Le manuscrit de Voynich, une énigme cryptographique et alchimique
Le manuscrit de Voynich fut probablement rédigé au XVème siècle. L’ouvrage se compose de 260 pages, dont trente ont disparu. Contrairement à l’image que l’on se fait des vieux grimoires du moyen-âge, habituellement volumineux, celui-ci est de petite taille. Il fut d’ailleurs vraisemblablement conçu pour le voyage. Et justement, des voyages, ce manuscrit en a beaucoup fait, notamment entre la Bohême et l’Italie, avant d’atterrir au XXème siècle dans les austères coffres forts de l’université de Yale (USA)… Souhaitez-vous découvrir pourquoi, encore aujourd’hui, ce manuscrit passionne autant les chercheurs ?
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Une écriture inconnue, un herbier fantastique, des femmes au ventre arrondi et des signes du zodiaque.
Depuis 1912, date à laquelle le manuscrit fut découvert, les plus grands spécialistes de la cryptographie ont essayé de déchiffrer ce texte et d’interpréter ces dessins, en vain. Selon certains commentateurs autorisés : "soit nous sommes en présence du travail d’un génie du chiffrage qui parviendrait encore, après cinq siècles, à tromper nos logiciels modernes ; soit tout cela n’est qu’une vaste fumisterie" … Autre alternative: les trente pages disparues constitueraient une sorte de glossaire et elles auraient (sciemment ?) été évidées de l’ouvrage…


Un nouveau "Mutus Liber" ? Un Tolkien avant l’heure? Une forme imagée du langage des plantes ?
François Malet se passionne pour ce mystérieux manuscrit depuis plus de quinze ans. Il lui a consacré un ouvrage et son site internet – chose rare qui mérite d’être amplement soulignée – propose en haute définition les planches du Voynich, ce qui permet d’en scruter les moindres détails.
Contrairement à de nombreux charlatans qui sévissent dans "nos" milieux, François Malet n’a pas la prétention de nous apporter l’ultime clef de compréhension du Voynich, son échange avec Kévin Meunier nous suggère différentes pistes fort intéressantes: celle de l’élixir de longue vie, de l’universalité, de la nativité, de la cyclologie de la vie, des humeurs humides.
Nos deux auteurs iront même jusqu’à évoquer "la clef égyptienne" : ces cinq jours manquants dans une année calendaire multiple de trente jours et des douze lunaisons….
Des nombres qui seraient à juxtaposer avec les différentes sections et chapitres de ce livre.
François Malet nous incite par ailleurs non pas à tenter de "lire" l’écriture mais plutôt d’étudier la corrélation entre "partie graphique" et "partie scripturale"…
Bref, si le manuscrit de Voynich visait l’immortalité, au nombre d’interrogations qu’il continue de susciter cinq cent ans après sa création : son pari contre la mort est bel et bien réussi !
Extrait de la vidéo
Trité de botanique, manuel d'astrologie, grimoire renfermant les secrets de la jeunesse éternelle ou encore pure supercherie d'un esprit de génie, le MS 408 alias le manuscrit Voynich reste à ce jour l'une des œuvres les plus hermétiques et mystérieuses de ce monde. Rédigé dans une langue inconnue à l'aide d'un alphabet aux lettres envoûtantes et parsemé d'illustrations des plus énigmatiques, cet ouvrage suscite l'intérêt des chercheurs et des cryptographes du monde entier depuis maintenant de très nombreuses années sans que jamais aucun de ses secrets ne soit réellement percé.
Je vous souhaite la bienvenue sur Baglis TV et vous propose aujourd'hui une fantastique émission qui vous emmènera en voyage au cœur de cet étrange manuscrit. Et pour nous en parler, je reçois comme invité François Mallet, chercheur passionné et auteur d'un ouvrage intitulé « Le manuscrit Voynich, le temps dévoilé » publié aux éditions Livrior. Bienvenue François et merci d'avoir accepté cette invitation.
Merci Cléline. Bienvenue. Donc au cours de cette émission nous allons évidemment aborder cet étrange ouvrage et nous allons commencer en présentant d'abord avec un peu de légèreté le manuscrit Voynich avec son histoire, ses pérégrinations mais aussi votre histoire à vous François, les chemins qui vous ont conduit à vous intéresser à cet ouvrage pour le moins hors du commun. Et puis dans une seconde partie nous entrerons un petit peu plus en détail dans les secrets et dans les interrogations qui tiraillent encore les chercheurs de la planète et qui se sont penchés sur le manuscrit Voynich.
Alors François, bienvenue et merci beaucoup d'être ici aujourd'hui pour cette émission. Je vous laisse la parole en vous demandant est-ce que vous pourriez simplement vous présenter un peu, nous parler de votre parcours, d'où vous venez et puis ce qui a fait du coup que vous êtes un petit peu intéressé au manuscrit Voynich ? Je suis à la fois issu du monde des livres. Mon père a 9000 livres, j'en ai 2000.
J'ai créé en 1993 un des premiers sites internet en France dédié aux littératures connexes, littératures cachées, tout ce qui concerne le mouvement d'Oulipo, des livres assez peu connus sur des structures mathématiques à plusieurs degrés de lecture. Et voilà, de fil en aiguille, je suis rentré dans des schémas de recherche sur des livres. Et j'ai découvert Voynich sur les newsgroups dans les années 2000, voilà, fin 99, début des années 2000.
Donc de base, vous étiez déjà un passionné, c'était une envie professionnelle, c'est-à-dire que professionnellement, vous êtes dans les études d'art artistique, stéganographique ou autre ou c'était vraiment quelque chose de... J'ai l'équivalent de l'histoire de l'art, mon métier c'est dans la finance, gestion de fortune, donc un métier qui n'est pas du tout a priori dédié au monde des arts et des lettres.
Chacun ses secrets et ses façons d'aborder aussi la vie et c'est pas surprenant. Voilà, d'accord. Donc vous étiez naturellement destiné finalement à vous orienter vers le Voynich, on va dire, si vous avez la passion des oeuvres un peu cryptées. C'est une décryptée des oeuvres littéraires, artistiques et formées en histoire de l'art, avec notamment Ernst de Grombrich et puis d'autres auteurs qui décrivent les détails, voilà, qui lisent les détails, en peinture notamment.
Oui parce que finalement on parle du manuscrit Voynich, on va en parler un petit peu plus, comme étant quand même une des oeuvres principales d'un travail de cryptage artistique, mais c'est quand même pas le seul, on en a quand même beaucoup d'autres, même parmi des auteurs des fois plus connus peut-être. Effectivement, en 1993-94, j'ai eu le Codex Seraphinianus, on en parlera peut-être après, qui a été écrit par un italien et que je présentais d'ailleurs sur ce site internet qui vit à Rome, qui est toujours en vie et qui présente, qui a écrit une encyclopédie Codex Seraphinianus, à peu près les mêmes cibles.
Et puis en 2002, un Américain, Ross Swanson, qui m'a fait part, qui m'a envoyé des États-Unis un livre qui s'appelait Fly to Egypt de Timothée Laille, qui est de la même nature, c'est-à-dire une écriture inventée, indéchiffrable ou indéchiffrée, et du texte superposé, des dessins superposés, voilà. D'accord, effectivement, c'était un parmi tant d'autres, mais du coup on parlera un petit peu justement des spécificités du manuscrit Voynich qui a quand même des choses un peu différentes des peut-être des autres ouvrages contemporains.
Donc on va voir ça. Alors, est-ce qu'on peut rentrer un peu dans l'histoire du manuscrit ? Est-ce qu'on a des éléments sur l'histoire du manuscrit ? Que sait-on ?
D'où vient-il ? Est-ce qu'on a pu retracer ou pas son voyage ? Alors le voyage est un peu compliqué, mais où il a été écrit ? Par qui ?
Comment ? Beaucoup de zones d'ombre, essentiellement des zones d'ombre, mais par définition une zone d'ombre ne demande qu'à être éclairée, et donc on ne connaît pas. Comparaison n'est pas raison, mais il faut essayer de définir des pistes, des hypothèses, et à partir de là on peut certainement penser que ça a été rédigé en Europe de l'Est, au moins en Europe de l'Est actuelle, entre les années 1490-1550.
Donc si on essaye de résumer dans les grandes lignes un livre qui mesure 15 centimètres sur 23, donc un peu moins d'une feuille à quatre, un peu plus de 260 pages, une trentaine de pages disparues, des pages en couleurs recto verso qui mêlent une oeuvre graphique et une oeuvre comment dire, scripturale, donc une écriture. Et donc par rapport justement à ça où on essaye de dater, est-ce qu'on a déjà essayé de faire une datation ?
Je sais qu'on a des moyens aujourd'hui de dater par exemple en prenant des morceaux, en mesurant, je ne sais pas, par le carbone 14 ou autre. Est-ce que des scientifiques se sont penchés sur cette datation ou c'est juste peut-être par des balises historiques ? Est-ce qu'on a des mentions de ça dans l'histoire ? Mais la remarque effectivement est très intéressante parce que l'université de Yale qui détient, qui conserve plutôt ce manuscrit, considérait une étude scientifique avec la datation du carbone 14 comme étant mineure parce que c'était vraiment, ça concernait qu'un groupe de personnes.
Et la datation en carbone 14 n'est pas fiable parce qu'a priori le manuscrit est trop récent, c'est-à-dire qu'au-delà de 400, 500 ans, la marge d'erreur est trop grande pour déterminer une date. Mais quand bien même ce manuscrit serait de 1450, 1500, 1550, ça ne nous donnerait pas plus d'informations. Ce qu'il faut davantage savoir c'est est-ce qu'on retrouve des traces de ce livre parmi des contemporains, d'autres auteurs ?
Et là, non, il n'y a strictement aucune trace hormis peut-être le recteur de l'université de Prague en 1650 et le jardinier de l'empereur Rodolphe II qui font état d'un manuscrit avec des dessins et une écriture inconnues. Ok, donc finalement on n'a pas la possibilité de le dater précisément mais on a quand même des notions, des mentions en tout cas dans l'histoire de cet ouvrage, la plus ancienne. Est-ce qu'on a un moment où on dit cet ouvrage nous est parvenu ou on a créé cet ouvrage ?
En fait, la dernière et la plus ancienne précision c'est celle de Marcy, le recteur de l'université de Prague, qui donne à Thanessius qui recherche une indication qu'il a détenu un livre mystérieux avec des dessins botaniques,