Introduction à l'enseignement de G.I. Gurdjieff 1

Dans ce premier volet de 53 minutes, Serge Troude revient sur la personnalité et l'identité de G.I. GURDJIEFF tout en abordant les origines et la spécificité de son enseignement : quel est son mode de transmission? Quels sont les éléments qui le composent ?

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Il nous décrit aussi le rôle des mouvements et des exercices intérieurs. Autant de questions auxquelles répond l'auteur qui tente de mettre en lumière l'actualité de cet enseignement.

Extrait de la vidéo

Gurdjieff est parfois décrit comme un personnage rustre, peu poli, colérique, mais ceux qui ne voient que ses aspects dans Gurdjieff se trompent, et en fait ne voient que ce que Gurdjieff a bien voulu leur montrer. Les archives que nous possédons montrent que Gurdjieff était un homme souriant, un homme colérique certainement, mais juste, rempli d'amour, rempli de compassion, et qui l'émet profondément à la nature humaine.

Mais que devant l'un des travers de nature humaine de déifié, Gurdjieff a choisi pour la transmission de son enseignement une voie que les soufis appellent la voie du malamathia, c'est-à-dire la voie du blâme, qui consiste à ne pas se montrer sous son jour réel, mais à se cacher. Nombreux sont les maîtres d'ailleurs qui ont adopté ce mode de transmission. Il s'agit d'adopter un déguisement en se plaçant sous un jour peu flatteur, attirer le blâme sur soi plutôt que les louanges.

Mais Gurdjieff n'a jamais accepté qu'on le nomme ou qu'on l'appelle gourou ou dieu, jamais. S'agissant de sa date de naissance, là nous tombons un peu sur un serpent de mer. Divers dates sont effectivement avancées, la date de 1866, la date de 1862, de 1877. Soyons précis, il faut dire que ceux qui disent que Gurdjieff est né en 1862 ou en 1866 ne le font que par déduction, que par supposition, sans aucun document officiel, et de plus prétendre que Gurdjieff mentait lorsqu'il donnait sa date de naissance.

La question est, pourquoi Gurdjieff aurait-il menti et dans quel but ? Or, pour l'établissement de certains documents officiels, des passeports, le permis de conduire et autres documents, il était nécessaire de présenter un certificat de naissance. Et je ne vois pas très bien Gurdjieff facilifiant à chaque fois son extrait de naissance, à chaque fois qu'on lui demandait. J'ai eu accès à ces documents personnels, un nombre de documents provenant d'ambassades, de consulats, et de ces documents qui sont aujourd'hui dans nos archives.

Et la seule date qui figure sur l'ensemble des documents est la date de 1877. J'ajoute enfin que ses plus proches élèves, Orage, Bennett, ont toujours affirmé la date de 1877. Alors, pour moi l'affaire est entendue. On se fixe sur des documents officiels et non pas sur des suppositions.

Mais cela n'est pas important pour l'enseignement. Et ceux qui pensent et qui continuent à dire qu'il est né en 1862-1866, ce n'est pas grave. On connaît d'ailleurs l'agéanalogie de Gurdjieff. Gurdjieff était Arménien.

Son véritable nom est Gurdjian, que les Arméniens me pardonnent la prononciation. Et Gurdjieff est décédé en 1949. Gurdjieff avait une mère qui s'appelait Eudexie Kaléroff, qui était Arménienne. Elle est décédée en 1925.

Son père, Ivan Georgio Georgiades, était Grec. Il est décédé en 1918. Gurdjieff s'est marié avec Julie Etrovski, de nationalité russe, qui est décédé en 1926. Et enfin, Gurdjieff avait deux sœurs, Anna et Sophia, et un frère, Dimitri.

Voilà en ce qui concerne l'agéanalogie de Gurdjieff et ce que l'on peut dire sur cette fameuse date de naissance. On va y poser une troisième question s'agissant de ses voyages. Alors effectivement, Gurdjieff, pendant presque 20 ans, je ne vais pas dire a disparu, mais on ne pouvait pas le trouver. On ne savait pas exactement où il était.

En fait, nous avons pu reconstituer l'ensemble de ses voyages, en majeure partie grâce aux témoignages, aux écrits même laissés par Gurdjieff et aux témoignages de certaines personnes qui l'accompagnaient, mais aussi de documents d'archives que nous possédons et qui datent précisément ses entrées et ses sorties dans les différents pays. Voilà en ce qui concerne le voyage de Gurdjieff durant une vingtaine d'années.

Certainement. D'abord, une précision. Parler de l'enseignement de Gurdjieff est un raccourci de langage. Ce n'est pas l'enseignement de Gurdjieff proprement dit.

Gurdjieff a transmis les connaissances qu'il a retrouvées ou qu'il a acquises au prix de mille voyages, au prix de multiples rencontres, souvent d'ailleurs au péril de sa vie. Et Gurdjieff a su, avec humilité et génie, adapter ces connaissances, cet enseignement, à la compréhension occidentale. Alors Gurdjieff n'a jamais révélé ouvertement l'origine de son enseignement et l'on peut observer à la lecture de l'ensemble de ses ouvrages que les sources sont multiples.

Très certainement d'origine soufie, mais aussi de traditions ésotériques occidentales et orthodoxes, mais aussi de la philosophie grecque de l'Antiquité. Il est indéniable que les connaissances d'Egypte, de Mésopotamie, l'ont beaucoup affluencé. Les traditions arméniennes, celles de sa mère, se sont mélangées avec d'autres traditions, plus anciennes, et notamment des traditions antérieures au christianisme.

Les Ésors, par exemple, auxquels Gurdjieff consacre une partie de son œuvre musicale, dont il parle dans ses ouvrages, ont préservé leurs traces, les traces de leur origine et de leur mystère. Les Yézidis, par exemple, avec lesquels Gurdjieff est entré en contact, conservent la base de la tradition zoroastrienne, à savoir la dualité entre le bien et le mal. Et cette dualité est précisément au cœur de l'enseignement de Gurdjieff.

Enfin, il est évident que la source principale à laquelle Gurdjieff a puisé est celle de Pythagore et de Platon, auxquels d'ailleurs il se réfère de nombreuses fois dans ses ouvrages, mais sous des noms différents. Il ne les cite pas précisément. On en arrive à la conclusion que les idées et les méthodes enseignées par Gurdjieff proviennent essentiellement de deux sources. L'une platonicienne, dont on le voit, et l'autre issue de la tradition orientale.

Les trois grandes voies initiatiques traditionnelles ont toutes au pourbut d'atteindre la liberté intérieure par le travail bien précis, bien particulier sur l'un des trois centres essentiels qui constituent l'Homme. Le travail sur le corps pour la voie dite du fakir, le travail sur les émotions pour la voie dite du moine et le travail sur l'intellect pour la voie dite du yogi. Mais il est très aisé de comprendre que si un homme ne travaille que sur un centre, ou développe beaucoup plus un centre que les autres, et d'ailleurs en se retirant parfois de la vie ordinaire, une disharmonie se forme entre les différents centres, ajoutant encore au fait que l'homme ordinaire et sujet est soumis à ses propres contradictions et aux événements extérieurs.

Dans son ouvrage récit de Belzébuth à son petit-fils, Gurdjieff nous dit qu'H.K.H. et H.I.M.H. qui n'est autre que la figure de Pythagore, se rendent compte qu'en raison d'une entropie et d'une altération de la compréhension originelle des trois voies traditionnelles initiatiques,

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