Le voyage de l'âme dans les écrits hermétiques

De tout temps, les hommes ont affirmé l’existence d’une pluralité de mondes, à travers lesquels leur âme pouvait voyager, le temps d’un rêve, ou, d’une manière plus définitive, à l’occasion de leur propre mort…. Destination funeste à laquelle nul n’échappe, et qui demeure, là-encore, d’une façon universellement admise, source de craintes et d’interrogations. L’historienne Anna Van den Kerchove est spécialiste des textes gnostiques, hermétiques et du christianisme ancien.

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Elle évoque ici les conceptions et représentations que philosophes et théurges du IIe siècle ap. J.-C. se faisaient de cet inframonde, que l’on nomme aujourd’hui de manière pudique, et quasiment apophatique : « l’au-delà ». 

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La catabase : une descente dans le monde souterrain, « Initiation suprême » pour certains. Son corollaire ascensionnel, l’anabase.

« Tartare », « Hadès », « Champs-Elysées » : les noms et représentations dont se servaient nos anciens pour évoquer cet autre monde étaient diversifiés, et principalement allusifs : comment, en effet, décrire sur un plan pratique, et affirmatif, ce franchissement et ultime passage ?
Ainsi, à travers l’évocation de textes d’auteurs tels que Hermès Trismégiste (les dialogues avec Asclépius et Poïmandrès), mais aussi ceux de Plotin, Virgile, Apulée, Porphyre et Platon (le mythe d’Er) : Anna Van den Kerchove nous dépeint avec exhaustivité et vigueur la diversité de ces visions.

Une vision kaléidoscopique

Si, par la suite, ces écoles néo-platoniciennes, manichéennes ou gnostiques, ont quasiment toutes été rejetées par les premiers pères de l’église (saint Augustin en tête, IVe siècle ap J.-C.), car qualifiées de « magiques », il n’en demeure pas moins intéressant de souligner les points communs que ces différentes écoles ont pu avoir.

A savoir :  1. l’affirmation que l’âme « préexiste au corps », avant la naissance donc.

2. Passée la mort de tout être, un jugement se produit par un gardien, un daïmon, ou « juge suprême ». En fonction de certains critères (une vie « bonne », ou « pieuse »), l’âme du défunt rejoint différents lieux dont il existe une graduation…

3. Si l’âme est encombrée d’un quelconque poids, elle sera invitée à revenir sur Terre et à se réincarner : c’est la métempsychose, « voyages de l’âme ». Ce retour sur Terre, contre toute attente, prend les traits d’un « châtiment »…

A la suite d’Anna Van den Kerchove, souhaitez-vous découvrir les conceptions que nos anciens se faisaient de ces allers et retour vers cette « Terra Incognita » ?

Un exposé passionnant, réellement universel et pédagogique, qui nous invite à « ne pas craindre la mort en elle-même, mais bien le jugement qui la suit… ! ».

 


Intervention filmée lors de la journée d'étude « L’au-delà dans l’Antiquité tardive, courants philosophiques, religieux et païens », Sorbonne, Paris, 14 mai 2019.
Remerciements à Andreea-Maria Lemnaru (Centre Léon Robin-LEM), Jean-Baptiste Gourinat (Centre Léon Robin-CNRS) et Michael Chase (Centre Jean Pépin-CNRS).

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