Détachement et connaissance suprême 2/3

« Plus je cherche Dieu, l’Absolu, plus j’ai le sentiment qu’il s’éloigne de moi » est une remarque que l’on entend souvent dans les ashrams, les dojos ou les monastères, et cela depuis plusieurs millénaires ! Derrière cette affirmation, qui bien au-delà d’une simple interrogation peut prendre les traits d’une véritable souffrance, se dissimule un piège, une confusion auxquels toute personne « en chemin » va être confrontée un jour ou l’autre, au rythme de son avancée : ne pas confondre le but et les moyens.

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C’est ici qu’intervient le mental accompagné de son lot d’émotions, d’envies, de projections, et de tensions : autant de grandes désorganisatrices de cette « pensée de l’essentiel ». Du « Un ».

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Un postulat de départ d’ordre universel, et psychologique, qui parle à chacun d’entre nous, mais qui peut aller en s’affinant…

A l’instar des nombreux magazines grand public qui abordent ces questions sous un angle spécifiquement psychologique - ou de « développement personnel » toujours très à la mode et tout autant lucratif - Jean-Marc Vivenza va s’attacher à spécifier tout d’abord la notion du détachement sous un angle psychologique. Passé ce bref rappel, il nous invitera à considérer le détachement sous un angle philosophique, sur la question de l’Etre. Du Un, du Tout.
Un parcours au cours duquel le détachement apparaitra comme un moyen à acquérir, et à cultiver, et non comme un but à atteindre.

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Se détacher des pensées perturbatrices… puis de l’objet même de la recherche.

Aux questions de Sandy Hinzelin, l’invitant à pousser plus loin sa conception du détachement, et cela dans une démarche du Soi, de l’Eveil, de l’Atman ou d’une Initiation véritable, Jean-Marc Vivenza décrira ce chemin sous trois étapes succéssives : 1 : se détacher des passions et émotions. 2 : se détacher du maitre. Et 3 : se détacher de l’objet de la voie…

Une vision du détachement unissant Orient et Occident. Où la pensée de Nagardjouna, Marc Aurèle ou Maître Eckhart apparaissent amies, ou cousines.

Un cousinage fécond où la « réalisation » de l’être se transforme en  « invitation » ?

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Second entretien d’une série de trois :
L'Infini comme fil d'Ariane de la non-dualité occidentale (Métaphysiques d'Orient et d'Occident 1/3)
Détachement et Connaissance suprême (Métaphysiques d'Orient et d'Occident 2/3)
Les voies vers l’Eveil (Métaphysiques d'Orient et d'Occident 3/3)

Extrait de la vidéo

Je vais vous présenter Jean-Marc Vivenza et son ouvrage « Entretien spirituel et écrit métaphysique » publié par le Mercure Dauphinois. Dans un premier entretien, nous avons parlé de l'infini et maintenant nous allons parler du détachement. Bonjour Jean-Marc Vivenza. Bonjour.

Je vais vous présenter Jean-Marc Vivenza et son ouvrage « Entretien spirituel et écrit métaphysique » publié par le Mercure Dauphinois. Nous avons parlé de l'infini et maintenant nous allons parler du détachement. Bonjour Jean-Marc Vivenza. J'aimerais vous poser la question suivante.

Le détachement, ça va être une question très vaste. Je ne sais pas trop par où commencer. Le détachement, c'est une notion qu'on retrouve chez beaucoup d'auteurs, que ce soit des philosophes, maîtres et cartes, qu'on va dire peut-être plus mystiques. On le retrouve en Orient peut-être dans toutes les écoles ou en tout cas beaucoup d'écoles.

Alors, oui c'est un peu difficile mais le détachement, à quelle connaissance ça correspond ? Vous voyez c'est très très vaste. Donc là en fait je vous laisse démarrer un peu comme vous voulez. Le détachement relève des règles et des principes fixés à celui qui se dirige vers la pensée de l'essentiel.

Le détachement n'est pas le principe en soi, c'est pas le but à atteindre. C'est le moyen d'atteindre le but. C'est donc l'état dans lequel l'être qui s'avance vers l'éveil ou vers ce qui est à penser ou vers l'infini, peu importe le nom qu'on lui donne. De toute façon il n'a pas de nom.

Voilà, donc vers ce qui nous dépasse. Et nécessairement amener à se situer pour éviter quoi ? Pour éviter d'être traversé par des impressions externes ou internes qui troublent l'exigence de la pensée. Si on se laisse envahir par le venin de la peur, de la colère ou de l'envie comme on dit dans le loudisme mais il peut y avoir d'autres impressions négatives qui viennent traverser l'individu colère, ressentiment, remords, regrets, la palette est large.

À ce moment là, le cherchant n'est plus en mesure de s'avancer vers ce qui est à rechercher. Il est engagé dans le tourbillon permanent et continu de ce dont il craint d'être atteint ou de ce dont il aspire à posséder. Deux grands leviers, la peur et le désir. Le détachement va avoir pour objet précisément dans un premier temps de réaliser l'apaisement utile et nécessaire à la progression sur la quête spirituelle, sur le chemin.

Cet apaisement va d'abord avoir pour effet de réduire les tensions, réduire les indécisions, le mal-être, les incertitudes, toutes les pensées perturbatrices et peut également être un principe de guérison vers tout ce qui relève des états qui portent des espérances, l'amertume, la mélancolie, l'apathie, tout ce qui descend, ce qu'on appelle les états thamaziques en français. Ce détachement va donc être une aide dans un premier temps absolument essentielle pour calmer l'individu et établir une base à peu près stable, à peu près parce qu'en fonction des jours, des heures de la journée, il n'y a pas de chure égale, mais en tout cas, dans un premier temps, c'est au moins de calmer le singe fou, on descend de la branche.

Ça c'est quelque chose d'assez commun finalement pour toutes les voies et peut-être même on pourrait dire que l'exercice de la philosophie exige cela aussi, ce n'est même pas quelque chose qui est proprement spirituel. Oui, on appelle ça un pathéga, par exemple en climat grec, moment où l'individu prend du recul, une distance par rapport à tout ce qu'il perturbe et ça peut avoir des effets positifs sur ses propres états de conscience, sur son rapport à la vie, son rapport à l'affectivité, sa manière de se situer dans l'existence.

Mais simplement ce détachement, là on pourrait dire que, d'une certaine manière, ce type de détachement peut rejoindre les magazines de bien-être et les thérapies de tranquillisation de l'individu. C'est important quand même, il ne faut pas le négliger, parce que sans lui, on ne va pas pouvoir aller plus loin. C'est la base en fait. C'est la base, c'est vraiment le même que pour méditer, on place les affûts et puis il faut que les deux genoux touchent le sol, c'est une base ferme pour constituer un triangle sable.

On pourrait même dire, là c'est peut-être une parenthèse, que l'éthique aussi c'est un allié fort pour cet apaisement. S'il n'y a pas une certaine éthique dans la vie de tous les jours, l'apaisement sera beaucoup plus compliqué. Tout à fait. Alors, lorsque cette base est établie, le détachement, lui, va prendre un aspect qui ne va cesser de monter en amplification, en amplitude.

Pourquoi ? Parce que lorsque la tranquillité et l'apaisement sont réalisés, ensuite les vraies questions commencent à se poser. Et les vraies questions le font sérieuses, solides,

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