Kung Dao et Kyudo: l'art du tir à l'arc

Le tir à l’arc ne se réduit ni à une simple technique de chasse, ni à une ancienne pratique guerrière ! Gérard Depreux et Taïkan Jyoji, respectivement praticiens chevronnés de Kung Dao (tir à l’arc chinois) et de Kyodo (tir à l’arc japonais), vont justement nous sensibiliser aux subtiles arcanes de cette tradition asiatique multiséculaire. Tout d’abord, ils vont replacer leur art dans une perspective historique et religieuse. Taoïsme, Bouddhisme, Confucianisme et Shintoisme ont naturellement marqué ces pratiques et ces influences sont toujours prégnantes.

Pour visionner ce film ajoutez le au panier ou
abonnez-vous pour un accès à tout le catalogue !
29:20
À partir de 12 € / mois
VOD / 15€

Ensuite, ils vont détailler les différentes composantes qui, ensemble, créé la magie de ce rituel et lui confère son caractère initiatique, opératif.

depr arc1depr arc2

Être UN avec ce que l’on fait.

Les différents moments, les pas, les gestes, les salutations, les rythmes et orientations. Le choix des matériaux, le son du gong, la complémentarité symbolique que constituent les quatre éléments : plume, tendon, bois et fer. L’ouverture des bras, le décochage, le rapport que l’archer entretient avec sa cible……

Cette énumération pourrait être encore longue, mais au-delà de la description : quelle est donc la quintessence de cet art ?

L’équilibre du corps et du Qi.

Cette justesse s’obtient par la pratique de l’observation et la culture du non-dit. A l’instar du Qi –Gong , qui est l’ approche gymnastique, cette recherche du Qi constitue une alchimie interne dont le Tao garde le secret mais que le tir à l’arc se propose d’incarner, telle une allégorie animée. Ainsi, l’espace devient non seulement sacré mais aussi "lieu de vérité". En ouvrant les bras, c’est l’archer qui s’ouvre lui-même. Lorsque la flèche se libère, c’est l’archer qui se libère. L’arc n’est plus extérieur à lui mais au contraire le prolongement de sa main…..

depr arc3depr arc4

Ces éléments constituent un rituel d’une grande force et qui n’a d’autre finalité que la transformation de l’être dans son intégralité "on meurt au vieil homme pour renaitre à un homme nouveau" nous dit Gérard Depreux. Souhaitez-vous comprendre comment cette arme vous protège:

des pièges de l’illusoire…. ?

Eléments de réponses de Taïkan Jyoji et Gérard Depreux dans ce web-documentaire réalisé par Emmanuel Chevilliat.

Extrait de la vidéo

パッションパッションパッションパッションパッションパッション Le combat ou la chasse avant l'arc était un combat avec des personnes ou des animaux rapprochés. Et donc il y avait énormément de risques. Le tir à l'arc a apporté une distanciation par rapport au danger et qui a permis aussi une connaissance du corps beaucoup plus complexe et qui demande une plus grande précision. Le taoïsme se réfère à l'ordre naturel des choses.

L'homme doit trouver une forme de vie qui ne perturbe pas la nature. L'équilibre naturel, l'équilibre des énergies, l'harmonie dans la nature et l'homme au milieu de celle-ci. L'enseignement de Confucius. Confucius a vécu à une époque difficile où dans tout le pays, dans tout le sud-continent chinois, il y avait des guerres, des seigneurs de la guerre.

Et il a repris des éléments pour canaliser la violence, voire même la maîtriser, pour que l'ordre, la paix reviennent dans le pays et dans le sud-continent chinois. Et donc Confucius, au travers des rites, a organisé une certaine hiérarchie sociale où chacun était à sa bonne place. En haut de cette pyramide, l'empereur. Et l'empereur qui tirait sa sagesse du ciel.

Tiān dì rén, ça veut dire l'homme entre le ciel et la terre. Ça, ce sont des enseignements spécifiquement chinois très anciens. Le troisième enseignement qui a influé sur le tir à l'arc et sur bien d'autres choses aussi, c'est le bouddhisme. Le bouddhisme est arrivé en Chine à peu près aux environs du 1er siècle de notre compute.

Il s'est développé, assez bien d'ailleurs. Il s'est étendu parmi les classes aisées. Il a rayonné beaucoup. Jusqu'à devenir gênant sous le règne des Tangs.

Les Tangs étaient très philo-bouddhistes. Et il y a eu une réaction après la chute des Tangs au 10e siècle, une réaction de xénophobie par rapport à tout ce qui représentait le bouddhisme. Et donc le bouddhisme a été éradiqué dans sa forme, surtout indienne, etc. Au travers d'un moine indien qui serait venu en Chine, le fameux Bouddhidharma, qui s'est trouvé par son enseignement bouddhique en osmose avec le taoïsme.

Cette intégration des aspects de l'un et de l'autre a généré, si je peux m'exprimer ainsi, le Chan. Ce qui deviendra plus tard, au travers de l'importation de cet enseignement au Japon, le Zen. Et l'importance du mode de vie au travers de ces trois enseignements, qui ne sont pas trois religions contrairement à ce qu'on a pu le dire, a développé la philosophie, donc l'aspect spirituel, de la pratique du tir à l'arc.

Le tir à l'arc Le fondamental, il établit les fondements de la séquence elle-même, c'est-à-dire l'enracinement. Et le terme était quand même explicite, lorsqu'on parle d'enracinement, nous parlons, nous, des racines du sol. Vous savez, le sol qui s'étend partout, vraiment enraciné dans le sol. La première phase du tir, qu'on appelle hachibumi, c'est-à-dire ouverture des jambes.

C'est important parce que c'est l'ancrage en soi. Sans cet ancrage, le reste de l'exécution des gestes se fera d'une manière flottante. Dans le kyudo, on élève l'arc et on ouvre l'arc. Donc c'est une ouverture, une ouverture de l'arc, mais aussi une ouverture de soi.

Effectivement, le travail physique, on peut dire, est terminé intérieurement, on ouvre encore l'arc. Après être resté environ 7 secondes dans cet état de mûrissement pour laisser le décocher, se faire d'une manière naturelle. Celui qui ne maîtrise pas l'arc, qui ne maîtrise pas en fin de compte sa pratique, va mal lâcher la flèche, il va y avoir une rétention, il va y avoir un défaut gestuel qui fait que la flèche va claquer sur l'arc et le bruit de la corde ne sera pas bon.

En fait, le bruit de la corde, il n'est perceptible que lorsque la flèche est bien lâchée et bien propulsée par l'arc. Et là, on entend une sorte de feulement. On dit en Kung Dao que se lâcher, ce départ de flèche, c'est comme le vol du dragon au-dessus d'un lac. L'archer libère quelque chose.

En même temps qu'il libère l'arc, il se libère aussi lui-même. La corde est libérée et la flèche vole vers la cible. Et comme on le disait de Mozart, après une symphonie de Mozart, après la dernière note, la symphonie continue, et bien pour le tir à l'arc, c'est pareil. Après le départ de la flèche de l'arc, le tir continue.

Il y a un moment qu'on appelle le Zanshi, c'est l'esprit se perpétue. Quelque chose suit la flèche à sa destination ultime. C'est remettre l'arc dans sa position première, ramener les jambes dans leur position première, quitter le dojo. Quelque chose continue.

C'est un lieu particulier. C'est un lieu réservé, un lieu où toute chose est sacrée, c'est-à-dire respectée au plus haut degré que l'on se doit vis-à-vis de l'arche. C'est un lieu particulier. C'est un lieu réservé, un lieu où toute chose est sacrée, c'est-à-dire respectée au plus haut degré que l'on se doit vis-à-vis de l'arche.

C'est-à-dire respectée au plus haut degré que l'on se doit vis-à-vis des choses et des personnes. C'est un lieu où l'on se retrouve avec d'autres complètement en osmose pour réaliser l'art. En Chine, il y avait des libations après la pratique, ça se passait en dehors. Lorsqu'on en avait passé, l'entrée qui est marquée soit comme en Kyudo par deux petits plots en bois,

Abonnez-vous à la newsletter de BAGLIS TV

Haut