Le paradoxe est le suivant : comment prétendre étudier l’Homme objectivement si le chercheur se refuse à "dépasser" son objet d’étude ? "Dépasser l’Homme", est-ce franchir ce que les kabbalistes nomment justement "la Porte des Hommes", et accéder alors à des plans angéliques, voire divins ?

Ces recherches anthropologiques deviennent-elles alors compatibles avec les deux mors du même étau qui enserre nos académies, à savoir d’un côté la "laïcité" et de l’autre le "positivisme" ?
Jean-Jacques Wunenburger s’interroge dans cet exposé sur la possibilité d’être, "à la fois membre des universités en Occident… et gnostique".

En partant du dialogue entre Gilbert Durand (1921-2012) et Henry Corbin (1903-1978), deux éminents chercheurs universitaires, il éclaire d’un jour nouveau les liens qui réunissent les sciences de la Nature et de celles de l’Esprit, en admettant toutefois et au préalable que les sciences humaines soient capables d’admettre leurs limites et donc d’accepter leur dépassement.

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Ainsi l’étude des mythes, des signes, de la psychologie des profondeurs représenterait une grammaire commune possible entre l’Homme, la Nature et l’Esprit.
Pour Jean-Jacques Wunenburger, face à une Œuvre, tout chercheur devrait successivement "expliquer" (commenter) puis comprendre (prendre avec) puis s’impliquer (approche participative). Il nous dit: "Celui qui a démarré comme savant devient témoin participatif et finalement porteur d’une conviction, d’une mission"…. Cette quête, devenue à la fois intérieure (donc ésotérique) et extérieure confirmerait la dimension chevaleresque de toute forme de Connaissance, muette (gnostique) ou dialectique (livresque).

Souhaitez-vous découvrir comment l’Epistémè devient Logos puis Sophia… ? Eléments de réponse de Jean-Jacques Wunenburger lors de cet exposé enregistré à l’Inalco lors de la 9eme journée Henry Corbin (nov. 2013).