint-Jean-des-Trois-Mortiers était loin d'être l'antichambre obscur d'un noyau de comploteurs travaillant à abattre l'ordre établi loin de là. On y venait au contraire pour s'entretenir entre amis cultivés et de bonne société sur divers sujets philanthropiques, se retrouver entre personnes de même condition pour s'adonner à quelques plaisirs ludiques et divertissantes activités, y entendre de beaux discours teintés de l'esprit nouveau.

On y jouait parfois. On se consacrait aussi à une activité fort prisée qui était celle du banquet. Et Maistre put écrire que la maçonnerie qu'il va découvrir à cette époque était selon son expression une société de plaisir.

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