A la recherche de la Shakti, en Inde

Shakti ou śakti est un terme sanskrit qui signifie « pouvoir », « puissance », « force »1. C'est également le nom de l'épouse d'Indra, dieu d'un paradis-univers (loka) chez les hindous.Par extension, la shakti désigne l'énergie dynamique féminine, ou principe actif, des divinités du panthéon indien, le principe mâle devenant passif dans son rôle de semence ou d'essence. Ceci est à mettre en corrélation avec la dualité Puruṣa/Prakriti de la philosophie du Sāṃkhya.

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Dans le tantrisme, la shakti est identifiée à la Kuṇḍalinī, déesse-serpent existant dans le corps de chaque être humain à la base du sacrum, et dont l'éveil prélude à la délivrance, moksha, par son union à Shiva à la pointe du crâne. Dans ce contexte, certaines upaniṣad la décrivent comme parèdre de Shiva.

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Ainsi, dans l'hindouisme, le mot shakti revêt les sens suivants :

1 puissance, force, énergie ;
2 pouvoir divin, force consciente du Divin ;
3 manifestation d'un pouvoir de la Conscience et de la Force suprêmes (selon shrî Aurobindo) ;
4 la Mère divine, source de tout pouvoir ;
5 Parèdre et Puissance de manifestation et d'action d'un Dieu particulier, représentée comme une Déesse.

C'est la fusion totale des deux entités, masculine et féminine, fusion physique, mentale et spirituelle, qui permet l'accès à l'énergie suprême, à la conscience et à la sérénité. La représentation en deux entités distinctes de Shiva et de Parvati, qui semblent au non-initié être simplement une scène de sexe n'est en fait que la représentation de la fusion des principes masculin et féminin, qui seuls donnent accès à la conscience et à l'énergie suprêmes.

Extrait de la vidéo

Je suis prêtre catholique et vous allez voir un peu ce que j'ai fait au fur et à mesure de ce que je vais vous raconter. J'ai été aumônier de lycée en Bretagne à Saint-Brieuc. Et j'avais donc à parler aux jeunes des différentes religions. Donc je me suis dit, là-dedans il y a l'hindouisme que je ne connaissais absolument pas.

J'ai donc acheté un livre que j'ai pensé pratique et pas trop long, c'est-à-dire le Que sais-je qu'avait écrit Renaud. Dans le Que sais-je, il a essayé de caser tout l'hindouisme, donc en 123 pages. C'était complètement indigeste, ça faisait table des matières. Donc je me suis dit, ça c'est une religion, j'y remettrai jamais le nez.

Alors toujours ensuite, j'étais toujours aumônier de lycée, un jour un élève de première est venu me trouver et m'a dit, écoute, dans le monde, le journal, le monde d'aujourd'hui, il y a un article sur un type qui devrait t'intéresser. Alors moi j'achète le journal et le type en question c'était Sri Aurobindo. Alors je lis un petit peu, ça ressemblait à Teilhard de Chardin, donc c'était pas trop loin de mes centres d'intérêt quand même.

Et donc à partir de cette visite d'un élève, tout un tas de choses se sont enclenchées autour de Sri Aurobindo et donc d'une redécouverte aussi de l'Inde. Alors, qu'est-ce qui m'avait frappé, si vous voulez, dans ma lecture de Sri Aurobindo ? Beaucoup de choses bien sûr, mais en particulier sa description du fonctionnement de l'énergie, donc de la Shakti dont on a pas mal parlé, qui est une énergie féminine.

Dans la Bible, pour les Hébreux, les anciens Hébreux, c'est aussi une énergie féminine. C'est la roi, c'est le souffle de Dieu qui est au travail. Donc dans les deux cas on est dans le féminin. Mais heureusement ou malheureusement, quand on a traduit la Bible et le Nouveau Testament, qui a été écrit directement en grec, on est passé au terme grec qui lui est masculin, pneuma, comme dans les pneumatiques.

Il y a de l'air, du souffle. Jésus parle aussi de la force d'en haut, de l'énergie d'en haut, donc je parlerai plutôt de cet aspect-là. Alors en plus aussi, ce souffle féminin, et bien pour les chrétiens par exemple qui sont au Shantivanam, l'Ashram de Monshana et le Saut dans le Tamil Nadu, au bord de la Caverie, quand je les ai entendus chanter l'Esprit Saint, c'était traduit en sanscrit par justement ce mot féminin sanscrit, la Shakti.

Ils invoquaient la Shakti. Alors ce qui m'a frappé dans mes lectures de Sri Aurobindo, c'est que pour lui, cette énergie, ce n'était pas un truc vachement abstrait. Pour beaucoup de gens c'est ça, c'est tellement vague, c'est tellement flou, tous ces symboles qui désignent l'énergie supérieure, disons l'énergie d'en haut, la force d'en haut, qu'elle est quasiment irréelle. Et là, c'était une énergie qui prenait beaucoup de réalité dans ses descriptions.

Et il en parlait vraiment comme d'une énergie qu'il avait expérimentée et qu'il avait lui complètement changée. Et cette énergie, il l'avait ressentie, comme vous le savez, en débarquant sur le quai à Bombay, quand à 20 ou 21 ans, il revenait de faire ses études à Cambridge. Alors ça c'est la première chose qui m'a fait penser qu'il y avait quand même cette réalité. Et en même temps, ce qui m'a frappé, c'est qu'il décrivait, et il décrit aussi, c'est encore...

Bon bref, dans ses livres, il décrit comment fonctionne cette énergie, comment elle se déplace, comment elle agit, par où elle commence, enfin quelque chose, vous savez, une sorte de carte géographique de l'action de la Shakti, de l'énergie divine. Et donc, il explique que pour lui, eh bien, elle est au-dessus de la tête ou dans le cœur. Alors, au-dessus de la tête, elle est là, elle est présente au-dessus de la tête et elle attend d'entrer à l'intérieur de nous.

Alors ce qui m'a frappé là aussi, c'est la place du corps, non pas la place du corps au sens sportif du terme ou tout ça, mais la place du corps pour expliquer le fonctionnement de l'énergie, qui devenait donc pour moi quelque chose de concret et de recevable. Dans ce que je lisais de Sri Aurobindo, c'était extrêmement frappant. Donc, pour lui, c'était une énergie réelle et c'était une énergie qui descendait, qui descendait à l'intérieur de l'homme petit à petit.

Et il donne des images, il parle donc d'un petit peu comme les chakras, il en parle d'ailleurs de la tête, de la poitrine, du ventre, des jambes, etc. Donc, ça me paraissait vraiment quelque chose de vivant, mais auquel je n'avais pas accès. C'est-à-dire, j'en lisais la description, c'était extrêmement attrayant pour arriver à une transformation de soi, une transformation personnelle, mais comment, j'allais dire, débloquer ce travail de l'énergie ?

Quand est-ce que le travail commencerait ? Il viendrait transformer successivement toutes les zones psychospirituelles de ma personnalité ou de la personnalité de quiconque s'y intéressait. Et alors, donc, je suis allé en Inde à l'ashram de Pondichéry, où j'avais vaguement entendu parler d'un maître tantrique du chivaïsme du Cachemire, qui était venu assez souvent à l'ashram, qui était ami de la mère, et qui s'appelait Panditji, mais comme ça, j'en avais entendu parler, comme d'un type qui était bien, quoi, voilà.

Alors, j'ai fait un premier séjour à l'ashram, puis un second, et au bout de ce temps-là, j'ai eu envie de rencontrer un maître en chair et en os, quoi, concret, pas seulement à travers des livres ou à travers des méditations, où j'allais méditer au Samadhi, au tombeau de Sri Aurobindo et de la mère. Et il s'est trouvé, enfin, je dis il s'est trouvé, moi, je ne sais pas ce qu'il y avait derrière, je ne suis pas allé voir, mais il s'est trouvé que je suis parti faire une balade avec deux amis dans le Tamil Nadu, dans le sud de l'Inde.

Alors, c'était une balade, vous savez, ça cavalait, on roulait, on roulait, il faisait chaud. Bon, le type, il avait plus ou moins bien préparé son voyage, alors il allait frapper à la porte des temples à une heure de l'après-midi quand tout est fermé jusqu'à 16 heures, enfin bon, bref, on transpirait, on transpirait, il y avait des problèmes entre les gens parce qu'on était un peu entassés dans un mini-bus.

Puis on est arrivé tout d'un coup, on en a parlé deux fois déjà tout à l'heure, à Rameshwaram, donc à l'extrême sud de l'Inde, c'était le port d'embarquement pour le Sri Lanka. Là, on avait du temps. Alors, qu'est-ce qu'on a fait ? On a visité le grand temple, le petit temple, puis après on n'avait plus rien à faire.

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