La conscience au-delà du cerveau, état des lieux des recherches expérimentales : neurosciences et mystères du psi
Il existe aujourd’hui un paradoxe que peu de gens soulignent : l’énorme variabilité de la valeur que l’on accorde à un témoignage. Face à un juge, il peut conduire une personne en prison. Face à un parent, un voisin ou un médecin, il peut n’entraîner que des moqueries. Deux poids, deux mesures, certes, à adapter selon le contexte. Il n’empêche qu’en termes de méthodologie, et notamment dans le cadre d’une recherche scientifique sur les phénomènes paranormaux, ces préjugés, aussi nommés « biais », constituent une entrave.
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À l’occasion de la parution du Grand Manuel de la Parapsychologie (Éd. Dunod, juin 2025), les amis de l’IMI ont organisé à Paris une mémorable soirée, réunissant un grand nombre de ses contributeurs. Le présent film constitue la troisième conférence de cet évènement.


Un grand nombre de médias surfent aujourd’hui sur le thème de la conscience, devenu très à la mode. Mais leurs études ne sont bien souvent qu’une suite de corrélations discutables… venant même de la part de neuroscientifiques de premier plan.
Mario Varvoglis, Renaud Evrard, Jean-Pierre Rospars et Éric Dullin dressent ici un état des lieux précis des recherches actuelles sur les liens, pour certains encore très mystérieux, qui unissent conscience et neurosciences : précognition et choix forcés (Cartes Zener), taille d'effet (« ES »), Ganzfeld, signatures physiologiques, Remote Viewing et esprits frappeurs (poltergeists). Tous les quatre spécifient aussi l’état des recherches en Grande-Bretagne, en Italie, en Allemagne ainsi qu’aux USA.
La France, dans ce palmarès, occuperait-elle le peloton de tête des réductionnistes-physicalistes ?
Citons à ce titre ce que Jean-Pierre Rospars nous dit : « Stanislas Dehaene, qui demeure indéniablement un brillant chercheur, ne base ses recherches que sur des corrélats neurophysiologiques : dans les neurones, dans les réseaux de neurones, mais pas dans la conscience en elle-même… ». Un constat qui se ferait au détriment de sa propre intuition et de son expérience.
Les meilleurs sceptiques sont les expérimentateurs eux-mêmes
Renaud Evrard évoque aussi les « collaborations contradictoires », fructueuses, qu’il entretient avec certains sceptiques, notamment avec le groupe « Para », spécialisé dans l’étude critique des phénomènes paranormaux. Il démontre ainsi que parapsychologues et sceptiques peuvent collaborer, à condition que ces derniers mettent en berne leurs postures et leurs présupposés idéologiques, afin de privilégier une méthodologie concertée.
Science et conscience : à quand le bon diapason ? « Sans doute n’avons-nous pas encore les bons outils », comme le dit avec sagesse Mario Varvoglis.
Titre original de la conférence : D’expériences en théories – Une exploration des recherches expérimentales, des liens entre conscience, psi et neurosciences, et des modèles théoriques du psi
Extrait de la vidéo
Alors, nous abordons la deuxième table ronde avec seulement 3 minutes de retard, ce qui est un exploit. Et donc deuxième table ronde qui s'appelle D'expérience en théorie et on va s'intéresser là davantage à la partie expérimentale de la parapsychologie. Je commence par une question que je vais poser à Mario. Mario Varvoglis.
Donc quand on parle d'ESP, d'expérience extrasensorielle en quelque sorte, beaucoup imaginent les expériences de télépathie avec les cartes Zener les cinq fameuses cartes que tout le monde connaît. Mais à quoi ressemblent maintenant les protocoles actuels et qu'ont-ils amené de nouveau ? Bonsoir à tout le monde. Donc je vais répondre de manière assez longue à ça parce que j'ai j'aimerais faire une petite présentation de justement des approches des recherches actuellement pour que tout le monde soit au moins un minimum de de background de de fond là-dessus.
Et excusez mon français, la plupart d'entre vous qui m'ont déjà entendu savent que vous devez supporter ça pour un certain temps. Mon accent ça fait 30 ans que tu es en France. Oui oui, je je n'arrive pas à calculer donc les effectivement le les dans les la notre culture souvent on pense test parapsychologique égal cartes Zener et cartes Zener c'était une façon d'aborder ce qu'on appelle les tests des choix forcés.
Donc pour étudier quelque chose comme la précognition, est-ce que la personne est capable de voir un événement futur qui n'est pas déductible logiquement, rationnellement, un événement aléatoire ? Est-ce qu'il est vraiment capable de Est-ce que la personne est capable de capter ce qu'une autre personne vit à distance ? Donc la télépathie, est-ce qu'elle est capable de de capter un événement qui n'est pas dans le futur mais qui est distant sans l'intermédiaire ?
une personne intermédiaire. Donc je mets le timer parce que je voulais être sûr que je dépasse pas. Donc comment on peut faire ça ? On a un pack de cartes, un jeu de cartes avec cinq symboles.
On mélange les cartes et dans les protocoles les plus les premiers protocoles, il y a une personne qui tourne une carte après l'autre et il y a une autre personne derrière un écran qui pointe sur les cinq symboles. Donc essentiellement quand on enregistre tout, on sait que normalement par le hasard tout seul, il y a une chance sur 5 qu'il n'y aura pas que la personne va deviner à peu près sur 25 cartes va deviner juste 5.
Mais ça c'est purement le hasard. Donc la question est-ce que la personne justement les sujets comme on appelle les récepteurs est-ce qu'il est capable ou elle est capable de capter bien plus que $5/25$ donc et on fait bien sûr on fait des centaines des milliers d'expériences comme celle-là c'est très ennuyeuses. Et donc la manière que ça marchait, ça a évolué beaucoup. Après il y avait des systèmes électroniques et cetera et pas des cartes physiques.
Mais la base on la comprend bien avec les cartes et pour continuer un petit peu avec cette idée de familiarisation avec toutes les expériences scientifiques non seulement parapsychologie mais dans dans plein de domaines différents, médicaux, sociaux, psychologiques et cetera. Qu'est-ce qu'on fait ? On essaie d'évaluer statistiquement si la performance de l'individu, on peut dire excède de manière significative la moyenne attendue.
Donc ça, on la traduit parfois par une courbe gaussienne et on dit que si la personne effectivement a eu un résultat qui qui est plus loin plus que deux écarts-types, c'est-à-dire qui s'éloigne de manière importante de la moyenne qu'on attend, dans ces cas-là, il y a peut-être quelque chose qui est en train de se passer et on peut évaluer avec précision notre confiance que c'est peut-être réel et pas simplement encore une une comment dire une coïncidence si on peut dire.
Alors ça c'est on donne on attribue une probabilité qui est on dit c'est commence à être statistiquement significatif à partir du moment qu'il y a une chance sur 20 que le résultat est arrivé par le hasard seul donc un $p$ probabilité égale $0,05$. Plus il s'éloigne plus c'est statistiquement significatif maintenant ça il y a une autre mesure et je la mentionne parce que c'est important dans ce qui va suivre qu'on appelle les tailles de l'effet (Effect Size, ES) et cette taille d'effet représente autre chose que simplement l'improbabilité de l'effet ça représente si l'effet était grand ou petit parce que l'improbabilité on peut faire des dizaines des dizaines des dizaines de milliers d'essais et si on a un tout petit effet, ça va être très très significatif mais ça va être de manière pratique inutilisable, c'est-à-dire ça nous donne rien, c'est juste improbable mais ça veut pas dire qu'on peut à partir de là aller au casino.
On peut pas compter là-dessus parce que c'est tellement l'effet est très petit. Donc il y a une autre manière de voir les statistiques qui est par les tailles de l'effet de dire est-ce que ce que l'on a trouvé dans cette expérience ou ces expériences étaient utilisables et pratiques. Et donc dans les sciences humaines on est déjà content si on a un petit effet de ce qu'on appelle un effet faible de $0,1$ et après si c'est $0,3$ on appelle un effet médium moyen et $0,5$ et plus c'est un grand effet.
Donc pour revenir ici maintenant, il y a une procédure qu'on appelle la méta-analyse qui prend un domaine entier toutes les expériences qui ont été faites dans un domaine par exemple avec les cartes Zener et on fait une méta-analyse, on les regroupe, on fait différentes descriptives et qualificatives de la qualité et cetera et on arrive avec un effet cumulatif taille d'effet qui décrit la base de données entière qui peut être des dizaines dizaines de milliers d'essais. Donc pour les cartes Zener tout de suite, j'aimerais débunker, j'aimerais falsifier ou challenger une illusion qui existe dans la culture qui dit mais les cartes Zener ça n'a rien donné. C'était tout.
Si, les cartes Zener ont donné des résultats très forts statistiquement et notamment je prends une seule méta-analyse qui est focalisée sur la précognition. Donc là, c'est parmi les protocoles les plus sûrs parce que quand la personne écrit son résultat, il devine que c'est un un carré, l'autre le carré n'existe pas encore, c'est-à-dire l'émetteur n'a pas encore tiré une carte. Vous voyez ? Donc c'est très difficile à tricher avec quelque chose qui n'existe pas encore.
Une méta-analyse montre que il y a un petit effet de $0,02$ mais quand on sélectionne les les résultats, c'est un peu plus que le double. C'est-à-dire que quand on a des personnes qui semblent être relativement ouvertes à ces phénomènes qui s'entraînent et cetera, les les scores montent considérablement. Donc ça c'est pour dire simplement qu'il y a une logique dans ce phénomène. On n'est pas dans quelque chose qui est

