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Cette Histoire de la Mafia sicilienne de 1860 à nos jours constitue une étude unique de l’une des sociétés secrètes criminelles les plus célèbres de la planète.

John Dickie est historien et journaliste. Il est spécialiste du domaine italien à l’Université de Londres. Son livre, devenu un best-seller en langue anglaise, a été salué par la critique. La ville de Palerme l’invite régulièrement pour donner des conférences à la jeunesse sicilienne et à la mettre en garde contre Cosa Nostra.
De notre point de vue, le livre montre aussi en quoi Cosa Nostra fonctionne comme une société secrète. Si ses objectifs ne sont pas initiatiques, au sens où nous l’entendons, mais la recherche du pouvoir financier et politique, son fonctionnement s’inspire en plusieurs points des sociétés traditionnelles par le rite, le serment, le code de salutations, le mythe véhiculé, notamment.
Quelques extraits significatifs :
« Selon le rapport du préfet de police de Palerme, dans la Mafia des années 1870, tout homme d’honneur s’apprêtant à être initié était présenté à un groupe de chefs et de sous-chefs. L’un d’eux piquait le futur mafioso au bras ou à la main, lui ordonnait de faire couler le sang sur l’image d’un saint, puis lui faisait jurer fidélité pendant que l’image brûlait ; les cendres étaient alors éparpillées, symbole de l’élimination de tous les traîtres. »
« Plus que tout, le rituel d’initiation renforce le mythe répandu de l’ancienneté de l’organisation. En réalité, il est moderne, comme tout ce qui touche à la Mafia. Celle-ci a certainement beaucoup emprunté à la franc-maçonnerie. (…)
Pour la Mafia, devenir une seule et unique société secrète utilisant les rites maçonniques présentait de nombreux avantages. Une cérémonie d’initiation inquiétante et une constitution mettant en préambule la punition des traîtres aidaient à créer la confiance au sein de l’organisation. »
Cosa Nostra n’est pas plus une branche de la Franc-maçonnerie qu’elle n’est, comme nous l’avons parfois entendu une branche de l’Eglise Catholique, mais elle a su, comme ailleurs le Ku Klux Klan, comprendre l’intérêt d’un rituel, même rudimentaire, pour constituer un fort sentiment d’appartenance et de reconnaissance garantissant le bon fonctionnement de l’organisation.
Outre ce point particulier, ce livre est passionnant et révèle des aspects insoupçonnés de l’histoire du crime.