Chemins d’Orient et d’Occident avec Marc Sokol
Depuis la nuit des temps, des femmes et des hommes ont marché sur le chemin qui a du cœur. Ils nous ont laissé des traces et des outils précieux pour voyager sur ce chemin.
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Le chemin qui a du cœur n’est ni d’Orient, ni d’Occident, ni antique ni moderne.
Il serpente à l’ombre des grandes traditions.
Chemin poétique, chemin joyeux, il concerne les femmes et les hommes en route vers eux même et le monde.
Extrait de la vidéo
Bonsoir, bonsoir, bienvenue sur Salamandro TV en partenariat avec Bagniss TV. Nous sommes heureux ce soir d'accueillir Marc Socol. Bonsoir Marc. Bonsoir, bonsoir à tous.
On va cheminer entre l'Orient et l'Occident avec vous ce soir Marc. Tout d'abord, pour nos auditeurs qui ne vous connaissent pas, comment vous définiriez-vous Marc ? Comment je me définirais ? En général, je dis que je suis praticien et enseignant d'énergétique chinoise.
C'est ma raison sociale, disons. C'est-à-dire que je navigue entre prendre soin, accompagner individuellement et enseigner de manière plus collective. Et pourquoi ce cheminement entre l'Orient et l'Occident ? Alors, on voit bien dans la médecine chinoise l'attirance vers l'Orient et comment se fait ce retour et ce cheminement entre ces deux pôles que sont l'Orient et l'Occident ?
C'est une longue histoire, c'est en fait un peu toute mon histoire. A un certain moment, j'ai été amené à aller vers la culture chinoise, pas vers la Chine, mais vers la tradition chinoise, vers les idéogrammes. C'est la rencontre avec les idéogrammes et les pratiques de la tradition chinoise, celles qui sont connues aujourd'hui sous le nom de Qigong, disons ces anciennes pratiques qui en fait sont liées à une voie de transformation, de transmutation alchimique.
Et ces pratiques-là m'ont permis de vivre. Et il y a eu des lectures ou des rencontres qui ont été déterminantes dans votre parcours commercial ? Oui, il y a eu essentiellement une rencontre qui a été tout à fait importante avec quelqu'un qui est devenu un ami, un grand ami, qui est Jean-Marc Aissalé, qui est un monsieur que j'ai rencontré, moi j'avais 25 ans, ça a été un événement important puisque pour la première fois j'ai rencontré quelqu'un qui suivait un chemin qui me convenait, c'est-à-dire un chemin de liberté, qui ne partait pas d'une idéologie, d'une théorie, et qui avait des outils, des outils du corps, beaucoup de pratiques, beaucoup d'assises en silence, et voilà, à travers cette fréquentation, cette proximité, on était très amis, enfin on est toujours très amis, mais à un moment c'était vraiment très...
voilà, on est une grande proximité, et à partir de là, j'ai travaillé, j'ai commencé avec Jean-Marc, avec lui, à travailler sur les textes, et puis j'ai continué ensuite avec d'autres, et par moi-même, voilà. Et quand tout à l'heure vous parliez de cette attirance pour les idéogrammes, est-ce qu'il y a des idéogrammes en particulier, qu'est-ce qui vous a séduit dans cette forme des idéogrammes ? En fait, ce n'est pas les idéogrammes en tant que tels, c'est que ça sous-tendait un mode de pensée, disons que moi j'appellerais dans mon langage à moi, un mode de pensée poétique.
Moi quand j'avais 20 ans, la seule chose qui me motivait, c'était ce que moi j'appelais le mode de vie poétique, ça ne veut pas dire d'écrire des poèmes, ça veut dire une certaine mode de relation au monde, j'allais dire une relation entière, impliquée, vivante, et j'allais dire l'écriture par idéogramme parce que peut-être elle n'affaire pas la même manière de penser, aujourd'hui on dirait qu'elle ne travaille pas sur les mêmes hémisphères, sur le même hémisphère, m'a permis, je ne saurais pas nécessairement expliquer comment, pourquoi, mais elle m'a aidé à devenir agissant dans le monde.
Et pourquoi est-ce que vous parlez de cet autre hémisphère, et quasiment on peut parler même que l'Orient est un autre hémisphère dans le monde finalement, qu'est-ce qui vous a séduit dans cette poésie, pouvez-vous nous dire ce qui vous a vraiment touché à travers l'Orient que vous n'avez pas trouvé en Occident à ce moment-là ? C'est-à-dire qu'en fait, en Occident, à cette époque, je ne connaissais de l'Occident.
J'avais une vingtaine d'années. Donc c'était dans les années 70 ? Oui, c'est ça. Je fréquentais essentiellement, bon d'abord je faisais du théâtre, et je fréquentais essentiellement les poètes comme Rimbaud, Domal, enfin voilà.
C'était, j'allais dire, pour mes seuls grands frères. Mais en même temps, ce que j'ai trouvé dans la tradition chinoise, ça a été quelque chose qui m'a permis de m'incarner. Voilà, c'est vraiment ça, c'est du côté de l'incarnation. Et d'ailleurs après je me suis empressé, 30 ans plus tard, de revenir.
Je ne suis jamais devenu chinois, ça ne m'a jamais sinisé. J'ai toujours eu mes références chez nous, mais le fait de passer effectivement par une autre vision du monde, un autre rapport au monde, m'a permis de revisiter mes propres sous-bassements culturels. Et donc cette incarnation que vous avez trouvée en Orient, et vous pensez qu'effectivement en Occident, il y avait une espèce d'intellectualisme qui n'était pas possible, donc il y avait quelque chose de l'ordre du corps.
Et ça explique aujourd'hui éventuellement votre pratique à travers le Qigong, ou ce que vous expliquiez avec Jean-Marc Crissalet sur la scie, sur le silence. C'était ça, en fait, ou pas ? En tout cas pour moi, ça a été comme ça. Il a fallu rencontrer la Chine pour avoir un corps, pour moi.
Pour rencontrer cet esprit dans le corps. Je ne dis pas qu'on ne peut pas le trouver en Occident. Ce n'est pas ça, mais l'Occident est quand même marqué par la notion de séparation esprit et corps, qui est inexistante dans la tradition. Il n'y a pas quelque chose qui serait un esprit, quelque chose qui serait un corps.
Il y a une totalité en mouvement. Est-ce qu'au-delà du corps, c'est même la présence qui vous a touché, le fait que des gens aient une présence et que d'autres n'aient pas de présence ? Est-ce que c'est une question qui vous a très tôt travaillée ? Bien sûr, c'est exactement ça.
Je dis souvent que le déclencheur, pour moi, est venu de ce qu'on appelait à l'époque le théâtre laboratoire. Mais en fait, c'est venu d'une question très simple. Qu'est-ce qui fait qu'un acteur, et par la suite n'importe qui, peut monter sur scène, s'asseoir sur une chaise, ne pas bouger et que personne ne proteste ? Qu'est-ce qui fait qu'il a une densité d'êtres suffisante pour qu'il occupe l'espace ?
Et ça a été ma grande question.