Sur les états ultimes de l’Initiation

Le terme "Initiation" est de nos jours très souvent utilisé. On le voit fleurir ici et là, et ce, jusque dans les productions hollywoodiennes. Affirmer que ce terme serait devenu galvaudé ne serait pas exagéré, mais cette question en soulève une autre beaucoup plus vaste et, pour le coup, redoutable. Une question qui ne manquera pas d’hérisser le poil des tenants de la modernité, des rousseauistes adeptes de la "théorie du bon sauvage" ou des défenseurs inconditionnels de l’héritage des Lumières. Cette question, c’est celle de la sécularisation de notre société, de son infantile obsession pour "la liberté" accompagnée fort logiquement d’un refoulement du sacré et de toute forme de transcendance. Un phénomène qui atteint sans doute actuellement son paroxysme où la notion même de spiritualité a atteint son niveau le plus bas, celui du spectacle. Non, au XXIème siècle on ne pénètre pas encore dans une église comme dans une grange*, et sachez que l’Initiation évoquée ici ne se trouve pas dans un bréviaire écrit de la main d’homme…

Pour visionner ce film ajoutez le au panier ou
abonnez-vous pour un accès à tout le catalogue !
49:41
À partir de 12 € / mois
VOD / 15€

pataut ultime initiation 1pataut ultime initiation 2

La question centrale: la divinisation de l’Homme.

A la lumière des Evangiles, canoniques et apocryphes, de l’Arbre de Vie séphirotique, du néoplatonisme (notamment la pensée de Clément d’Alexandrie), Jean Pataut interroge ici le lien, la distance qui existerait entre l’homme et Dieu. La jonction entre le Créateur et sa création. Cet élan, cet appel, pose de manière centrale la question de la divinisation de l’homme. Cette voie, qualifiée de "retour vers le haut" par Jean Pataut, lorsqu’elle est atteinte, représente l’"état ultime de l’Initiation". Un état où le corps s’est intégralement spiritualisé, et où les supplices qu’il peut endurer n’ont plus la même signification, ni importance, que pour les simples mortels.
Ainsi à la lecture du Corpus Hermeticum, il poursuit :

"Il faut le dire, l’homme terrestre est un Dieu mortel et le Dieu Céleste un Homme immortel…."

Cet état ultime de l’initiation embrasse donc la question de l’immortalité de l’homme. Une notion que l’on retrouve aussi dans l’alchimie, le Taoïsme ou l’Adeptat et que nous pourrions illustrer par la citation suivante de Jean Pataut: "l’initiation crée un renversement de perspectives, et à ses plus hauts degrés, place l’Initié dans un état d’obéissance absolue… Un état où sa propre mort importe peu…".
Souhaitez-vous découvrir cette lecture "gnostique", radicale, et peu connue de la théologie chrétienne ?
Vous familiariser avec ces notions complexes, et expliquées ici avec force pédagogie: le corps glorieux ("qui n’est pas un corps mais un état, en fait"), le Fils de la résurrection ("comprendre ici qu'étant ressuscités, ils ne sont plus mortels ..."), ou encore : Le fils de l’Homme ("c’est-à-dire les fils d’Adam, avant la chute")… ?
Un chemin "qui n’a rien du tapis de roses", mais qui vous plongera au cœur des préoccupations de l’homme de la Tradition. Un monde où cet indicible appel des sphères célestes prédomine, où la reliance à ce grand "Grand Tout" imprègne chaque fait et geste du quotidien. Bref, un état d’Etre qui se situe aux antipodes des jugements sévères et lapidaires que "l’homme moderne" tend à lui apposer, du haut de sa haute et arrogante chaire nommée "ignorance"…

* expression empruntée à l’auteur bourguignon Henri Vincenot, auteur du "Pape des Escargots"

Extrait de la vidéo

Bonsoir Jean, bonsoir Michel, quelques mots Jean sur vous si vous le voulez bien, quoi que les internautes de Bagliss TV vous connaissent, car vous avez déjà donné de nombreuses interventions, la dernière remontant en mars 2015 avec Sébastien Morgan sur votre dernier livre du Logos et du Père. Selon vos propres dires, votre vie pourrait se scinder en deux parties. La première, qu'on pourrait appeler profane, est celle de votre activité au sein d'organisations internationales, professionnelles, en Afrique, en Europe et à Paris notamment.

Vous avez à cette époque publié un seul ouvrage, qui porte sur la sociologie électorale de la Nièvre, avec une préface de François Gauguel, ce qui n'est pas rien. La seconde partie de votre vie commence paradoxalement à l'âge de 70 ans, c'est ainsi que vous publiez en 1996 le sacré à l'épreuve de la modernité. Cette seconde partie de votre vie, dites-vous encore, est de loin la plus intéressante. Vous la vivez à travers vos publications ésotériques, lesquelles sont sans aucun doute le reflet de votre cheminement intérieur vers la gnose.

Puis vous publiez en effet en 2003 le chemin initiatique. En 2008 Jean Baptiste, Jean le Baptiste et Jean l'Evangéliste, fils de la résurrection. En 2014 le livre du Logos et du Père. Alors aujourd'hui, fort de ce cheminement, vous nous offrez de partager votre approche ésotérique des états initiatiques ultimes, à travers une lecture féconde des évangiles et de la tradition.

Jean, je voudrais d'abord vous interroger sur une constante de tous vos écrits. Vous invitez en chacun d'eux le lecteur à mettre en doute la notion de réel, de réalité, telle que nous la vivons tous les jours. En effet, vous aimez rappeler que ce qui paraît réel aux yeux de l'homme moderne se trouve en fait le moins doté d'existence ou de réalité aux yeux de l'homme de la tradition. Alors je vous cite « Pour la tradition, notre monde est d'abord celui du rêve cosmique dans lequel pour le moins l'illusion prédomine.

Pour cela, vous invoquez souvent l'école léoplatonicienne, le diagramme kabbalistique de l'arbre de vie et, au bout du compte, la divinisation de l'homme. Pourriez-vous revenir sur ces notions, parfois difficiles à concevoir ? » Michel, une façon illustrée de commencer à répondre à cette question, c'est de se référer à la fresque de Raphaël qui montre Platon et Aristote déambulant dans l'académie à Athènes.

Aristote désigne du doigt la terre et Platon lui désigne le ciel, alors à la limite tout est là, n'est-ce pas ? Aristote c'est en quelque sorte la science moderne, le rationalisme moderne, le monde phénoménal qui a fini par être en quelque sorte relativement maîtrisé et Platon c'est la quête de la gnose et du ciel. D'ailleurs, dans son texte fameux sur le mythe de la caverne, c'est toute l'évolution des prisonniers enchaînés au fond de la caverne qui montent douloureusement le long de la caverne pour accéder, dans certains cas, à la lumière, c'est-à-dire à la vérité et à la gnose.

C'est une autre image, mais en tout cas elle implique véritablement un renversement des perspectives. Autrement dit, me semble-t-il, toute quête initiatique, tout au moins dans le monde moderne, implique un renversement des perspectives. D'ailleurs, on peut prendre d'autres images, vous avez référé à l'art séphérotique de la cabale. L'art séphérotique est en quelque sorte, entre autres, la carte Michelin du retour vers le haut, n'est-ce pas ?

Ce qui importe, c'est d'essayer de monter de séphirote en séphirote. Sur ce même sujet, les néo-platoniciens, lorsqu'ils parlaient de l'émanation, un thème central chez eux, plus l'émanation descend et plus le fruit de l'émanation s'appauvrit et va de l'unité à la multiplicité pour arriver dans la matière, ce que nous appelons la matière, c'est d'ailleurs ce qu'ils appellent le non-être, c'est-à-dire l'absence d'être.

Je conclurai sur cette première question que c'est à la limite presque l'essentiel de la tradition ésotérique occidentale. Je suis un peu trop thématique, mais c'est un peu ça. Dans la droite ligne de votre réponse, de ce que vous venez de nous dire, qui tente à privilégier votre réflexion sur les états les plus élevés, que faut-il entendre par l'expression du corps glorieux, tant au sens théologique qu'au sens ésotérique ?

Au sens théologique, je crois que c'est, si l'on peut dire avec quelques coups de précuvance, c'est assez simple. En théologie, les corps glorieux, ce sont les élus dans la parousie, dans le paradis d'éternité. Cette expression de corps glorieux, qui est aussi reprise et largement utilisée dans le langage ésotérique, est peut-être plus riche. D'abord, il faut noter que le terme de corps est à la limite fallacieux, en tout cas trompeur, parce qu'il ne s'agit évidemment pas d'un corps de chair, ni même d'un corps astral.

Il ne s'agit pas d'un corps, il s'agit essentiellement d'un état, d'un état initiatique. Mais quand on parle d'état dans le vocabulaire ésotérique, l'état c'est l'être. Il y a une identification entre un état et une êtreté, une spécificité plus exactement, n'est-ce pas ? Autrement dit, le corps glorieux, c'est une spécificité divine et qui implique, du fait qu'elle est divine, une gnose totale, donc une sagesse, parce que la gnose à la limite c'est aussi la sagesse.

Alors paradoxalement, ce que je crois les théologiens ne font guère, c'est qu'en théologie, le corps glorieux, comme tous les êtres divins, sont conçus quelque part dans une perfection quasi mobile. Ça n'empêche pas le mouvement. Rappelez-vous qu'en l'Apocalypse, à la fin, les 24 vieillards jettent leur couronne au pied du trône et ils font ça durant toute l'éternité, n'est-ce pas ?

Abonnez-vous à la newsletter de BAGLIS TV

Haut