La mystique peut-elle se dire ? Le cas de Farid od-dîn’Attâr. Attâr, célèbre auteur persan de la fin du XIIème siècle, est habité par l’obsession du secret, de ce rapport paradoxal qu’entretient l’âme des hommes avec le divin. 

Afin d’approcher ces "vérités qui relèvent de l’intime", Leili Anvar nous emmène dans les méandres des sept vallées, décrites dans Le cantique des oiseaux et notamment dans cet échange entre la huppe et les autres oiseaux.

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Ici, le poète ne se contente pas seulement d’observer ce secret mais encore il le révèle au monde…..D’où le risque: comment rendre compte de ce secret sans le détruire ? Comment expliquer "ce paradoxe" qui fit que Dieu plaça son expir dans de la boue… ?

Si la huppe est le guide, le maître (Attâr) conduit les oiseaux (nous-mêmes) vers la Simurgh-Phénix, les oiseaux étant ici la métaphore de ce lien qui unit Terre et Ciel, et cet incessant va-et-vient. Pour nous transmettre la richesse et la profondeur du Cantique des oiseaux, la conférencière va en citer de nombreux passages et faire référence à d’autres mystiques tels Hallaj ou Rûmi. Elle évoque les raisons de la réhabilitation de Satan (Satan qui veut "voir" et non garder le front au sol), ou le fait que, dans les miniatures persanes se trouvent des personnages cachés derrière des rochers qui regardent pour comprendre le secret.

Nous plongeons ici dans l’herméneutique, l’indicible qui tente de se murmurer à l’oreille de l’élu, la réalisation que l’âme (l’existence) doit se fondre dans le divin (l’Essence) représenté ici par la Simurgh…. tout en sachant que les deux sont indissociables l’une de l’autre.

A la question "la mystique peut-elle se dire ?", pour Leili Anvar de répondre "A la surface de l’eau, quelle image peut rester ?".

Un exposé enregistré lors de la 8ème Journée Henry Corbin.