La Gnose, une voie de retour à l’Unité, et remède à l’exil de l’âme
La Connaissance de Dieu est-elle une révélation cachée réservée à une élite — « les pneumatiques » (Valentin) — ou, au contraire, est-elle accessible à tous les chrétiens (Irénée de Lyon) ? Cette question, centrale dès le IIIème siècle de notre ère, a agité le monde chrétien dès ses débuts, puisque derrière elle se profile celle du salut : l’obtient-on par la connaissance (Gnose) ou par la Grâce ?
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Pour rappel, au IIIème siècle de notre ère, l’Empire romain traversait de nombreuses tensions politiques, sociales, militaires et théologiques (héritages grecs, cultes à mystères, manichéisme, etc.). D’où l’importance, pour lui, de tenter d’uniformiser cette nouvelle religion d’alors, le christianisme, pour lequel la notion de salut de l’âme occupe une place centrale.


Pur amour, quiétisme, non-dualité, découverte de nouveaux textes (Origène, Nag Hammadi), naissance de la franc-maçonnerie : la controverse autour du gnosticisme perdure encore aujourd’hui.
Jean-Marc Vivenza va faire paraître dans quelques jours un ouvrage sur la gnose*. Au cours de cet exposé, il dresse, dans un premier temps, les grandes évolutions de la pensée qui ont parfois fissuré l’unité chrétienne, à travers la patristique, mais aussi les positions de saint Irénée de Lyon, saint Ambroise de Milan, saint Augustin ou encore Basilide.
Dans un second temps, Jean-Marc Vivenza déploiera sa vision personnelle de la gnose, étroitement liée à la doctrine du Régime écossais rectifié, dont il est l’un des principaux diffuseurs actuels, dans la lignée de Joseph de Maistre, Jean-Baptiste Willermoz et Camille Savoire.
Une franc-maçonnerie clairement chrétienne, mystique, proche des idées de Madame Guyon, et qui, comme elle à son époque, s’attire l’opprobre de certains ecclésiastiques.
Dans l’histoire du christianisme, mais aussi d’autres religions, les voies intérieures, l’oraison et certaines formes d’ésotérisme (le préfixe « éso- » signifiant « intérieur ») ont souvent été frappées d’excommunication.
Il y a trois siècles, les soldats de Louis XIV ont démoli, dans la violence, l’abbaye de Port-Royal-des-Champs. A travers toutes ces époques, force est de constater que la question du sacré, du lien à Dieu et de l’existence de l’âme demeure vivace, au-delà de l'hétérogénéité de ses formes .... et les velléités d'autoritarisme de certains.
* (Edition Dervy, sortie le 09/04/2026) pour précommander le livre : https://www.dervy-medicis.fr/dervy2/la-gnose-une-autre-demarche-spirituelle-p-13129.html
Extrait de la vidéo
La gnose chrétienne est-elle une thématique chargée d'une telle histoire ? Aborder un sujet tel que la gnose est évidemment une thématique chargée d'une telle histoire sur le plan des idées et en particulier des idées philosophiques, métaphysiques et religieuses, il convient sans doute d'établir préalablement une clarification parce que sous cet intitulé générique, la gnose se cache en réalité une foule, une multitude de concepts mais dont deux principaux se dégagent et caractérisent, si l'on peut dire, l'idée de gnose.
C'est pour une part la volonté de certains penseurs mystiques, théurges, de s'ouvrir sur la connaissance parce que le terme gnose provient du grec gnosis signifiant connaissance et de l'autre côté, un courant que l'on peut qualifier de religieux qui s'est développé aux alentours des deuxième, troisième siècles de notre ère principalement et concomitant parallèle au christianisme primitif dont il épouse d'ailleurs à bien des égards beaucoup de points mais qui a des racines antérieures au christianisme des racines qui vont puiser dans le zoroastrisme qui vont puiser dans les mystères de la Grèce antique voire plus loin dans certaines considérations.
Le terme apparaît dans le Nouveau Testament chez Zacharie dans ce qu'on appelle le cantique de Zacharie exprimé devant l'arche au moment où lui qui n'a pas d'enfant et dont la femme est stérile lui annonce que malgré sa vieillesse il sera doté d'un fils qui va d'ailleurs être considéré comme le précurseur celui qui va annoncer la venue du Messie, c'est-à-dire Jean-Baptiste et ce qu'entend Zacharie tel que nous le révèle l'évangile de Luc au chapitre 1 et ceci, petit enfant, alors on évoque la figure de Jean-Baptiste, le précurseur vous serez appelé le prophète du Très-Haut vous marcherez devant la face du Seigneur pour lui préparer ses voies et pour donner à son peuple, il faut être attentif, la connaissance, la gnose du salut.
On va retrouver ce terme bien plus tard ensuite chez saint Paul en particulier dans l'épître aux Éphésiens si du moins vous avez appris quelle est la dispensation de la grâce de Dieu la dispensation ça signifie l'économie du salut le temps lors duquel sont annoncées les prophéties, la bonne nouvelle c'est la révélation, écrit saint Paul, que j'ai eue en connaissance du mystère sur lequel je viens d'écrire, dit-il et de nouveau on voit apparaître ce terme au troisième chapitre, versets 2 et 4 de l'épître aux Éphésiens alors pourquoi, première question très légitime, pourquoi donc ces deux courants un courant que l'on pourrait appeler du Nouveau Testament et un courant religieux dit gnostique partagent en commun à la fois un terme, le terme de connaissance mais également un parcours, comme deux branches qui vont d'ailleurs s'opposer se livrer à une guerre doctrinale féroce incroyablement à cet examen des thèses de l'un et de l'autre des courants il faut comprendre que pour ceux qui vont incarner à la fois la révélation de l'évangile et les thèses de la gnose métaphysique la problématique marquante qui est déterminante dans leur réflexion c'est l'état dans lequel se trouve le monde un monde pour ceux se revendiquant de la révélation évangélique créée par un dieu d'amour en théorie, et pour le courant gnostique, religieux un monde marqué par l'erreur, la dégradation en gros, on peut dire que les deux tendances s'accordent pour dire qu'il y a dans cet univers physique une présence massive, profonde du mal la mort étant évidemment l'aspect le plus caractéristique et le moins contestable d'ailleurs, de cette présence prégnante du mal mais également tout ce qui, en tant que maladie, trahison, cataclysme phénomène naturel, destruction des biens les plus précieux par une nature aveugle vient marquer de manière radicale la condition humaine dans sa limite, sa fragilité sa petitesse par rapport aux espaces infiliques, comme dirait Pascal et donc confère à l'âme humaine une sorte de nostalgie d'un monde qui, lui, aurait été exempt de ces phénomènes aurait été préservé, soit dans un Éden premier matin du monde où l'Adam initial, primordial était non marqué par la mort, la limite, la limite des facultés ou, pour les courants religieux diagnostiques, un plérôme dans lequel les esprits étaient autour de la puissance divine qui participaient de sa vie, étaient en unité avec lui et étaient émanés de cette première substance en tant que substance de même nature avec la substance divine.
Il faut bien voir que ces deux courants participant du même constat vont donner deux réponses totalement différentes et c'est ces réponses qu'il nous faut aborder de manière à bien saisir l'articulation qui va advenir à la fois de cette terminologie mais également des concepts qu'elle recouvre. Pour le premier courant, on va dire du christianisme primitif du christianisme entre guillemets conforme à la révélation évangélique