1 1 1 1 1 1 1 1 1 1

Cet ouvrage vient chronologiquement après Les Hauts grades chevaleresques de la Stricte Observance Templière publié chez le même éditeur en 1995, mais il le précède dans l'ordre rituel de ce régime maçonnique particulier qui a enfanté le R.E.R.. Ces deux livres auxquels il conviendra d'ajouter le Manuel d'Instruction à l'usage des Frères de la IIIème Province de l'Ordre proposent au lecteur une matière indispensable à l'étude de la Stricte Observance.
Renaissance Traditionnelle a déjà signalé que le Baron de Hund n'était pas le charlatan que beaucoup se plaisaient à railler mais qu'il s'était appuyé sur une réelle transmission qu'il appartiendra maintenant d'étudier en détail. Pierre Girard-Augry rassemble ici cinq rituels anciens et identifiés. Quatre proviennent du fonds de la Stricte Observance de Lyon. Ils sont datés de 1775. Ils ont été comparés aux documents du fonds de la Bibliothèque de la Frande Loge du Danemark. Le rituel de Chevalier de l'Epée ou de l'Orient appartient quant à lui au fonds Willermoz de la Bibliothèque de Lyon.
Pierre Girard-Augry nous rappelle la hiérarchie des grades pratiqués à Lyon et à Strasbourg :

"1ère classe : Apprenti
Compagnon
Ma”tre

2ème classe : Chevalier de l'Epée dit de l'Orient
Chevalier de Rose-Croix

3ème classe : Ecossais Vert (ou Ma”tre Ecossais)
Novice
Chevalier et Chevalier Profès (qui n'était pas secret et ne constituait pas un grade à proprement parler mais une dignité).
L'"économie" du système aurait voulu que le grade de Ma”tre Ecossais (ou Ecossais VErt)précédât celui de Chevalier de l'Epée (comme cela s'estpratiqué dans la Maçonnerie adomhiramite) et que la deuxième classe fét ainsi constituée :

- Ecossais Vert
- Chevalier de l'Epée
-Chevalier de Rose Croix
n'attribuant à l'Ordre Intérieur que les grades chevaleresques proprement dits, à savoir le Noviciat et la Chevalerie. C'est cette logique rituelle qui a été retenue par la Stricte Observance contemporaine dont le Grand Chapitre Provincial d'Occitanie, IIIe Province Templière de l'Ordre, régit les hauts grades, du Ma”tre Ecossais (ou Ecossais Vert) au Chevalier Profès inclus, les tois premiers grades "symboliques" ou "allégoriques" étant sous la juridiction de la Grande Loge Ecossaise d'Occitanie.
Pendant une courte période, de 1773 à 1776 environ, le système de la Stricte Observance Templière en France se subdivisa en trois classes et cette pratique, qui était inconnue en Allemagne, concerna la IIe Province (Auvergne) et la Ve Province (Bourgogne) ; mais les deux grades additionnels, qui existaient pratiquement sous la même forme dans d'autres systèmes de hauts grades, entraient donc directement en concurrence avec ces derniers, alors que la Stricte Observance était bien spécifique et constituait réellement une nouveauté.
C'est ce qui explique que, sur proposition du baron de Lutzelbourg, Orateur de la Candeur de Strasbourg, la pratique des grades additionnels de la 2ème classe fut abolie par le Chapitre Provincial de Bourgogne en 1776."

Le travail de mise à plat du rite par l'auteur permet de voir la cohérence de la Stricte Observance Templière. Nous apprécierons de plus la réponse faite par Pierre Girard-Augry à ceux qui déjugent les premiers grades de ce régime :
"En réalité, seule la pratique effective des quatre premiers grades de la Stricte Observance permettrait de confirmer ou d'infirmer le qualificatif de "rudimentaires" qui leur est parfois attribué ; mais il ne faut pas oublier que la Stricte Observance fut un régime maçonnique complet en lui-même dont les grades symboliques n'étaient que "probatoires" et constituaient, en fait, le "vivier" au sein duquel était choisi les candidats au Très Saint Ordre."
Voici donc un livre qui intéressera tant le passionné d'histoire maçonnique que l'étudiant du R.E.R., a fortiori ceux qui sont impliqués dans la résurgence de la S.O.T..

texte: Le Crocodile, http://lettreducrocodile.over-blog.net/