La doctrine d'Ibn'Arabî d'après les Futûhât
Ibn'Arabî est-il un philosophe? Entre Al Gazalî et Averroès, il est en tous les cas le philosophe mystique le plus proche de l'islam, nous dit l'auteur. Ibn'Arabî, qui a atteint les plus hauts degrés de la réalisation spirituelle, a acquis sa connaissance par inspiration. Non rationnelle, elle a jailli du coeur. Dieu est ainsi le grand inspirateur; Ibn'Arabî le grand serviteur. Fort érudit, ce dernier a ainsi intégré dans son oeuvre de nombreuses références tant philosophique que théologique.
Quelle est la relation entre le soufisme et le philosophe lui-même ?
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Comment Ibn'Arabî intègre la philosophie à son expérience divine à travers sa doctrine? Quelle est sa théorie de l'émanation ? Réponse d'Aladdin Bakri dans cette conférence vidéo de 29 minutes




Extrait de la vidéo
J'ai parlé de la doctrine philosophique des lois et de l'éthique de l'art, mais c'est une approche nouvelle, je crois que personne n'a fait ce travail, ce n'est pas pour l'encontrer, c'est plutôt pour justifier les lacunes qui peuvent apparaître dans ce travail. Un débat sur la possibilité de qualifier le paradigme de philosophes a récemment pris forme entre les adeptes et les opposants de cette qualification.
Certains spécialistes de Bonnefoy refusent de voir dans les photohates un langue en plusieurs aspects philosophiques. Commençons d'abord par définir le nombre philosophique. Si l'on considère que la philosophie est un système cohérent, exprimé dans un langage rationnel, soutenu par des démonstrations spécifiques, comme dans le cas de la philosophie d'Aristote, Abyssine, Agithorèse, Descartes, Hegel ou Heidegger, on ne peut pas risquer de considérer les narabis comme les fondateurs d'un système philosophique.
C'est justement le critère par lequel Abdelrahman Oubedani refuse de classer les narabis dans la famille des philosophes. Mais si l'on élargit la notion de philosophie et que l'on qualifie de philosophe celui qui présente un nouvel ensemble d'idées plus ou moins cohérents, comme c'est le cas dans la doctrine de l'unicité de l'être attribuée communément aux narabis, on n'hésiterait pas à qualifier sa doctrine de philosophie et de le traiter comme le philosophe.
Selon cette acception, on peut parler d'états qui ressortent dans ce domaine. Par exemple, le grand orientaliste espagnol Miguel Asim Palacios le considère comme un platonicien, ou quelqu'un qui a lu Plotin dans les détails et qui le considère comme une continuité de la philosophie néo-platoniste. Roulol Harifi, le grand précurseur des narabis ou des travaux ou des recherches sur les narabis, le spécialiste égyptien qui a soutenu sa thèse à Cambridge dans les premières décennies du XXe siècle sous la direction de Nicholson, un grand orientaliste anglais.
Puis plus récemment, Rousseau-Nicolas et Henri Corbin qui l'ont considéré comme philosophe. Je veux également rappeler la critique d'Ibn Taymiyya, qui est un grand professeur des narabis. Ibn Taymiyya considère Ibn Arabi comme l'un des philosophes mystiques les plus proches de l'islam. Parce que les autres philosophes mystiques comme Suhrawardi ou Ibn Saba'in sont plutôt exclus presque, excommuniés par Ibn Taymiyya.
Donc selon Ibn Taymiyya, Ibn Arabi... Ils ne disent même pas le mot philosophe. Mutafalsef, c'est avec une tendance un peu péjorative dans le terme. Qu'en est-il de l'opinion d'Ibn Arabi lui-même concernant la philosophie et le philosophe ?
D'après un texte des photohates, le philosophe... Ibn Arabi utilise ici le mot hakim et quelquefois il utilise le mot philosophe dans le terme. Donc le philosophe est celui qui traite l'ensemble des matières philosophiques, la métaphysique. Ibn Arabi parle de...
La physique, Les mathématiques, Et la logique, Au premier abord de cette définition, il s'agit de celui qui pratique ou maîtrise la philosophie aristotélicienne. Disons-le d'emblée, la métaphysique d'Ibn Arabi lui-même est plutôt coranique et plotinienne et s'oppose à celle d'Aristote et d'Avisen. On le verra à la fin. Concernant la physique, les mathématiques et la logique, Ibn Arabi les considère comme un héritage scientifique de l'humanité.
Rappelons que la position de Ghazal est sur ce point. Dans le Tahaf ou tel philosophe, il critique plutôt l'aspect métaphysique de la philosophie d'Aristote et d'Avisen. Ibn Arabi utilise un terme assez intéressant pour parler d'un nouveau type de soufi, de mutassowéf. Il l'appelle le soufi al-muhakik.
Le terme al-muhakik a été repris par Ibn Sabrin pour désigner le degré le plus élevé de la mystique musulmane. Donc, al-soufi al-muhakik, ou le soufi qui a atteint le degré de la réalisation spirituelle, fait en lui-même un représentant de la philosophie et de la mystique en même temps. Dans un texte très important des futuhat, Ibn Arabi déclare que le soufi qui a atteint le degré de la réalisation spirituelle a le droit de faire circuler ou adopter des idées philosophiques.
C'est donc de la pure ignorance que de considérer ceci comme un défaut. Ce sont les termes d'Ibn Arabi. Il convient de placer ce jugement dans un contexte qui fut celui de la fin du XIIe siècle, c'est-à-dire au début de la rédaction des futuhat al-amek. D'une part, la naissance du débat.
C'est-à-dire, rappelons qu'il y avait un débat antérieur à la rédaction des futuhat, qui est celui entamé par al-Razali dans sa critique de la philosophie arabe et grecque à la fin du Vème siècle de l'Égypte, XIème de l'ère chrétienne. Dans son Tahafut al-Falazifah, al-Razali critique Avicenne et Aristote. Ibn Rushd, d'Averroës, a répondu à cette critique par un autre livre, Tahafut at-Tahafut, la destruction du livre de Razali.
Il a réhabilité Aristote dans son système philosophique. Ibn Arabi a dû lire, soit entièrement, soit partiellement, ces deux ouvrages. Grâce ou à cause d'al-Razali, la philosophie a commencé à avoir une mauvaise réputation dans les milieux des juristes, des fouqaha' de l'islam. Ibn Arabi, en fait, se place entre les deux grands philosophes, Razali et Averroës, parce qu'il a une autre vision de la philosophie grecque.
Alors, il a un jugement sur le philosophe, qu'on peut citer dans ses fouqaha' également, en s'adressant à un ami, en lui disant, quant à ta déclaration, le philosophe est agnostique, la din alahu, on peut dire même, c'est-à-dire, c'est un terme un peu gentil pour ne pas dire kafir, donc ceux qui traitent le philosophe d'agnostique, cela ne saurait signifier que tout ce qu'ils professent est fou. Donc Ibn Arabi défend la vérité que la philosophie peut apporter.
Cette assertion est inacceptable pour quiconque est doué de raison. Donc Ibn Arabi défend la vérité que les philosophes peuvent apporter. Selon Ibn Arabi, les philosophes ont une certaine éthique qui nous force à respecter leurs opinions, voire les adopter si nécessaire, et de continuer en disant, donc je cite Ibn Arabi,