Salut ou délivrance ? La Tradition abrahamique face au Dharma

Le Dharma est une acception plurielle que nous considérons comme l'ensemble des enseignements donnés par le Bouddha à savoir « l'essence de toute chose ».

Dans un Occident perclu de mille maux et notamment ceux que le Dharma nomme « les trois poisons », à savoir : l’ignorance, l’avidité et la colère; en quoi le bouddhisme peut-il remédier à cette perte de repère ?

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Un Sacré omniprésent, fluide… et peut-être perceptible ?

A la lueur de leurs sensibilités d’origine respectives, juive pour Frank Lalou, et chrétienne pour Olivier Germain-Thomas, tous deux s’interrogent ici sur les enrichissements que Bouddhisme, Judaïsme et Christianisme peuvent mutuellement s’apporter.

Tradition abrahamique DharmaTradition abrahamique au Dharma

Une conversation qui devrait nous inviter à une forme de conversion: si ce n’est de notre être, au moins de celle de notre regard...

Un regard, donc, invité à reconsidérer et vivifier la question du Sacré.

Extrait de la vidéo

Je dois dire, parce que je suis à la fois un peu l'émulateur de cette soirée, tout en étant un participant, combien je suis heureux, cher Françalou, d'être en présence avec vous parce que je sais quelle est la richesse de votre itinéraire, je sais, et je le vois d'ailleurs sur l'image, que vous êtes un candidat d'être hébraïque, vous étudiez plusieurs livres, et que votre itinéraire vous a conduit, à partir de l'origine hébraïque, vers le bouddhisme, et ensuite un retour à vos racines judaïques.

En ce qui me concerne, j'ai des racines chrétiennes, je suis aussi allé vers le bouddhisme, donc tout ça va enrichir bien évidemment notre dialogue, et avant même d'entamer le dialogue, je voudrais tout d'abord remercier Baguis TV et tous ceux qui participent à la qualité technique de cette émission, et puis vous interroger pour essayer d'avoir quand même relativement rapidement les grandes lignes de votre itinéraire quant à nous.

Allons-y ! Oui, déjà le sujet m'a été proposé, on en a discuté avec Franck Augier, et il m'a dit votre intérêt pour le bouddhisme, je lui ai dit le mien aussi, et je trouvais vraiment intéressant de voir comment vous qui êtes d'origine chrétienne, et moi qui suis d'origine juive, avons fricoté avec le bouddhisme. L'itinéraire est assez simple, en étant né dans les années 58, j'ai commencé à étudier le judaïsme à travers le Talmud Torah, c'est-à-dire le catéchisme qu'on donne aux petits juifs vers 10 ans, pour les préparer à la Bar Mitzvah qui se fait à 13 ans.

Là j'ai été propulsé dans un univers judaïque que j'ignorais, parce que je suis né en France, je n'ai été qu'à l'école laïque, entouré que de chrétiens quand je suis né à Marmande, et il n'y avait pas 10 juifs dans toute la ville, donc ce sont des églises que j'ai vues avant de voir des synagogues, et donc vers l'âge de 10-11 ans, j'ai été propulsé dans l'apprentissage de l'hébreu, de ces drôles de lettres qui s'écrivent dans un autre sens, et je ne comprenais pas du tout le sens de cela.

Et à l'époque, les rabbins n'étaient pas ce qu'ils sont aujourd'hui, et on avait des rabbins, on dirait des curés de paroisses, et qui n'étaient pas tellement initiés à la Kabbale ou aux choses mystiques du judaïsme. Cela fait que jusqu'à 13-14 ans, je ne connaissais du judaïsme que cette espèce de chose énorme qui me paraissait très éloignée de mes soucis d'adolescent français, de la quête mystique que je commençais à avoir, et naturellement, je n'ai pas pu, vers 14-15 ans, j'ai eu ces premières aspirations à la vie spirituelle, ce n'est pas vers eux que je me suis tourné, parce qu'ils n'affichaient pas un grand intérêt pour la chose.

Si c'était dans notre époque contemporaine, j'aurais pu trouver des altérégaux, j'aurais pu trouver des livres, j'aurais pu trouver des rabbins comme Marquin Wagnin, comme Yeshaïa d'Alsace ou Rivonne Crigier qui, eux, m'auraient bien orienté, mais à l'époque, il n'y avait pas toute cette richesse qu'il y a maintenant en France. Donc, vers 14-15 ans, aux premiers émois spirituels, je me suis plutôt penché vers la non-violence, et j'ai rencontré l'Anza del Vasto, et je suis devenu un ami de l'Arche, et j'allais régulièrement aux Amis de l'Arche.

J'étais toujours le plus jeune, parce que j'ai toujours eu des amis beaucoup plus vieux que moi quand j'étais adolescent, parce que mes amis de mon âge se foutaient complètement de l'intérêt que je pouvais avoir pour l'Inde, pour la non-violence, pour Gandhi. Donc, vers 16-17 ans, j'ai continué à être ami de l'Arche, je lisais passionnément l'Anza del Vasto, j'étais allé le rencontrer, et pour moi, à cet âge-là, je pensais avoir plutôt une vie du type de l'Anza del Vasto, le voyage, la spiritualité, mais peu à peu, je me suis séparé de l'Arche à cause de son côté trop chrétien, où il y avait un dualisme marqué très fort entre l'homme et la femme, entre le bien et le mal, la lumière et l'ombre, et j'ai découvert, dans les années du bac, j'ai découvert le bouddhisme, et directement le bouddhisme zen.

Et là, je me suis lancé à corps perdu dans cette discipline, je pratiquais le zazen, parce qu'on ne peut pas s'intéresser au bouddhisme sans le pratiquer, sans ça, cela n'a aucun sens, donc je pratiquais le zazen, et j'ai pratiqué conjointement les arts martiaux comme le kendo, le yaïdo, et pendant des années, mon idéal était un idéal bouddhiste zen, j'ai fait aussi des sessions avec Maître Gioji, qui est un maître zen, qui vit en Ardèche, et qui a créé un centre zen, à l'époque c'était le centre zen du Taillé, maintenant c'est le centre zen de la Falaise Verte, et donc par cette rencontre, j'ai approfondi ma démarche avec le bouddhisme zen, et j'ai continué à pratiquer les arts martiaux, mais aussi le chado, l'art du thé, et puis jusqu'à un peu de temps encore, le kyudo, le tir à l'arc.

Donc voilà, par le corps, et par les lectures, je me suis lancé dans cette aventure, jusqu'à aller au Japon, pèleriner à Ryoanji, ou à tous ces grands monastères qui m'ont fait tellement rêver, et j'étais devenu un hajj bouddhiste, c'est à dire que j'avais enfin foulé le sol japonais, pour éprouver ce sentiment de grande plénitude que nous donne le bouddhisme, mais aussi d'esthétique, c'est parce qu'on va aussi vers le zen à cause de toute cette esthétique du dépouillement, et du geste simple.

Voilà déjà cette première démarche, pas d'un juif déçu, mais d'un juif non informé, un écho vraiment spirituel et puissant à travers le dépouillement et la puissance du zen. Voilà, mais alors ce que je sais de vous, cher Frantialou, c'est qu'après cette expérience importante, et je retiens deux choses très importantes que vous avez dites, c'est à dire le rapport au corps,

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